Logement : le dispositif d'aide à la rénovation MaPrimeRénov' rouvre aujourd'hui
Par A.W.
MaPrimeRenov’ est de retour. La reprise du dispositif, suspendu depuis le 1er janvier, était conditionnée à la promulgation du budget de l’Etat pour 2026. Celui-ci étant désormais publié, le guichet des aides à la rénovation énergétique va donc rouvrir dès aujourd’hui, « à midi », comme toutes les autres aides (copropriétés en difficulté, rénovation de logements insalubres, adaptation au vieillissement, etc.) de l'Agence nationale de l'habitat (Anah) qui étaient suspendues depuis le début de l'année, a annoncé vendredi le ministère du Logement.
Et ce, pour tous les ménages. Une réouverture qui va permettre de reprendre l’instruction des dossiers en attente et débuter les travaux, avec désormais un rendez-vous « personnalisé » obligatoire dans le cas des rénovations d’ampleur.
Rénovation d’ampleur : rendez-vous obligatoire
Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun avait déjà annoncé, au début du mois, que les demandeurs d'aides MaPrimeRénov' devraient désormais avoir obligatoirement un « rendez-vous personnalisé » avec un conseiller France Rénov' lorsqu’ils prévoient une rénovation d'ampleur afin d’être mieux accompagnés et d’éviter les fraudes.
Ce rendez-vous devra se faire avec un conseiller France Rénov' avant le dépôt de la demande d'aide. Il pourra avoir lieu dans l’une des 614 espaces dédiés répartis sur tout le territoire, en visio ou « probablement » même par téléphone. « On n'est plus tout seul face à son ordinateur », avait expliqué le ministre, qui soulignait que cela permettra aussi de lutter contre la fraude et les « faux dossiers » déposés par « des faux clients avec de fausses entreprises ».
Dans ce contexte, l’année 2026 doit être marquée par deux priorités, selon l’Anah : « le traitement prioritaire des dossiers en attente » et la « sécurisation du parcours des ménages pour garantir la qualité des rénovations », alors que les règles d'éligibilité et les taux de financement doivent, elles, rester inchangés.
Et l’agence de promettre qu’il « n'y aura pas de retard à l'allumage » puisque « dès lundi les particuliers [pourront] avoir un rendez-vous et obtenir l'attestation » qui en découle. Les arrêtés des préfectures pour entériner cette évolution du dispositif arriveront plus tard, mais sans bloquer la réouverture.
Des délais d’instructions qui s’allongent
Reste que l’interruption du dispositif et le retard pris dans les octrois de subventions ont « eu pour impact l'allongement des délais moyens de réponse, actuellement supérieurs à six mois pour les rénovations d'ampleur, et trois mois pour les rénovations constituées d'un unique geste de travaux », a prévenu l’Anah dans un communiqué publié vendredi.
Des délais d’instruction records qui menacent désormais de « fragiliser » les très petites entreprises (TPE) du secteur. Le Syndicat des indépendants et des TPE (SDI) a ainsi alerté, vendredi, sur « les conséquences concrètes des suspensions et des retards administratifs pour les très petites entreprises du bâtiment », malgré « le signal positif » que représente la réouverture du guichet. « Pour une TPE, quelques mois de décalage représentent une tension immédiate sur la trésorerie, dans un contexte déjà marqué par la hausse des charges, des assurances et du coût du crédit », rappelle-t-il.
Le président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), Jean-Christophe Repon, a pointé la semaine dernière le fait que, durant les deux dernières années, les TPE ont déjà « détruit plus de 40 000 emplois », l’année 2025 ayant été « très complexe et difficile ». « On a des entreprises qui attendaient des arbitrages et les particuliers, devant cette absence de budget, vont reporter ou annuler leur devis. Et donc, on a bien évidemment de la destruction d'emplois, des entreprises en difficulté et des trésoreries considérablement affectées », expliquait déjà ce dernier en novembre.
Les objectifs 2026 amputés de 83 000 dossiers en retard
Le budget prévu en 2026 pour les aides à la rénovation énergétique MaPrimeRénov' sera de 3,6 milliards d'euros et 500 millions d'euros de certificats d'économie d'énergie (CEE, des aides proposées par les fournisseurs d'énergie), une enveloppe équivalente à celle de l'année dernière qui devrait financer 150 000 travaux de rénovation isolés (changement d'une chaudière ou de fenêtres) et 120 000 rénovations globales de logements. Mais cet objectif est déjà amputé par les quelque 83 000 dossiers suspendus fin 2025.
La reprise du guichet intervient après une période de suspension mouvementée entamée au début de l’année dernière. En janvier 2025, MaPrimeRénov’ avait ainsi été suspendue plusieurs semaines dans l'attente d'une loi de finances, avant que le guichet de demande de subvention ne connaisse une période de pause durant l’été pour les rénovations d'ampleur, à cause d’un afflux de demandes et de tentatives de fraudes.
Et si une réouverture partielle réservée aux plus modestes avait été décidée en septembre et jusqu’en fin d’année, celle-ci s’est faite avec un volume limité. Avant une nouvelle suspension en janvier 2026, faute de budget de l'État.
Pour rappel, la DGCCFR (répression des fraudes) a détecté des manquements graves chez 34 % des 1 000 professionnels contrôlés en 2024 au sein du secteur de la rénovation énergétique, cible privilégiée d'escrocs qui tentent de détourner les aides MaPrimeRénov'.
Suivez Maire info sur Twitter : @Maireinfo2
Le « méga-décret » publié : des mesures d'allègement bienvenues mais bien limitées
L'équilibre économique du service universel postal en péril
Service civique : un outil cohérent et efficace pour les intercommunalités





