Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du mardi 7 mars 2023
Sports

La ministre des Sports dévoile un plan en faveur de la pratique sportive féminine

Dans le cadre d'un atelier de travail dédié au sport féminin, le gouvernement a annoncé la mise en place de plusieurs mesures pour soutenir la pratique sportive féminine dans les territoires, mieux accompagner les sportives professionnelles et promouvoir davantage les compétitions féminines.

Par Lucile Bonnin

En 2022, 71 % de femmes pratiquent du sport occasionnellement contre 73 % d’hommes. Si ces chiffres ont progressé de 8 points entre 2018 et 2022, des inégalités subsistent dans les pratiques amateures comme professionnelles. C’est ce que montre le baromètre national des pratiques sportives de l’INJEP, publié au début du mois de mars. 

Ainsi, alors que de nombreuses initiatives ont été prises ces dernières années pour encourager la pratique sportive dans les territoires - préparant ainsi la France à recevoir les Jeux olympiques et paralympiques – la pratique sportive féminine va aussi faire l’objet d’un plan spécifique.

Hier, à la suite d’une réunion rassemblant plusieurs acteurs du sport, la ministre des Sports et des jeux Olympiques et Paralympiques, Amélie Oudéa-Castera, a annoncé diverses mesures. Tour d’horizon.

Des mesures à l’école et dans les clubs 

Les efforts en faveur du sport à l’école se poursuivent. Après l’incitation aux  trente minutes d'activités physiques quotidiennes dans toutes les écoles, le ministère des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques (MSJOP) va lancer un plan « visant à accompagner le déploiement des cours d’école actives. »  L’Agence nationale du sport (ANS) va débloquer une enveloppe d’un million d’euro pour cofinancer la rénovation ou l'aménagement de 200 cours d’école, en « collaboration avec Paris 2024. »  Reste à voir la part que les collectivités devront régler dans ce co-financement, accessible par un appel à projet, d’autant que celles-ci doivent faire face à d’importants enjeux de rénovation énergétique du bâti scolaire. 

De nouvelles « actions ciblées à destination des adolescentes (offres de loisir et ludiques, programme 2h en + pour les collégiens), des jeunes mamans (sport-santé) et jeunes parents (formules baby, synchronisation des cours parents-enfants) »  vont également être mises en place par le biais du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), de l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) et de toutes les fédérations sportives. Le but : « lutter contre le décrochage de la pratique, dans le cadre d’un renforcement des bonnes pratiques ludo-sportives et de mixité dans l’offre des fédérations. » 

Un second souffle pour la plateforme « 1000 premiers jours »  (site de référence pour les parents et futurs parents de Santé publique France) va être donné afin de proposer « un meilleur aiguillage des jeunes parents vers une offre de pratique adaptée à leur nouveau contexte et si besoin vers les Maisons sport santé. » 

L’amélioration des conditions de la pratique féminine passera aussi par la création ou la rénovation de vestiaires et sanitaires dédiés aux femmes dans tous les équipements. C’est une priorité qui a été inscrite dans les orientations 2023 de l’ANS concernant les équipements structurants. 

« Veiller à la prise en compte de la maternité » 

La mesure phare de ce plan concerne l’amélioration de l’accompagnement des sportives professionnelles et de haut-niveau en matière de protection sociale. En effet, en février dernier, Clarisse Cremer a été évincée par son sponsor  pour participer au Vendée Globe. En cause : sa maternité. Pour éviter que ce type d’injustice ne se reproduise, le gouvernement, en concertation avec tous les acteurs, annonce d’ores-et-déjà la mise en place d’un comité pour le Vendée Globe « chargé de proposer des solutions pour assurer une meilleure intégration de la maternité et de la parentalité dans le règlement de la compétition. »  Ce type de structure pourra inspirer d'autres institutions sportives et fédérations. 

De manière systématique, « la maternité sera désormais intégrée comme un enjeu à couvrir dans les projets de performance fédéraux discutés entre l’ANS, les fédérations et le ministère pour favoriser la mise en place de conventions d’accompagnement adaptées. »  Une cellule opérationnelle transversale aux fédérations va aussi être créée pour « aider celles-ci à mieux accompagner les sportives dans leurs démarches et dans l’organisation de leur maternité (reprise de l’entraînement, allaitement, déplacements, etc.) »  Les encadrants sportifs seront aussi désormais formés « aux enjeux de parentalité et de santé des femmes. » 

Accroître la médiatisation du sport féminin 

Cet été, des propositions vont être formulées par les diffuseurs « visant à accroître le volume de retransmission et la qualité de la diffusion du sport féminin, en liaison avec l’Arcom. »  Par ailleurs, le fonds audiovisuel de l’ANS passera de 1,5 million d’euros à 2,5 millions d’euros, « avec un fléchage de l’enveloppe supplémentaire prioritairement sur le sport féminin. » 

Enfin, la conférence permanente du sport féminin qui avait été lancée par Thierry Braillard en 2017 va être relancée « pour structurer et renforcer la gouvernance du sport féminin et suivre la mise en œuvre des trois axes de ce plan d’action ainsi que de ses prolongements futurs. »  Sa nouvelle composition sera annoncée avant l’été 2023 par la ministre.
 

Suivez Maire info sur Twitter : @Maireinfo2