Réalisée entre le 1er et le 25 septembre, auprès de 811 maires, présidents d'EPCI, DGS ou DRH, cette enquête entend donc battre en brèche les idées reçues et « proposer chaque année des données chiffrées et objectives », a ainsi présenté le président du CNFPT, François Deluga.
Il faut dire que le sujet est régulièrement au cœur de polémiques. Mi-octobre, le rapport de la Cour des comptes critiquait ainsi une nouvelle fois l’évolution des dépenses de fonctionnement des collectivités. « Nous en avons assez des stigmatisations alors que 70% de l’augmentation des dépenses de ressources humaines sont imposées aux collectivités », a affirmé François Deluga.
D’ailleurs, selon l’enquête, en 2015 les dépenses de personnel stagnent dans 51% des cas et n’augmentent que dans 40%. Et dans ce cadre, 50% des évolutions seraient surtout dues à la mise en place de l’aménagement des rythmes scolaires. Un chiffre qui atteint les 61% chez les communes.
En 2016, la baisse des dotations pourrait modifier la donne. Ainsi, 74% des sondés estiment qu’elle va toucher la politique ressources humaines de leur collectivité. Pour 93% d’entre eux, ce sont les recrutements et la gestion des contrats qui seront touchés. D’ailleurs, 82% des sondés n’envisagent pas de recruter l’an prochain. Cette tendance s’affirme plus la taille de la collectivité est petite. La proportion atteint les 90% dans les communes de moins de 3500 habitants. Enfin, près d’une collectivité sur deux pourrait ne pas remplacer tous les départs (mutation, retraite, mobilité…).
Et la mutualisation dans tout ça ? Cet outil permettrait-il « d’optimiser » les services alors que 63% des sondés sont déjà engagés dans une démarche de mutualisation ? Une question souvent posée mais dont la réponse reste complexe. L’enquête montre ainsi que plusieurs raisons motivent les mutualisations : l’optimisation des coûts (98%) et de l’organisation interne des services (89%) mais aussi l’amélioration de la qualité du service rendu aux habitants (86%).
L’enquête livre également des indications sur les plans de formation, la protection sociale et la prévention des risques. On y apprend que « moins d’une collectivité sur deux dispose d’un plan de formation à ce jour ». En revanche, côté protection sociale, 60 % des sondés ont choisi de mettre en place une protection sociale complémentaire, une solution facultative pour les collectivités. En matière de prévention, 58% ont fait l’inventaire des risques professionnels auxquels leurs agents sont exposés. La tendance pourrait évoluer favorablement en 2016 car 26% envisagent en effet de s’y pencher. A l’inverse, en ce qui concerne la lutte contre les discriminations et l’égalité hommes/femmes, 64% des sondés ne sont pas engagés dans une telle démarche et 52% ne comptent pas le faire.
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