Accessibilité des évènements sportifs : un guide invite à associer davantage les collectivités à l'organisation
Par Lucile Bonnin
Plus de deux ans après les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 – évènement qui a « démontré qu’il est possible d’organiser le plus grand événement sportif au monde en faisant de l’accessibilité et de l’inclusion des exigences d’excellence et de réussite », selon la ministre Marina Ferrari – un outil pratique vient d’être publié pour que cet « héritage » profite aux futurs événements.
Coupe du monde de para-ski alpin à Tignes, Championnats du monde de cyclisme et para-cyclisme en Haute-Savoie en 2027, Championnats du monde de hockey sur glace à Paris et Lyon en 2028 et Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver des Alpes en 2030 : les occasions ne manqueront pas ces prochaines années pour « ancrer durablement l’accessibilité universelle dans l’organisation », explique Marie-Amélie Le Fur, présidente du Comité paralympiques et sportif français.
L’accessibilité : « un sport d’équipe »
« Assurer l’accessibilité d’un événement, c’est un sport d’équipe : l’État, les collectivités, les organisateurs, les associations représentatives des personnes en situation de handicap et les prestataires spécialisés doivent coordonner leur stratégie sur toute la ligne », peut-on lire dans le guide. Un annuaire a été édité pour identifier les principales associations représentatives du champ du handicap.
La présidente du Comité paralympique et sportif rappelle que l’accessibilité « est la responsabilité de chaque organisateur, de chaque collectivité, de chaque partenaire ».
Avec une gouvernance partagée, « on capitalise sur l’expertise, on réduit les risques juridiques et réputationnels, on dimensionne vraiment l’offre (places adaptées, transports dédiés), et l’on ouvre la porte à des partenariats durables ».
Le guide recommande ainsi de réaliser « une cartographie des acteurs et des parties prenantes clés » et de mobiliser « un éventail aussi large que possible d'associations » représentatives du handicap dans les instances de décision et les groupes de travail afin d’organiser régulièrement des réunions de partage d'avancement de l’organisation d’un évènement.
Dans l'éditorial de la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, il est précisé que ce guide « servira de cadre de référence pour la définition des nouveaux critères d'accessibilité conditionnant le soutien financier de l'État aux grands événements sportifs internationaux d'importance majeure ». La ministre avait déjà annoncé lors de la présentation de la « stratégie nationale Sport et Handicap 2030 » que les critères d’accessibilité obligatoires dans les financements publics seraient renforcés.
Rappelons aussi que la Stratégie nationale Sport et Handicap 2030 prévoit un fonds dédié de 2,5 millions d’euros par an, géré par l’Agence nationale du sport, pour soutenir la mise en accessibilité des équipements sportifs (lire Maire info du 2 février). Ce fonds concerne directement les collectivités, souvent propriétaires de ces équipements. Un pôle de sports de raquettes a par exemple été inauguré fin août à Champniers, en Charente. L’État a accordé 394 000 euros d’aide dans le cadre de cette stratégie soit 42 % du coût total du projet.
Espace public et mobilité
Associer les collectivités à l‘organisation des évènements c’est aussi éviter de « briser la chaîne d’expérience » selon ce guide. Autrement dit : l'accessibilité d'un événement sportif se joue autour du site autant qu'à l'intérieur avec la voirie, l'éclairage, le stationnement et les transports qui relèvent en grande partie des collectivités. « Un ascenseur hors service en gare ou dans le métro, un trottoir trop abrupt, une rue mal éclairée ou l’absence de dépose-minute peuvent déjà mettre les personnes en difficulté », insistent les auteurs du guide.
C’est pourquoi il est important pour les organisateurs de faire un diagnostic précis en cartographiant « l'itinéraire porte-à-porte » depuis les gares, arrêts de bus et parkings PMR jusqu'aux entrées ; en établissant un « diagnostic pendant les heures d'obscurité » et en réalisant ce repérage avec des usagers porteurs d’un handicap ou des experts par exemple.
Le but : « mobiliser à temps les acteurs locaux pour y remédier » . Le guide renvoie au document du Cerema « Réussir l'accessibilité des espaces publics » , tiré de la préparation des Jeux de Paris 2024.
Le guide préconise plus largement de coordonner le protocole d’accueil des personnes en situation de handicap avec les parties prenantes intervenant dans le périmètre de l’événement (collectivités, forces de l’ordre, services de prévention, opérateurs de transport, bénévoles et commerçants) et de « mettre en place un dispositif d’alerte rapide (« Signaler un obstacle » ) relié à une équipe de voirie ou à des bénévoles capables d’intervenir rapidement ».
Acceslibre : une plateforme dont les collectivités peuvent se saisir
Enfin, le guide présente Acceslibre comme un outil pour cartographier et faire connaître l'accessibilité autour des sites événementiels. « Ouverte, collaborative et gratuite, elle permet aux gestionnaires de lieux, aux collectivités, aux organisateurs d’événements ou aux citoyens de contribuer à enrichir une base de données nationale, fiable et régulièrement actualisée » sur les ERP accessibles.
« Les abords d'un site jouent un rôle déterminant dans l’expérience vécue par les publics : restaurants, hôtels, commerces, services, transports, parkings, sanitaires, points d’accueil » , précise le guide. En recensant ces informations, les organisateurs peuvent « identifier rapidement l'offre accessible autour du site » et la mettre à disposition des usagers sur une page dédiée ou dans les communications officielles, « comme cela a été fait pour Paris 2024 ».
Les collectivités peuvent ainsi s’approprier cet outil pour recenser ou mettre à jour sur Acceslibre leurs propres ERP, dont les équipements sportifs et culturels mais aussi pourquoi pas inciter les commerces et établissements proches d'un site à renseigner leur accessibilité.
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