Édition du Jeudi 25 juin 2015


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Taxis contre VTC : la situation se tend

La situation se dgradait srieusement ce matin dans le conflit qui oppose depuis des mois les chauffeurs de taxi aux conducteurs de VTC (vhicules de tourisme avec chauffeur) et davantage encore aux conducteurs du service UberPOP. laube dune journe nationale daction des chauffeurs de taxi, des incidents ont clat en rgion parisienne, aux portes de Paris et laroport de Roissy.
Cest un conflit de fond qui se droule depuis deux ans, sans que lintervention de ltat, suite au rapport Thvenoud davril 2014 (lire Maire info du 25 avril 2014), nait russi apaiser les tensions. En cause : le refus des taxis daccepter la concurrence de voitures qui ne sont pas officiellement des taxis, nont pas payer une licence dont le prix peut dpasser les 200 000 euros et payent bien moins de charges queux. Aprs la question des VTC, cest larrive de lamricain Uber sur le march franais qui a mis le feu aux poudres lexpression tant prendre de plus en plus au sens propre. UberPOP propose en effet des particuliers de vhiculer des clients en se servant dune application de golocalisation sur smartphone, des prix trs infrieurs ceux des taxis.
Ltat a le plus grand mal dfinir une position claire et une attitude cohrente sur ce dossier : si le ministre de lIntrieur a dit, rcemment encore, que les chauffeurs UberPOP taient dans lillgalit absolue . Et cest parfaitement exact, du point de vue des textes : la loi 2014-1104 du 1er octobre 2014 interdit le fait d'organiser un systme de mise en relation de clients avec des personnes sans tre ni des entreprises de transport routier, ni des taxis, des vhicules motoriss deux ou trois roues ou des voitures de transport avec chauffeur ; elle prvoit de punir les contrevenants de 300 000 euros damende et deux ans de prison.
Uber et certains juristes ne partagent pas ce point de vue ou, du moins, jouent la montre tant quaucun tribunal ne sest prononc. La socit Uber a dpos des recours devant la cour dappel de Paris qui, pour linstant, rserve son jugement, attendant de connatre lavis du Conseil constitutionnel.
Ct taxis, cest justement le simple respect de la loi que lon demande, en demandant que les forces de lordre interpellent les chauffeurs UberPOP pour activit illgale et trouble manifeste lordre public.
Rsultat : lexistence ou non dun service UberPOP dpend des dcisions locales. Certains maires, au vu des tensions, ont fait le choix duser de leur pouvoir de police pour interdire tout bonnement UberPOP cest le cas Lille. Ailleurs, ce sont les prfets qui ont pris de telles dcisions dans le Rhne, le Bas-Rhin ou encore en Gironde. La tension est encore monte dun cran le week-end dernier, avec le passage tabac, Lyon, dun passager dUberPOP, peut-tre par des chauffeurs de taxi.
Ce matin, les manifestations organises dans le cadre de la journe daction nationale des taxis ont rapidement dgnr : le priphrique parisien a t bloqu avec incendie de pneus et de palettes ; plus proccupant, des bagarres ont clat entre chauffeurs de taxis et chauffeurs de VTC, une voiture de lun de ces derniers ayant mme t retourne une porte de Paris. En fin de matine, des incidents continuaient de se drouler notamment aux aroports parisiens, et des heurts srieux opposent chauffeurs de taxi et forces de lordre la porte Maillot.
F.L.
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