L'UTP publie un guide pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports
Par Lucile Bonnin
Un premier guide avait été publié par l'Union des transports publics (UTP) en mai 2023 à l'occasion de la première réunion du Comité d’action contre le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles dans les transports.
La problématique est grandissante : en 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été recensées, soit 6 % de plus qu’en 2023 et 86 % de plus par rapport à 2016. Les victimes sont majoritairement des femmes (91 % des victimes d’agressions sexistes et sexuelles dans les transports) et 75 % d’entre elles ont moins de 30 ans. 36 % sont mineures. De l’autre côté de la vitre, la profession se féminise et 11 700 femmes travaillent désormais dans les transports publics urbains, majoritairement dans la conduite, soit environ 20 % de l’effectif global.
Alors que l’on incite les citoyens à emprunter plus systématiquement les transports en commun lorsque c’est possible, « les transports doivent rester des espaces où règnent la confiance et la liberté de se déplacer en toute sécurité », estime l’UTP. Pour ce faire, « tous les acteurs doivent être réunis : les opérateurs de transport, les autorités organisatrices de la mobilité, les associations, les pouvoirs publics » . Ainsi, l'actualisation du guide « pour lutter contre ces violences s’inscrit dans cette dynamique ».
« Des pratiques issues du terrain »
Le guide présente essentiellement des « bonnes pratiques » à mettre en place au niveau de trois volets : la sensibilisation, la réaction et la formation.
Pour sensibiliser, les actions menées peuvent être variées notamment si elles visent l’ensemble des voyageurs par de l’information, des actions de terrain ou par des journées dédiées (internationales, nationales, locales) par exemple. Les exemples de campagnes de communication adaptées ne manquent pas dans le fascicule : Nancy, Lille, Toulouse, Clermont-Ferrand, Lyon, Dijon… L’UTP rappelle aussi que le gouvernement a lancé en 2023 une campagne de sensibilisation pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles « Levons les yeux » réalisée en partenariat avec la SNCF et la RATP. Un guide pratique « explique comment repérer une situation de harcèlement, comment intervenir en tant que témoin, et quels recours existent pour les victimes ». Des campagnes de sensibilisation à bord via les agents peuvent aussi être menés. L'UTP insiste aussi sur la sensibilisation des plus jeunes pour renforcer « leur capacité à identifier les situations à risque et à encourager le recours aux dispositifs d’alerte et de protection existants ».
Le guide donne aussi des clés pour « adopter les bons réflexes » dans les transports avec la mobilisation de dispositifs « pour signaler une situation ou demander de l’aide : bornes d’appel d’urgence, agents, conducteurs et conductrices, numéros de téléphone » et grâce à des partenariats qui « contribuent à créer des lieux sûrs, où les personnes victimes peuvent être accueillies, écoutées et orientées ». Dans de plus en plus de villes, des marches exploratoires sont organisées. Le principe : des femmes « parcourent un secteur donné afin d’identifier les espaces générateurs d’insécurité » et formulent des recommandations « aux autorités compétentes qui établissent un programme d’actions ». Un autre dispositif innovant prend de l’ampleur : celui de la « descente à la demande » . Il « offre la possibilité aux usagers de descendre entre deux arrêts de bus afin de se rapprocher de leur destination » . Le ministère chargé des Transports a d’ailleurs réalisé un guide qui présente les dix étapes clés à suivre pour mettre en œuvre ce dispositif. Il s’appuie sur les retours d’expérience des réseaux l’ayant expérimenté ou déployé, comme à Poitiers par exemple.
Le guide met également en avant le dispositif Angela, « réseau de lieux refuges et de solidarité destiné à lutter contre le harcèlement de rue et le sentiment d’insécurité dans l’espace public » . Le fonctionnement du dispositif repose sur l’utilisation d’un code : « Lorsqu’une personne s’adresse à un agent de transport en demandant « Où est Angela ? », cela signifie qu’elle se sent en insécurité et qu’elle sollicite de l’aide ». « Dans le cadre des transports publics, ce dispositif peut être actif dans les bus, les tramways, les agences commerciales, les stations, les pôles d’échanges ou encore les espaces d’accueil et de médiation » , précisent les auteurs du guide.
L’UTP rappelle en dernière partie du guide qu’il est primordial de « former les salariés pour prévenir des atteintes sexistes et sexuelles » . Accueillir la parole des victimes est un premier point sur lequel les réseaux travaillent : de nombreuses formations sont désormais dispensées aux salariés qui sont en contact direct avec le public comme à Montpellier, Lyon ou encore Toulouse. Des financements pour ces formations sont prévus par la branche du transport urbain de voyageurs, souligne enfin l’UTP.
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