Édition du mardi 22 octobre 2019


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Les Français plébiscitent les communes rurales, les grandes villes ne les « font plus rêver »

 

Dans une enquête qui vient « renverser certaines idées reçues concernant la fracture territoriale », les Français disent préférer les communes rurales et les villes moyennes, qu’ils considèrent « bien plus attractives que les grandes villes ». 

Plus de 40 % des Français préféreraient vivre dans une commune rurale ou moyenne
En effet, 45 % d'entre eux répondent qu'ils préféreraient vivre « à la campagne » s’ils avaient le choix, 41% « dans une ville moyenne » et seulement 13 % dans une métropole, selon cette enquête Cevipof/AMF qui a été conduite, du 14 au 26 juin, auprès de 15 308 personnes constituant un échantillon représentatif inscrites sur les listes électorales. Une distribution qui ne varie ni en fonction de l'âge ni du niveau de diplôme, ou seulement à la marge. 
Loin d’être un « choix par défaut », cette préférence se confirme au regard de la proportion « très faible » des habitants des communes de moins de 500 habitants qui rêve de vivre en milieu urbain, et ce quelle que soit la catégorie sociale d’appartenance. « Au sein des classes populaires, 17 % seulement voudraient rejoindre une ville moyenne ou une métropole, contre 22 % de ceux qui appartiennent aux catégories moyennes et 23 % de ceux qui appartiennent aux catégories supérieures », constatent les auteurs de l’enquête qui notent que « la part de ceux qui voudraient rejoindre une métropole est encore plus basse : respectivement 2 %, 4 % et 8 % ».
« Si l’absence de services de proximité en milieu rural est bien confirmée par l’enquête, celle-ci ne produit cependant pas une désaffection pour la campagne », analyse le directeur de recherche au Cevipof/Sciences Po, Luc Rouban, qui observe que « le rural reste très demandé alors que les grandes villes ne font plus rêver et constituent des destinations imposées par leur offre d’emplois ou leurs ressources éducatives ». 
De quoi faire mentir l’idée reçue et le raisonnement qui présentent « les métropoles […] comme des centres qui attirent toutes les convoitises, notamment les jeunes diplômés ouverts sur le monde, alors que le rural ne serait plus qu’un espace de relégation pour des personnes qui n’auraient pas la possibilité d’aller ailleurs ».
Reste que les communes rurales ne sont pas exemptes de défauts. Les enquêtés pointent ainsi « l'absence de transports en commun, l'accès aux services culturels mais aussi à des lieux de sociabilité comme les salons de coiffure ». En revanche, « leur handicap est moindre, comparé à la situation moyenne que l'on observe dans toutes les communes, en matière d'éducation, d'accès aux services de sécurité, mais aussi d'internet haut débit ».

La satisfaction à l’égard des élus plus élevée en milieu rural
Le monde rural reste, là aussi, un espace où la satisfaction à l’égard du maire et de l’équipe municipale est en moyenne « bien supérieure » à ce que l’on observe dans l’espace urbain. C’est là qu’il y est le « plus élevé » alors que le bilan des équipes municipales dans les grandes villes est bien « plus faible ». « La confiance dans le personnel politique évolue en raison inverse de sa proximité », jugent les auteurs de l’enquête. 
« En moyenne, les enquêtés disent avoir tout à fait ou assez confiance en leur maire à proportion de 71 % contre 55 % en leur conseiller départemental, 49 % en leur conseiller régional, 40 % en leur député et 36 % en leur sénateur », rappelle l’enquête. Et si ces moyennes ne varient pas en fonction du nombre d’habitants des communes, la seule exception concerne la confiance accordée au maire. Ainsi, celle-ci varie « de 79 % dans les communes de moins de 500 habitants à 63 % dans les villes de 200 000 habitants et plus ».
En moyenne, les enquêtés accordent leur confiance selon quatre caractéristiques principales : « la morale et la compétence sont les deux dimensions privilégiées suivies par la proximité puis, de loin, par la sensibilité politique ».
Enfin, sans surprise, les habitants restent « fortement attachés » à leur commune avec un niveau similaire dans les communes de moins de 500 habitants (68 %) et celles de 200 000 habitants et plus (70 %). Celles-ci arrivent toutefois toujours en seconde position derrière la France (76 %), mais bien avant les intercommunalités auxquelles « seuls 33 % des enquêtés se disent attachés ».

A.W.

Télécharger l’enquête.

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