Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mercredi 23 septembre 2015
Transports

Les autocars « Macron » commencent à se développer

En visite à Annonay, dans une usine Iveco de construction d’autocars, le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, s’est félicité du succès jugé très encourageant des nouvelles lignes interurbaines de cars privés, issues de la loi qui porte son nom.
Selon le premier bilan dévoilé par le ministre, en un mois, 75 villes sont désormais desservies, « 782 départs »  ont lieu chaque jour ; 250 000 passagers ont été transportés et 700 emplois créés.
Ce développement rapide s’explique par le fait que dès avant la promulgation de la loi, les autocaristes s’étaient déjà organisés (lire Maire info du 9 juin). Cinq entreprises sont d’ores et déjà sur le marché, les Français Isilines (Transdev), iDBus (SNCF), Starshipper (réseau Réunir), le Britannique Megabus et l’Allemand Flixbus.
Selon la carte publiée par le ministère, seule Paris connaît actuellement plus de 150 départs par jour ; cinq villes (Lille, Marseille, Bordeaux, Strasbourg et Lyon) ont entre 30 et 149 départs par jour ; les 70 autres villes n’ont encore que moins de 30 départs quotidiens. Mais le ministre promet une montée en puissance rapide, avec « de nombreuses nouvelles liaisons attendues d’ici la fin de l’année notamment en Normandie et en Bretagne ». Il espère « un million de voyageurs transportés par an »  d’ici « fin 2016 ».
Ces succès sont évidemment encourageants pour le ministre, même si l’on reste très loin pour l’instant des objectifs attendus : il y a un an, la Fédération nationale des transports de voyageurs, dans une étude prospective, estimait que la libéralisation du transport par autocar pourrait créer… « de 10 000 à 15 000 emplois ». Avec 700 à ce jour, du chemin reste à faire. Et les chiffres de fréquentation, bien qu’en forte hausse, demandent tout de même à être relativisés : si l’objectif d’un million de voyageurs par an fin 2016 est atteint, il représentera un quart de ce que la SNCF transporte… chaque jour.
Pour l’instant, seule une partie de la réforme est appliquée : celle qui concerne les liaisons de plus de 100 km. Pour les liaisons inférieures à cette distance, qui sont soumises à autorisation de la part des régions, il faut encore attendre un décret actuellement en discussion au Conseil d’État, et qui doit paraître au plus tard le 1er novembre. Ce décret – que Maire info a évoqué lors de son passage au Conseil national d’évaluation des normes, lire notre édition du 21 juillet – fait semble-t-il encore l’objet de délicats arbitrages. Selon nos confrères de la lettre spécialisée Mobilicités, généralement très bien informée, un point de blocage subsisterait sur l’Île-de-France. Dans la région capitale en effet, il se pourrait que le décret interdise purement et simplement les liaisons de moins de 40 km, afin de ne pas menacer l’équilibre économique du principal opérateur de la région, la Ratp, ou des opérateurs privés déjà présents sur le terrain.
On en saura plus lors de la parution de ce décret, qui semble imminente.
F.L.

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