Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du jeudi 10 septembre 2026
Fiscalité locale

Taxe foncière : près de 86 % des maires ont reconduit leur taux en 2026

Presque 30 000 communes ont maintenu leurs taux de foncier bâti cette année. Quasiment autant qu'en 2025, selon une note que vient de publier la DGFiP. Parmi les quelque 4 700 qui ont choisi de les augmenter, près de 85 % d'entre elles ont voté des hausses relativement faibles et majoritairement inférieures à deux points.

Par A.W.

Les années se suivent et se ressemblent. Malgré un contexte budgétaire contraint et les efforts répétés imposés par le gouvernement (qui devraient se poursuivre l’an prochain), les maires ont, dans leur très grande majorité, choisi de reconduire les taux de fiscalité directe locale en 2026. En cette année de renouvellement municipal, seule une minorité de communes a donc vu ses taux de fiscalité locale être revus à la hausse. 

Et si « la proportion de reconductions à l’identique des taux votés l’année précédente est en diminution », elle reste tout de même bien « supérieure au niveau de 2024 »  et des années précédentes. C’est ce que confirme la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) dans une étude parue récemment et qui porte sur les taxes foncières sur les propriétés bâties (TFPB) et non bâties (TFPNB), la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THS) et la cotisation foncière des entreprises (CFE).

Taxe foncière : des reconductions record dans les EPCI

Que peut-on en retenir ? En premier lieu, une large majorité des communes ont ainsi choisi de ne pas toucher à leur taux de foncier bâti alors que le produit de cette taxe représente désormais un peu plus de 40 % de leurs recettes de fonctionnement. Au total, ce sont donc 85,8 % des maires qui ont reconduit leurs taux cette année. À peine moins qu’en 2025 où la proportion atteignait 86,3 %. 

Le pourcentage de communes ayant décidé de maintenir ce taux reste toutefois l’un des plus élevés depuis plusieurs années (elles étaient entre 83 % et 84,7 % à maintenir leurs taux de 2021 à 2023). Notamment par rapport à l’année 2024 : à cette époque, elles n’avaient été « que »  82,1 % à le maintenir. 

Concrètement, ce sont donc presque 30 000 communes qui ont reconduit leur taux de taxe foncière sur les propriétés bâties cette année. Si un peu plus de 200 l’ont même diminué (0,6 % des communes, contre 1,1 % en 2025), elles sont un peu plus de 4 700 à l’avoir augmenté en 2026 (13,6 %, contre 12,5 % en 2025 et 17 % en 2024). 

La tendance est d’ailleurs encore plus impressionnante du côté des intercommunalités, où la reconduction des taux de foncier bâti a même atteint plus de 92 % (contre plus de 86 % en 2025 et plus de 82 % en 2024) et leur augmentation a plafonné à 7,6 % (contre un peu plus de 13 % en 2025). Elles ont pourtant été particulièrement affectées par les coupes budgétaires en 2026.

« De manière générale, les EPCI ont davantage reconduit leurs taux que les communes. Proportionnellement, deux fois plus de communes ont eu recours à une augmentation de taux que les EPCI. En revanche, les communes ont aussi diminué dans des proportions bien plus importantes leurs taux (entre deux et cinq fois plus que les EPCI) » , expliquent les auteurs de la note, qui constatent que « la proportion des reconductions de taux de fiscalité directe locale (des EPCI) est d’environ 4 à 6 points plus élevée entre 2026 et 2025 ».

Plus de hausses pour les habitants des petites communes

S’agissant des augmentations votées par les communes, on peut souligner qu’elles restent, dans l’ensemble, majoritairement inférieures à deux points, « même si elles connaissent un léger repli par rapport à 2025 ». Sur les 4 731 communes ayant augmenté leur taux de foncier bâti, environ 4 000 d’entre elles (85 %) ont voté une hausse de la taxe en deçà de 2 points (contre environ 90 % en 2025) et plus de 3 000 n’ont pas dépassé une hausse de 1 point. Au final, seules 21 communes l’ont fait progresser de plus de 10 points. 

Dans les faits, si le taux communal de foncier bâti a augmenté « pour 8,2 % de la population », « la tendance est plus marquée pour les habitants des communes de moins de 3 500 habitants »  avec un taux qui augmente « pour 14,8 % des habitants de communes entre 500 et 3 500 habitants », constate la DGFiP. À l'inverse, « environ 7 % des habitants des communes comprises entre 10 000 et 100 000 habitants connaissent une augmentation du taux de TFPB ». Et aucune ville de plus de 100 000 habitants n’a augmenté son taux de foncier bâti.

Une fois encore, les EPCI ont été particulièrement précautionneux avec le levier fiscal en 2026 puisque les hausses de TFPB ont été très majoritairement inférieures à deux points (pour plus de 87 % d’entre elles). On peut, par ailleurs, noter que les tendances sont relativement similaires pour le foncier non bâti, pour lequel les taux ont été reconduits par plus de 87 % des communes et 93,5 % des EPCI.

Taxe d’habitation sur les résidences secondaires : la plus forte proportion de hausse des taux

Par ailleurs, et comme pour le foncier, une très grande majorité des communes (90 %) a choisi de maintenir son taux de cotisation foncière des entreprises. Même chose pour la taxe d’habitation sur les résidences secondaires dont les taux ont été reconduits par plus de 83 % des communes, en léger recul par rapport à l’an passé (85 %).

Reste que, « comme entre 2025 et 2024 (+ 14 %), la plus forte proportion de hausse des taux votés entre 2025 et 2026 concerne la THS (+ 16,4 %) », note la DGFiP. En effet, « le nombre de communes ayant eu recours au dispositif de majoration spéciale du taux de THS est en nette augmentation en 2026 (environ 2 400) par rapport à 2025 (environ 1 300) et 2024 (environ 1 700), année de première mise en œuvre du dispositif ».

Toutefois, que ce soit pour la taxe d’habitation ou la CFE, « la quasi-totalité des communes (respectivement 94,9 % et 96 %) ont augmenté leurs taux de moins de 2 points (contre 98,87 et 97,53 % en 2025) ». Aucune ne les a augmentés de plus de 25 points. Et seulement cinq communes ont choisi d’appliquer une hausse de plus de 10 points pour la THS. 

Concernant la proportion d’habitants impactés, les taux communaux de THS ont augmenté « pour environ 8,6 % de la population ». Mais, comme pour le foncier, les différences selon les strates sont palpables puisque « 18,1 % (des habitants) des communes de moins de 500 habitants et 17 % des habitants des communes de 500 à 3 500 habitants connaissent une augmentation du taux de THS, quand seuls 3,6 % des habitants des villes de 10 000 à 50 000 habitants sont concernés par une telle augmentation ».

Consulter la note.

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