Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du vendredi 8 février 2013
Aménagement du territoire

16 propositions sénatoriales « pour agir vraiment contre les déserts médicaux »

Le président du groupe de travail sénatorial sur la présence médicale sur l'ensemble du territoire (1), Jean-Luc Fichet, sénateur du Finistère, promettait des réponses « sans tabou ». Cela s’est vérifié hier lors de la présentation du rapport sénatorial. Au rang des 16 propositions sénatoriales pour lutter contre les déserts médicaux, figure ainsi en premier lieu celle « d'étendre aux médecins le conventionnement sélectif, en fonction de la nature des zones d’installation (zones sur-dotées ou sous-dotées) ». En clair, iI s'agit de réguler leur installation. Une option pourtant rejetée par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Autres mesures de régulation proposées : l’instauration « pour les médecins spécialistes d’une obligation d’exercer, pendant deux ans à la fin de leurs études, dans les hôpitaux des chefs-lieux de départements où le manque de spécialistes est reconnu par les agences régionales de santé », ainsi que l’avertissement adressé d’ores et déjà aux étudiants « que des mesures similaires pourraient être décidées pour les médecins généralistes si, au terme de la présente législature, la situation des inégalités de répartition territoriales des médecins n’a pas évolué positivement ». Pour les sénateurs, l'enjeu est de lutter contre les inégalités dans la répartition actuelle de médecins, les difficultés d'accès aux soins, alors que « les perspectives d'évolution sont inquiétantes », ne laissant « pas espérer d'amélioration spontanée de la situation ». Selon Hervé Maurey, sénateur de l'Eure, rapporteur du groupe de travail, ces « mesures volontaires » se justifient parce que « les politiques mises en place depuis 20 ans, essentiellement incitatives, ne font pas effet ». Or, il est temps de « se soucier enfin exclusivement de l'intérêt général », insiste-t-il, citant les professions d'infirmières, de dentistes, masseurs ou orthophonistes qui sont déjà soumises à une régulation de leur installation. Pour autant, le rapport ne met pas de côté les mesures incitatives ; il en soutient certaines (pour favoriser le regroupement de professionnels en maisons ou pôles de santé) ou appelle à « clarifier et promouvoir les mesures incitatives existantes ». Autre proposition iconoclaste : « lorsque cela est nécessaire », « développer des formes de médecine salariée, en confortant les centres de santé et en mettant en place une offre de soins ambulatoire assurée par des remplaçants salariés dans les zones fragiles ». 
E.S.

(1) créé au sein de la commission développement durable et aménagement du territoire.

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