Édition du Vendredi 5 décembre 2014


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L'industrie ferroviaire tire le signal d'alarme

Les représentants de l’industrie ferroviaire ont fait part hier de leur très vive inquiétude sur l’avenir du secteur, avec de très sombres perspectives en matière d’emploi – « plus de 15 000 suppressions d’emplois » risquant de se produire d’ici 2018. En cause : encore et toujours la diminution des investissements puisque, selon le délégué général de la Fédération des industries ferroviaires (FIF), Jean-Pierre Audoux, « les commandes de matériel roulant s’écroulent » à l’horizon 2016. Les secteurs de la construction des trains, métros et tramways sont concernés par ces prévisions pessimistes. Jean-Pierre Audoux a même précisément évoqué le cas de l’usine Alstom de Belfort, qui pourrait « fermer son activité ferroviaire dès 2016 », avec à la clé au moins 350 suppressions de postes. Il a également évoqué les menaces planant à plus long terme sur d’autres sites comme ceux d’Alstom à Reichshoffen (Bas-Rhin) et d'Aytré (Charente-Maritime), celui du canadien Bombardier à Crespin (Nord) ou de l’espagnol CAF à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées).
Ces usines ne sont pas citées au hasard. Elles sont toutes intimement liées aux investissements des collectivités locales : Alstom-Reichshoffen est l’ancienne usine du groupe Translohr, qui a notamment construit les rames du tramway sur pneu de Clermont-Ferrand ; Alstom-Aytré fabrique les tramway Citadis, leader incontesté du tram dans les agglomérations du pays, ainsi que des rames de TER ; Bombardier, à Crespin, fabrique les TER Regio 2N (qui équipent les réseaux d’Île-de-France, du Centre et de Rhône-Alpes, entre autres), et les tramways de Marseille ou Strasbourg. L’espagnol CAF enfin, nouveau venu sur le marché français, s’est fait connaître en fabriquant à un prix particulièrement bas le tramway de Besançon, mis en service l’été dernier.
Pour relancer la filière, les acteurs appellent à une mobilisation de l’État, qui permettrait de relancer les commandes. « Je sonne aujourd’hui le tocsin, et je préférerais éviter de sonner le glas », a déclaré Louis Nègre, qui outre ses casquettes de sénateur-maire de Cagnes-sur-Mer et de président du Gart (Groupement des autorités responsables du transport), est également président de la FIF. Plusieurs pistes ont été suggérées hier par Louis Nègre et Jean-Pierre Audoux, dont la demande d’une « décision claire sur les trains Intercités » (lire Maire info du 5 décembre 2013) et d’une plus grande « standardisation du matériel » : « Faire des trains trop sophistiqués et trop chers nous empêche de vendre », a ainsi expliqué Louis Nègre.
Les résultats, très attendus, du 3e appel à projet sur les transports urbains en site propre devraient également jouer sur l’activité du secteur. Le gouvernement les a promis « avant la fin de l’année ».
F.L.

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