Le 101e congrès de l’AMF s’est ouvert, lundi 19 novembre, par la traditionnelle journée outre-mer qui a eu lieu cette année au Sénat. Gérard Larcher, président du Sénat, a salué « ces collectivités disséminées à travers le monde qui font rayonner la France ». Puis il a évoqué la question brûlante des finances locales. Pour lui, « les inquiétudes des élus d’outre-mer doivent être prises en compte dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale et dans le projet de loi de finances ». Il a par ailleurs critiqué « la verticalité de la contractualisation financière »  et jugé que le gouvernement, « qui en est à son 6e scénario sur le remplacement de la taxe d’habitation, n’a pas tout à fait les idées claires ». François Baroin, président de l’AMF, a rappelé que « les problématiques de la métropole sont certes exigeantes, mais en outre-mer, c’est la même chose puissance 3 ou 4 : en matière de logement, de voies de communication, de social, d’emploi, d’environnement… ». Face à « la politique actuelle de recentralisation, qui fait tellement de dégâts en métropole, et plus encore en outre-mer », il a parlé d’un « alignement historique »  entre les représentants des différents échelons de collectivités territoriales, au côté du Sénat, « pour demander une nouvelle vague, puissante, de décentralisation ». Cette union sacrée se manifestera par « une position commune sur la compensation de la taxe d’habitation », a-t-il annoncé.
La parole a ensuite été donnée aux présidents des associations départementales ultramarines, chacun évoquant des sujets marquants pour son territoire. Il a par exemple été question des enjeux critiques du logement, pour Maurice Bonté, président de l’association des maires de la Martinique et maire de L’Ajoupa-Bouillon. Said Omar Oili, président de l’association des maires de Mayotte, maire de Dzaoudzi Labattoir, a interpellé sur le futur calcul de la compensation de taxe d’habitation sur ce territoire, dont les bases fiscales sont rudimentaires. Eric Gay, président de l’Association des maires de Nouvelle-Calédonie, maire du Mont-Dore a évoqué le référendum d’autodétermination de début novembre et appelé les acteurs locaux à aborder la suite. David Riché, président de l’association des maires de Guyane, maire de Roura, a mis l’accent sur la difficulté des élus métropolitains à « toucher du doigt »  les réalités d’un territoire comme le sien et demandé à ce que la journée outre-mer soit organisée pendant le Congrès et non plus avant, pour améliorer la compréhension mutuelle. Le débat d’orientation générale qui s’est ensuivi a été assez court, mais il a été utilement éclairé par la participation de Claude-Valentin Marie, chercheur à l’Institut national d’étude démographiques, qui a montré l’impact stratégique de la démographie pour ces territoires, aussi différents soient-ils (vieillissement de la population très marqué aux Antilles, natalité et immigration très forte à Mayotte ou en Guyane…).

Une conférence sur le logement annoncée
Annick Girardin, ministre des Outre-mer, après avoir évoqué les débordements de violence qui ont eu lieu, la veille, à La Réunion, en marge des manifestations du mouvement des gilets jaunes, a abordé plusieurs problématiques majeures, dont l’accès au soin, le défi prioritaire de l’emploi… Elle s’est engagée à « redynamiser le plan logement outre-mer »  et a annoncé une « grande conférence sur le logement des outre-mer avant la fin de l’année ».
Au cours de l’après-midi, se sont tenues deux tables rondes consacrées, pour l’une, aux finances et à l’investissement, pour l’autre, au contenu du livre bleu, qui se sont achevées par une intervention de Jacques Toubon, défenseur des droits, qui a présenté l’opération « Place aux droits outre-mer ».
Fabienne Nedey