Maire-info
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Édition du mercredi 16 juin 2021
Transition écologique

Environnement : les cinq missions d'intérêt général des conservatoires botaniques nationaux

Un décret du 14 juin précise les missions d'intérêt général qui sont confiées par l'Etat aux conservatoires botaniques nationaux.

Par Ludovic Galtier

Experts de flore sauvage, de végétation et d’habitats naturels et semi-naturels, les conservatoires botaniques nationaux (CBN) apportent à l’État, aux collectivités et aux établissements publics « une assistance technique et scientifique »  sur ces sujets souvent techniques. L’appui aux politiques publiques n’est toutefois qu’un pan de leur activité. Pour être agréés (*) par le ministère de la Transition écologique pour une durée de dix ans renouvelable, les CBN, aujourd’hui au nombre de 12 (dix en métropole et deux en outre-mer) et dont la coordination technique est assurée par l’Office français de la biodiversité (OFB), se doivent de conduire au total cinq grandes missions précisées dans un décret paru ce matin. 
Celles-ci « s’inscrivent dans la continuité des missions exercées actuellement par les conservatoires botaniques nationaux, tout en les actualisant et les clarifiant, notamment pour les domaines de la fonge, de la végétation et des habitats », écrivait, en décembre 2019, le Conseil national de la protection de la nature (CPCN) dans un avis favorable au projet de décret. Le décret, pris en application de la loi du 24 juillet 2019 portant création de l'Office français de la biodiversité (OFB), ne surprendra donc pas les fins connaisseurs du dossier.

Flore, fonge, végétations et habitats, le domaine d’expertise des CBN

La première mission attribuée aux CBN, dont la zone de compétence correspond à « la partie terrestre du territoire d'agrément, comprenant le littoral jusqu'à la zone d'estran incluse [partie du littoral située entre les limites extrêmes des plus hautes et des plus basses marées, ndlr] », est le « développement de la connaissance sur la flore, la fonge [champignons, lichens], les végétations et les habitats, aux échelles territoriales, nationale et biogéographiques ». 
À ce titre, les CBN « participent [par exemple] à l'élaboration et à la mise en œuvre de l'inventaire du patrimoine naturel »  mais aussi « à des programmes de recherche »  et « assurent la gestion de fonds documentaires et iconographiques ainsi que de collections végétales et fongiques ». Ces dernières incluent, outre les herbiers, des séminothèques (graines vivantes), des carpothèques (collection de fruits prélevés dans leur milieu naturel), des xylothèques (échantillons de bois).
Les CBN diffusent, par ailleurs, tout un tas de données : il existe, selon la Fédération des CBN, plus de 20 millions de données d’observation sur la flore.

Un appui aux collectivités pour la conservation et la restauration écologique des habitats

Ils sont aussi, on l’a dit, des interlocuteurs des pouvoirs publics. Leur troisième et quatrième mission consistent, en effet, à « apporter un appui à l'État, aux collectivités territoriales et à leurs groupements, ainsi qu'à leurs établissements, et aux gestionnaires d'espaces, pour la conservation in situ et la restauration écologique des habitats ainsi que du patrimoine végétal et fongique »  et à porter à la connaissance de ces mêmes acteurs publics « les informations nécessaires pour l'élaboration et la mise en œuvre de leurs stratégies et plans d'actions, en particulier pour favoriser la prise en compte des enjeux de préservation et de reconquête de la biodiversité végétale et fongique ».
La communication des CBN est, enfin, tournée vers le grand public. À ce titre, ils « développent et gèrent des outils de vulgarisation, d'information, de sensibilisation, et de mobilisation citoyenne et des acteurs socio-professionnels »  et « constituent un socle de connaissances nécessaires et mobilisables pour des actions de formation initiale et professionnelle ».

(*) L'agrément est accordé pour un territoire constitué d'un ensemble de divisions administratives et dont les limites tiennent compte, le cas échéant, de considérations biogéographiques.

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