Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du vendredi 24 juillet 2026
Fiscalité locale

Impôts locaux : dans les grandes villes, la quasi-totalité des maires ont reconduit leur taux à l'identique en 2026 

En cette année de renouvellement municipal, seule une poignée de communes de plus de 40 000 habitants a décidé de revoir à la hausse ses taux de fiscalité locale, selon un cabinet spécialisé dans l'information financière locale. Malgré un contexte budgétaire contraint et les efforts répétés imposés par le gouvernement.

Par A.W.

Malgré les diverses ponctions décidées par l’exécutif en 2026, « les grandes villes et les intercommunalités ont majoritairement fait le choix de la stabilité fiscale ». C’est ce que dévoile une étude réalisée par le cabinet FSL, publiée dans le courant du mois de juillet et qui porte sur les communes de plus de 40 000 habitants. 

Comme lors des deux précédentes années électorales, les maires des communes de plus de 100 000 habitants ont usé avec parcimonie du levier fiscal. « Les taux des taxes ménages évolueraient ainsi de - 0,2 % en moyenne »  en 2026 et seraient donc en baisse au global, constate le cabinet spécialisé dans l’information financière locale, en notant qu’ils avaient « reculé de 0,4 % en 2020 et progressé de 0,4 % en 2014 ». 

Aucune hausse de taux dans les très grandes villes

Alors qu’en 2025, aucune de ces villes et de leurs intercommunalités réunies n’avait augmenté ou baissé les taux de taxe d'habitation sur les résidences secondaires ou sur les taxes foncières, deux exceptions apparaissent en 2026. D’un côté, une commune a baissé ses taux de taxe d’habitation, de foncier bâti et de foncier non bâti, de l’autre, une métropole a augmenté son seul foncier bâti. Le levier fiscal n’a donc pas été revu à la hausse dans la quarantaine de communes de plus de 100 000 habitants.

On peut simplement noter que deux groupements à fiscalité propre ont relevé « très modérément »  leur taux de cotisation foncière des entreprises (CFE). Des résultats « dans la continuité de la stabilité observée ces dernières années ». Depuis 2020, le taux de CFE n’a ainsi connu qu’une progression de « 0,4 % par an en moyenne ». 

Du côté des villes dont la population est comprise entre 40 000 et 100 000 habitants, la situation est très similaire. Au global, la hausse des taxes « ménages »  y progresse ainsi de 1,1 %, soit « un niveau supérieur à celui observé dans les villes de plus de 100 000 habitants (- 0,2 %) », relève le cabinet FSL. Une évolution qui résulte de hausses de taux « parfois significatives », mais « votées par un nombre restreint de collectivités »  puisque « seuls 12 territoires ont procédé à une augmentation de leur fiscalité »  en 2026, dont seulement 11 communes (avec des hausses allant pour l'essentiel de 10 à 30 %). De telles décisions avaient déjà été rares en 2025. La fiscalité économique, quant à elle, demeure stable cette année.

Plus de 82 % des maires ont reconduit leurs taux depuis 2021

Ce maintien global des taux s’inscrit dans une certaine continuité des décisions prises par les exécutifs locaux ces dernières années. L’an passé déjà, une large majorité des communes avaient choisi de ne pas toucher à leur taux de taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), avec 86,3 % des maires qui les avaient reconduits. Entre 2021 à 2024, ils étaient entre 82,1 % et 84,7 % à maintenir leurs taux.

En 2025, ce sont plus de 30 000 communes qui avaient ainsi reconduit leur taux de taxe foncière sur les propriétés bâties. Si près de 400 l’avaient même diminué (1,1 % des communes), elles étaient un peu moins de 4 400 à l’avoir augmenté en 2025 (12,5 %). La tendance était d’ailleurs similaire du côté des EPCI, où la reconduction des taux atteignait également plus de 86 % et leur augmentation un peu plus de 13 %.

Et lorsqu’il y a des hausses de fiscalité, elles restent habituellement relativement faibles. L’an passé, les augmentations se limitaient à moins de 2 points dans « environ 90 % des communes », pour ce qui est de la TFPB et de la TFPNB (la taxe foncière sur les propriétés non bâties), selon la Direction générale des finances publiques (DGFiP).

Revalorisation : la problématique du « confort des logements » 

Si la hausse des taux seront rares cette année, cela n’empêchera pas la taxe sur le foncier bâti de progresser pour la majorité des ménages puisque ses bases sont revalorisées automatiquement, chaque année, sur le rythme de l'inflation (elle s’établit à + 0,8 % en 2026). Sans compter qu’elles peuvent évoluer à travers l’amélioration du confort des logements, notamment. 

Sur ce point, une série de questions au gouvernement ont été posées depuis le début de l’année par les parlementaires : que ce soit par l’intermédiaire du sénateur centriste de l’Eure Hervé Maurey, de la sénatrice LR des Yvelines Sophie Primas ou encore, ce mois-ci, de la sénatrice communiste de la Seine-Maritime Céline Brulin.

Dans une question orale au Sénat, cette dernière est revenue sur la décision de l’exécutif de « régulariser les valeurs locatives, servant de base à la taxe foncière, en y intégrant des "éléments de conforts", qui n’ont pas été actualisés par les services des finances publiques, pour certains depuis plus de 50 ans ». Ces éléments dits « de conforts »  n'en ont que le nom puisqu'ils correspondent en fait à des équipements qui sont désormais plus que répandues dans les logements, tels que… l'eau courante, l'électricité, le gaz, les toilettes intérieures ou encore la douche.

« Après avoir privé les collectivités des ressources supplémentaires que cette mise à jour régulière aurait permise, voilà que c’est aux élus locaux qu’il revient de décider s’ils souhaitent ou non appliquer cette mesure dans leur commune », a-t-elle dénoncé, en soulignant le fait que « l’État se dégage de sa responsabilité ». « C’est d’autant plus cynique que la DGFiP informera les contribuables qui verront leur taxe foncière – et parfois leur taxe d’enlèvement des ordures ménagères – augmenter, en pointant que c’est avec l’accord du maire ! Par contre, on refuse aux élus locaux le droit de connaître l’impact concret sur les foyers concernés. » 

« Équité fiscale » ?

Cette mise à jour des bases est un « outil d’équité fiscale », a rétorqué la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, rappelant que cela « permet d’éviter que deux contribuables d’une même commune, disposent de valeurs locatives cadastrales différentes pour des biens qui seraient complètement similaires ».

Initialement prévue à l’automne 2025, cette opération avait « suscité des débats »  et « avait été suspendue à la suite d’une concertation »  avec les représentants des élus locaux. Dans ce contexte, Maud Bregeon a simplement expliqué que « la mise à jour au niveau national sera finalement réorientée vers une déclinaison à la maille locale subordonnée à la décision des collectivités volontaire, commune ou EPCI », que « rien ne sera imposé aux élus locaux »  et que « chaque opération de mises à jour devrait être validée explicitement par la collectivité ». 

« C’est tout sauf de l’équité fiscale », a répliqué Céline Brulin. Si « des communes vont pouvoir décider de se passer de ces ressources », « d’autres ne vont pas pouvoir le faire », a-t-elle déploré.

À noter que la ministre de l’Aménagement du territoire, Françoise Gatel, avait évoqué une autre solution « très simple », en avril dernier en réponse à la question de Sophie Primas. Celle-ci consistait à faire en sorte que « la révision de la valeur locative soit systématique lors de la vente d'un bien, car ce serait absolument indolore ».

Rappelons que cette questions des « éléments de confort »  avait déjà fait polémique en novembre dernier, quand il avait révélé en plein congrès de l'AMF que le gouvernement allait faire augmenter la taxe foncière de quelque 7 millions de contribuables en y intégrant ces éléments. L'AMF avait alors dû rappeler que les maires n'y étaient pour rien et qu'elle n'avait « rien demandé » (lire Maire info du 20 novembre 2025).
 

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