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Édition du jeudi 4 juin 2026
Sécurité

Feux de forêts : la Sécurité civile sur le qui-vive à l'aube d'une nouvelle saison à risques

Alors que la saison des feux de forêt s'ouvre, la Sécurité civile a lancé le dispositif national de lutte contre les incendies, en présence des ministres de l'Intérieur et de la Transition écologique ainsi que de la Commission européenne chargée de la gestion des crises.

Par AFP

Depuis la « war-room »  de l'état-major, sur le tarmac de l'aéroport ou à l'entraînement dans leurs Canadairs, les personnels de la Sécurité civile sont sur le qui-vive à l'orée de la saison des feux de forêts, qu'ils combattent désormais au-delà de leur traditionnelle zone d'intervention du sud de la France.

Les ministres de l'Intérieur, Laurent Nuñez, et de la Transition écologique, Monique Barbut, visitent jeudi la base de Nîmes-Garons (Gard), centre névralgique du dispositif aérien de lutte contre les incendies, où sont notamment basés la vingtaine d'avions bombardiers d'eau, Canadairs et Dash, dont dispose actuellement la France.

Ils seront accompagnés de la Commissaire européenne chargée de la préparation des crises et du mécanisme européen de coopération de lutte contre les feux de forêts, Hadja Lahbib.

Dans les prochaines semaines, quatre départements (Bouches-du-Rhône, Gironde, Hérault et Pyrénées-Orientales) accueilleront au total une centaine de pompiers venant en renfort d'Italie, de Grèce, de Roumanie et de Slovaquie. Le lancement officiel de la « saison feux de forêts »  coïncide avec « la mise en place du dispositif de suivi du risque et de notre centre de commandement déporté »  à Nîmes, explique à l'AFP le directeur général de la Sécurité civile, Julien Marion.

« Les feux apparaissent plus tôt, durent plus tard et remontent vers le nord, avec des intensités plus fortes. Nous avons maintenant des feux significatifs au nord de la Loire ». Mais la doctrine française, soit l'attaque massive des feux le plus tôt possible, au sol et depuis les airs, porte ses fruits souligne-t-il : « En 2025, un million d'hectares ont brûlé en Europe, dont 30 000 en France ». En fonction des risques météorologiques, des moyens aériens peuvent être prépositionnés aux quatre coins du pays.

Les Canadairs, qui en rasant la surface d'un lac ou de la mer peuvent embarquer plus de 6 000 litres d'eau en seulement 12 secondes, sont l'un des piliers de la lutte contre les feux de forêt depuis la fin des années 1960. La France en possède 12, mais pendant l'été 2024, il est arrivé que seuls trois soient en mesure de voler. « On les sollicite beaucoup et donc ils sont régulièrement confrontés à des avaries, mais ils sont réparés » , explique Julien Marion. Les choses se sont nettement améliorées en 2025, avec une disponibilité moyenne de « plus de 80 % », et cela devrait encore être le cas cet été, assure-t-il.

Production relancée

En 2022, après les deux méga-feux qui ont détruit près de 21 000 hectares de forêts en Gironde, Emmanuel Macron avait promis une augmentation des moyens aériens et au sol. 

Grâce notamment à la commande de 22 appareils par sept pays européens, le constructeur De Havilland Canada a repris l'an dernier la production des Canadairs, interrompue depuis 2015 faute de demande. Deux seront livrés à la France en 2028 et la visite ministérielle verra la signature de la commande officielle de deux autres, également annoncés par Emmanuel Macron, portant à 16 le nombre de Canadairs français à l'horizon 2032 ou 2033.

« Aujourd'hui, on est capable d'intervenir sur deux gros feux simultanément, mais demain, ou dans 10 ou 15 ans, il faudra sûrement en combattre plus en même temps », explique en marge d'un entraînement entre Nîmes et Marseille le chef des pilotes de Canadairs, Alexandre Jauffret.

La base de la Sécurité civile accueille aussi des hélicoptères et des avions de reconnaissance, ainsi que huit « Dash », qui contrairement aux Canadairs doivent remplir au sol leur réservoir central de 10 000 litres de produit retardant entre chaque largage. Lorsque les conditions météo le nécessitent, les Dash patrouillent dès l'aube, prêts à larguer sur des feux naissants. « A 450 km/h, on voit très bien les fumées », assure leur chef-pilote, Benoît Quennepoix. 

« Il y a eu 16 500 départs de feux de forêt en 2025, dont seulement 19 ont dépassé les 100 hectares et deux les 1 000 ha », souligne Thierry Carret, conseiller feux à la sécurité civile. Le mégafeu de Ribaute, dans le massif des Corbières (sud) avait à lui seul brûlé plus de 11 000 hectares. Trois agents de l'Office national des forêts ont été placés mardi en garde à vue dans l'enquête pour établir les causes de cet incendie qui avait causé la mort d'une femme de 65 ans et fait 24 blessés et qui pourrait être dû à une négligence.

Le lancement de la saison sera l'occasion de rappeler l'importance de la prévention.

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