Des élus et personnels reconnus
Les élus et personnels des maisons de l’emploi avaient visiblement besoin d’être réconfortés et rassurés sur leur avenir. Ils n’ont pu jusqu’à présent rencontrer la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, malgré des demandes répétées. Cela peut expliquer l’émotion déclenchée par l'annonce du délégué interministériel à la prévention et la lutte contre la pauvreté, Olivier Noblecourt, venu participer à la plénière de clôture de ces journées nationales. « J’ai besoin de vous », leur a lancé ce dernier, les invitant à « se mobiliser » dans la stratégie contre la pauvreté. « Mon objectif est l’éradication de la pauvreté. Vous êtes un maillon essentiel de ces enjeux. (…) Nous n’avons pas l’intention de créer de nouveaux dispositifs, structures juridiques ou bidules dans lesquels vous contorsionner. Nous sommes dans le déploiement de solutions qui marchent. Nous avons identifié votre réseau comme l’un des plus efficients en la matière ».
Les maisons de l’emploi seront donc « associées à la concertation sur la mise en place du service public de l’insertion » (au deuxième trimestre 2019). Une invitation claire et précise qui lui a valu une standing ovation de la salle. « Parce que, franchement, votre discours fait du bien », a réagi la directrice du PLIE du Nord-ouest de l’Essonne.
Johan David confirme que les Maisons de l’emploi s’engagent à s’investir plus que jamais dans la stratégie pauvreté. Il va falloir pour cela qu’elles « s’impliquent » localement « dans la gouvernance territoriale de la stratégie de lutte contre la pauvreté », les a prévenues Olivier Noblecourt. Car c’est au niveau des territoires que tout va se décider : « Ce sont les acteurs de terrain qui seront les animateurs des grands objectifs de la stratégie », a-t-il expliqué. Si les maisons de l’emploi veulent plus d’argent, il y en aura, mais ce sera à elles d’aller le chercher et le négocier au niveau régional, leur a-t-il dit en substance.
Fonds social européen : l’autre épine
Les trombes d’eau se déversant sur le Palais des congrès frôlaient alors le déluge. Sombre présage : effectivement, 2019 n’annonce pas que des bonnes nouvelles pour les maisons de l’emploi. « La gestion du fonds social européen (FSE) sera le sujet de l’année », soupire Yohan David. La bataille porte sur le fait de savoir qui va continuer de gérer ces fonds au niveau français entre les PLIE et les conseils départementaux. « Ne nous déstabilisez pas pour sauver les départements », lance l’élu. Le combat ne fait que commencer.

