Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du lundi 4 mai 2026
Énergie

L'aide aux « gros rouleurs » entrera en vigueur le 27 mai

Le gouvernement a publié le 2 mai le décret officialisant la mise en Å“uvre d'une « indemnité » de 50 euros pour aider les ménages les plus modestes à faire face à la hausse des prix du carburant. Face à la hausse du prix du gaz en revanche, aucune aide n'est prévue.

Par Franck Lemarc

Le Premier ministre l’avait annoncé le 21 avril, c’est chose faite : un décret paru le samedi 2 mai donne les modalités de « l’indemnité carburant »  qui pourra être demandée à partir du 27 mai.

Une « indemnité »  plus que modeste

Le gouvernement a fait – disette budgétaire oblige – le choix d’une indemnité d’un montant faible et destinée aux seuls ménages extrêmement modestes : ne peuvent y prétendre que les salariés, micro-entrepreneurs ou professionnels dont le revenu fiscal de référence en 2024 était inférieur à 16 880 euros. Cela représente un revenu mensuel net de 1 406 euros, soit presque exactement le montant du smic. 

Outre ces conditions de revenus, ne peuvent prétendre à cette indemnité que les travailleurs qui habitent à plus de 15 km de leur lieu de travail ou « qui effectuent plus de 8 000 km par an dans le cadre de leur activité professionnelle ». 

L’indemnité sera de 50 euros, versée une seule fois : si l’on avait pu croire au moment des annonces du Premier ministre qu’il s’agirait d’une aide mensuelle (il avait en effet parlé d’une aide pour les mois « d’avril, mai et juin », il n’en est rien : la page internet dédiée ouverte par le gouvernement précise clairement que cette aide « ne pourra être accordée qu’une seule fois ». Si cette aide sera évidemment bienvenue pour tous les travailleurs modestes, elle sera bien loin de couvrir le surcoût dû à la hausse fulgurante des prix des carburants sur trois mois – un bon nombre d’automobilistes ayant vu leur facture de carburant augmenter de plus de 50 euros sur un seul mois. 

Pour accéder à cette aide, il faudra en faire la demande, via un formulaire qui sera mis en ligne fin mai sur le site des impôts (impôts.gouv.fr). Il faudra y renseigner son état civil, son numéro fiscal, le numéro d’immatriculation du véhicule et une déclaration sur l’honneur que le véhicule est utilisé à des fins professionnelles. 

Aide sur le GNR

Un autre décret, paru le même jour, porte création d’une aide financière exceptionnelle pour les entreprises ayant acheté du GNR (gazole non routier) au mois d’avril, « pour la réalisation de travaux agricoles ou forestiers ». Cette aide prend la forme d’une subvention égale à 3,86 centimes d’euros par litre de GNR livré en avril. Elle ne pourra dépasser 50 000 euros par entreprise.

Il faudra là aussi en faire la demande, via le site portail.chorus-pro.gouv.fr, avec factures à l’appui. Ce montant de 3,86 centimes par litre n’est valable qu’en avril : par la suite, il devrait augmenter, puisque le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu’il devrait passer à 15 centimes par litre pour les agriculteurs et 30 ou 35 centimes pour les pêcheurs. 

Il faut noter que pour les collectivités territoriales, qui sont elles aussi fortement touchées par la hausse des prix du carburant pour leur flotte de véhicules, strictement aucune mesure d’aide n’est prévue.

Prix du gaz : les collectivités relativement protégées, pour l’instant

Autre conséquence de la guerre au Moyen-Orient : la hausse du prix du gaz, pour laquelle il n’est en revanche prévu, pour l’instant, aucune compensation. Si l’on parle beaucoup de pétrole depuis le début de ce conflit, il ne faut pas oublier qu’une bonne partie du gaz produit dans le monde l’est également dans le golfe Persique et que les navires le transportant sont tout autant bloqués que les tankers pétroliers ; et que plusieurs installations majeures de production de gaz, dans les monarchies du Golfe, ont été lourdement endommagées par des bombardements iraniens.

Conséquence : le « prix repère »  du gaz en France, fixé par la Commission de régulation de l’énergie (Cre), a augmenté de plus 15 % le 1er mai, passant de 139 euros TTC le MWh, fin avril, à 161 euros. Cette hausse, selon la Cre, devrait se traduire par une hausse moyenne de 6,2 euros sur les factures des ménages – une hausse relativement faible, dans la mesure où l’arrivée du printemps réduit le recours au chauffage. Mais il faut rappeler que d’année en année, les prix des gaz ont augmenté dans des proportions considérables : selon les calculs d’un cabinet d’experts, un ménage qui se chauffe au gaz payera, à partir du mois de mai, 1 000 euros de plus par an qu’il y a dix ans. 

Cette hausse du 1er mai ne touche, rappelons-le, que les ménages qui ont une offre hors tarifs réglementés, soit environ 40 % d’entre eux. 

Les collectivités, quant à elles, sont touchées dès lors qu’elles achètent le gaz sur les marchés ou via des contrats indexés. La hausse des prix de gros se répercute alors sur leurs factures. Les collectivités qui se fournissent en gaz par le biais d’achat groupés, en revanche, réalisent leurs achats de gaz en année N-1 (voire N-2). Cela signifie qu’en 2026, elles utilisent du gaz acheté au prix de 2025. Ce n’est donc que l’an prochain que la hausse des prix pourrait se faire lourdement sentir, sauf à espérer que le prix du gaz reparte à la baisse d’ici la fin de l’année ; mais tous les experts s’accordent à penser que c’est, hélas, hautement improbable. 

Suivez Maire info sur Twitter : @Maireinfo2