Édition du Lundi 12 janvier 2015


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Transports urbains : la Fnaut dresse un sombre bilan

La Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) a publié vendredi, lors d’une conférence de presse, un état des lieux fort pessimiste du transport urbain en France, les jugeant « à la veille d’une crise ». Elle estime cependant que même en cette période de disette financière, les collectivités locales ont des solutions pour ne pas laisser le transport urbain péricliter.
Parmi les points noirs que note la Fnaut, le fait que « le gouvernement se désintéresse des transports publics » : la fédération remarque que ceux-ci sont « à peine » évoqués dans le projet de loi de transition énergétique. Par ailleurs, l’abandon de l’écotaxe, la relance des investissements routiers et la hausse de la TVA sur les transports publics semblent autant de signes négatifs. Plus grave encore, la diminution drastique des dotations de l’État aux collectivités pousse certaines d’entre elles à réviser leurs projets transport à la baisse, tandis que la crise économique réduit le produit du versement transport. Résultat : « l’offre commence à se dégrader dans une vingtaine d’agglomérations ».
La Fnaut remarque également qu’à la suite des élections municipales, certaines équipes nouvelles abandonnent des projets de transport collectif (tramway à Amiens, Montpellier, Nîmes et Tours, bus à haut niveau de service à Niort, suppression de pistes cyclables à Toulouse et Pau…).
La fédération constate que de nombreuses collectivités, face à la baisse des ressources, envisageraient une hausse importante des tarifs. Elle estime qu’une telle hausse serait risquée, parce qu’elle « pénalise les usagers à faibles revenus » et qu’elle risquerait de les inciter à « reprendre leur voiture ».
A contrario, la Fnaut propose un certain nombre de solutions qui pénaliseraient les automobilistes plutôt que les usagers des transports : hausse importante du stationnement, péages urbains, renoncement à toute augmentation de la capacité des parkings de centres villes, qualifiés « d’aspirateurs à voitures ».
La mesure la plus intéressante pointée par la Fnaut est « la réduction des coûts de production du transport collectif ». Selon des études menées notamment par l’Union du transport public (UTP), un certain nombre de mesures simples peuvent faire baisser notablement les coûts d’exploitation d’un réseau. En particulier, la fluidification du trafic des bus (par des couloirs réservés, la priorité aux carrefours, la suppression de l’obligation de monter par la porte avant, qui augmente sensiblement les temps d’arrêts en station) permettrait « d’augmenter la fréquence sans frais supplémentaire ». À titre d’exemple, l’UTP a calculé que la simple augmentation de la vitesse commerciale de 15 à 18 km/h d’une ligne de bus de 12 km peut permettre d’économiser jusqu’à 150 000 euros par an à l’exploitant !
Il reste donc possible, selon la Fnaut, d’éviter « une crise financière prévisible » dans le secteur des transports collectifs, à condition que les collectivités en aient « la volonté politique » et que l’État leur apporte « une aide financière conséquente ».
F.L.
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