Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mercredi 25 février 2026
Sports

Lutte contre la violence dans le sport et les accueils collectifs de mineurs : le gouvernement mise sur la formation des encadrants

Mieux former l'ensemble des acteurs intervenant dans des clubs sportifs ou dans des accueils collectifs de mineurs (ACM) : c'est l'objectif visé par le gouvernement notamment depuis l'adoption la loi du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France. La publication d'un cahier des charges pour les formations va désormais servir de référence aux organismes.

Par Lucile Bonnin

« L’ensemble de la communauté sportive est désormais formé à la prévention des violences sexuelles et sexistes dans le sport depuis la loi du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport en France », indiquait en 2023 la Défenseure des droits dans un rapport dédié aux droits des enfants dans l’accès aux loisirs, au sport et à la culture. 

En effet, comme le souligne le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative dans une instruction publiée au Bulletin officiel de l’Éducation nationale, la formation sur la lutte contre les violences et les discriminations dans l’ensemble des formations professionnelles du champ du sport et de l’animation est désormais obligatoire. Du côté de l’animation volontaire, « la formation du brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur (Bafa) intègre un module obligatoire consacré aux violences sexuelles et sexistes et au harcèlement (arrêté du 21 décembre 2023). » 

Mais force est de constater qu’il subsiste en la matière une « grande hétérogénéité au sein des formations proposées sur l’ensemble des territoires ». Cette instruction vise à permettre de mieux accompagner la montée en compétences des encadrants (éducateurs sportifs professionnels et animateurs).

Formations « respect et inclusion » 

Selon une enquête menée par le ministère, 70 % des organismes de formation estiment avoir besoin d’un cahier des charges précisant les attendus de la formation « respect et inclusion »  désormais obligatoire.

Le ministère diffuse un cahier des charges pour « guider les formateurs et formatrices dans la construction de leurs séquences ». Concrètement, dès cette année, les formations devront répondre aux critères suivants : « Proposer au minimum 14 h de formation, dont une séquence en présentiel »  et définir « un ruban pédagogique visant les compétences et connaissances déclinées dans le cahier des charges (en partie ou en totalité). » 

D’un autre côté, 32 % des organismes de formation ayant répondu à l’enquête déclarent manquer d’intervenants spécialisés concernant le sujet des discriminations. Le ministère annonce qu’il va mettre en place des formations de formateurs afin de pouvoir démultiplier le nombre de formateurs spécialisés. « Les Drajes assureront la coordination de ces sessions de formation », peut-on lire dans l’instruction.

Autre annonce : une plateforme centralisant les ressources de formation disponibles sera mise en ligne en début d’année.

Des aides de l’Agence nationale du sport conditionnées 

Cette instruction est aussi l’occasion pour le ministère de rappeler que depuis 2025, les aides à l’emploi accordées par l’Agence nationale du sport sont « conditionnées au suivi d’une séquence de formation sur les violences dans le sport ». « Le cahier des charges doit donc également servir à apprécier la qualité des formations suivies par les bénéficiaires d’aides à l’emploi de l’ANS. » 

Il est aussi demandé aux Drajes de proposer un calendrier annuel des formations compatible avec celui de l’attribution des postes aidés par l’ANS et ainsi coordonner la mise en œuvre régionale des actions de formation.  « Il est souhaité que les Drajes s’appuient sur les établissements publics de leur territoire pour organiser ces séquences de formation continue, en s’appuyant sur le cahier des charges, qui puisse être rapidement opérationnel en vue de la prochaine campagne ANS », peut-on lire dans l’instruction. 

Rappelons que depuis mai 2025 (lire Maire info du 19 mai 2025), les clubs de sport (associatifs ou commerciaux), les structures sportives municipales, ainsi que les loueurs de matériels sportifs ou encore les centres de vacances et de loisirs dont l’activité principale est la pratique d’une ou de plusieurs activités sportives ont l’obligation d’afficher sur leurs tableaux d’affichage  « une information sur les dispositifs permettant de recueillir les témoignages, orienter et accompagner les victimes ou les témoins de violences ou de discrimination ». La cellule nationale de traitement des signalements de violences dans le sport Signal-Sports est un bon exemple de dispositif sur lequel les animateurs ou les élus peuvent communiquer. 1 284 signalements ont été reçus et traités depuis son lancement et 624 mesures administratives ont été prises suites aux enquêtes menées. 

Consulter l'instruction. 

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