Édition du vendredi 26 avril 2019


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Social : le chef de l'État mise essentiellement sur les baisses d'impôts

Au-delà des questions spécifiquement liées aux collectivités territoriales, le président de la République était très attendu hier sur ses réponses aux attentes sociales du pays.
Emmanuel Macron a résumé ce qu’il a « saisi » du Grand débat en trois expressions : « Un grand sentiment d’injustice, un manque de confiance, un sentiment d’abandon. » Il a dit avoir pris conscience, dans cette crise, de l’abandon des territoires ruraux, mais aussi périurbains : « On a vu s’exprimer ceux qui travaillent dans ces grandes villes où on a créé l’essentiel des emplois ces vingt dernières années mais qui n’ont pas les moyens d’y vivre et habitent parfois à trois quarts d’heure ou une heure de route, sans qu’il y ait de transports collectifs. »
Récusant l’idée d’avoir fait « fausse route » depuis deux ans qu’il est à l’Élysée, Emmanuel Macron a néanmoins souhaité « une nouvelle ambition » face à ces sentiments d’injustice et d’abandon.

Diminution des impôts et mesures pour les retraités
Le chef de l’État a refusé de céder à la revendication d’un retour de l’impôt de solidarité sur la fortune : « Il me semble que la meilleure solution n’est pas d’augmenter les impôts de tel ou tel mais plutôt de baisser les impôts du maximum de nos concitoyens. » Il y aura donc une réduction « significative » de l’impôt sur le revenu, qu’il a chiffrée à environ « 5 milliards d’euros ». Cette réduction d’impôts pourrait, selon le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, concerner quelque 15 millions de foyers. Pour financer cette baisse, trois pistes : la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, « la nécessité de travailler davantage » et la réduction de la dépense publique.
Mais il estime que les pires inégalités ne sont pas fiscales : « Ce sont les inégalités d’origine, de destin, les inégalités à la naissance. » C’est pour cette raison que le chef de l’État veut mettre la priorité sur la petite enfance, avec notamment les mesures annoncées pour l’école (lire article ci-dessus).
Contrairement aux rumeurs de la semaine dernière, le président n’a pas annoncé la pérennisation de la prime de 1000 euros défiscalisée, versée au volontariat par les entreprises, mais seulement sa reconduction l’an prochain.
Peu d’annonces donc, au final, sur le pouvoir d’achat des salariés. Pour celui des retraités, en revanche, deux annonces ont été faites : la réindexation des retraites de moins de 2000 euros sur l’inflation, dès le 1er janvier 2020 ; et la fin de la « sous-indexation » de toutes les retraites en 2021. Le président a dit, lors de l’échange avec les journalistes, qu’il souhaitait que le montant de la retraite minimum (le minimum contributif) ne puisse être inférieur à 1000 euros.

Pensions alimentaires et aidants familiaux
Souhaitant réformer « en profondeur » la politique familiale, le président de la République a proposé deux réformes qui seront certainement bien accueillies par les personnes concernées : permettre à la Caisse d’allocations familiales « d’aller prélever directement les pensions alimentaires dues quand elles ne sont pas versées », afin de ne pas faire « reposer sur les mères seules qui élèvent leurs enfants l’incivisme de leur ancien conjoint ». Deuxièmement, le président propose d’enfin reconnaître les « aidants familiaux », ceux qui ont « mis entre parenthèses ou sacrifié leur vie professionnelle pour s’occuper d’un enfant en situation de handicap, d’un proche, d’une personne devenue dépendante ». « Des droits » leur seront donnés dans la prochaine réforme des retraites.

Transition écologique : les citoyens à la rescousse
Beaucoup estiment ce matin que la question de l’urgence climatique n’a pas tenu une place suffisamment importante dans le discours du président. Il a néanmoins fait deux annonces. D’abord, cette question sera la première qui sera soumise à la « convention citoyenne » de 150 personnes tirées au sort « dès le mois de juin ». Elles auront à réfléchir sur les dispositifs d’aides à la transition énergétique et à « redessiner toutes les mesures concrètes d’aides aux citoyens dans le domaine des transports, de la rénovation des logements », de proposer des financements, etc. Emmanuel Macron s’est formellement engagé à ce que les propositions de cette convention citoyenne « soient soumises sans filtre soit au vote du Parlement soit à référendum soit à application réglementaire directe ».
Enfin, le chef de l’État a annoncé qu’il allait créer un Conseil de défense écologique qu’il présidera lui-même, autour des ministres concernés et « des grands opérateurs de l’État », afin de faire des « choix stratégiques » et mettre l’urgence climatique « au cœur de toutes nos politiques ».
F.L.

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