Maire-info
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Édition du jeudi 31 mars 2022
Sports

Financement du sport : un effort avant tout porté par les communes

Une enquête menée par l'Observatoire du groupe BPCE a été dévoilée hier. Les résultats mettent en lumière le rôle central des communes dans le financement du sport et l'importance de la politique sportive pour les élus. L'occasion également pour le groupe d'annoncer la création d'une enveloppe de crédits bonifiés de 150 millions d'euros pour les infrastructures sportives des collectivités.

Par Lucile Bonnin

Après deux enquêtes consacrées aux rôles des associations et entreprises privées dans l’économie du sport, l’Observatoire du groupe BPCE s’est intéressé au financement du sport par les collectivités territoriales. Les résultats de cette enquête ont été présentés hier sous le titre « Les collectivités locales, premiers financeurs du sport en France » 

« Cette étude met le projecteur sur la place centrale du bloc communal et des départements et régions dans le financement du sport » , explique Alain Tourdjman, directeur "études économiques et prospective" du groupe BPCE. À partir de données chiffrées et d’une étude qualitative menée auprès d’élus en collaboration avec l’Association nationale des élus en charge du sport (Andes), l’économie du sport apparaît comme un axe prioritaire dans les investissements des collectivités territoriales et en particulier des communes. 

Les collectivités contribuent pour 60 % au financement du sport

L’enquête souligne avant tout que, sur l’ensemble du soutien public évalué à 20 milliards d’euros, la contribution émanant des budgets locaux est de l’ordre de 60 % et s’élève à environ 12,5 milliards d’euros par an. Un chiffre notable puisque ce montant correspond presque au double du budget de l’État en la matière. 

Cette forte implication est surtout le fait des communes. Selon les calculs de l’Observatoire BPCE, elles contribuent pour 8 milliards d'euros au financement du sport. C’est d’ailleurs pour elles le deuxième poste d’investissement le plus important, après l’enseignement. 

L’implication des départements et régions est « très clairement un cran en dessous »  car le financement est davantage tourné vers le soutien au sport de plus haut niveau (clubs régionaux & professionnels, aide et formation des athlètes de haut niveau, etc.).

Complémentarité entre communes et intercommunalités

La commune est donc « un acteur central de proximité » . L’intercommunalité apparaît comme « une dimension complémentaire à la commune », explique Alain Tourdjman. C’est en quelque sorte « un relais d’efficacité territoriale »  en terme de construction et gestion des équipements sportifs conséquents, de subventionnement et prestations de services des clubs/associations et d’accueil du public sur les équipements. Elle finance donc « le plus souvent en complément de l’action des municipalités. » 

« L’intercommunalité a un effet d’économie d’échelle important sur les dépenses et les investissements » , indique Alain Tourdjman. L’EPCI est un moyen de monter en gamme en matière d’équipements (piscine, grands stades) car la commune seule ne pourrait pas accéder à ce type d’équipement. »  Un élu témoigne : « Dans les communes de moins de 10 000 habitants, l’accès à une piscine de taille et de qualité suffisante n’est souvent possible que par l’intercommunalité » 

Le sport : une priorité pour les élus 

L’enquête met également en lumière l’importance du sport pour les élus. C’est en effet « un secteur clé pour la politique d’investissement des élus locaux » , notamment à l’échelle municipale. Les dépenses de fonctionnement représentent environ 10 % de leurs dépenses, et celles de l’investissement 15 %. 

Selon l’étude qualitative effectuée auprès de 20 élus du sport et 8 gestionnaires ou constructeurs d’infrastructures sportives, le sport est « un domaine porteur »  qui pousse à maintenir un lien fort avec les associations locales qui sont considérées comme « le destinataire naturel d’aides de toute nature » 

Le sport est aussi un élément tellement structurant de la politique locale qu’il a été observé « un recul limité des dépenses de fonctionnement, notamment dans les zones peu denses »  en 2020 pendant la crise sanitaire. 

Mais l’investissement des élus à cet égard n’empêche pas l’apparition de nouveaux grands enjeux et défis à relever. Les élus interrogés ont d’ailleurs identifié 5 besoins pour le parc des équipements de demain parmi lesquels « la construction de nouvelles installations ex nihilo, la reconstruction, les reconfigurations pour d’autres utilisations, et le rafraichissement d’équipements pour les mêmes usages ».

L’indispensable rénovation 

L’étude pointe pourtant un effort de construction et de rénovation considérable. « Depuis 2005, ont été construits ou rénovés 26 % des équipements actuels du public et 47 % des piscines, 32 % des gymnases ou salles de sport, 24 % des terrains de sport. Depuis 1995, environ 57 % des équipements ont été mis en service ou rénovés. » 

Mais, comme l’indique Alain Tourdjman, « le reste-à-faire est important notamment sur les salles polyvalentes. »  En effet, 32 % des équipements publics construits avant 1985 n’ont pas été réhabilités, soit plus de 80 000 équipements dont 1 800 piscines, 12 000 gymnases et 5 000 salles polyvalentes. 

La transition énergétique apparaît aussi comme l’un des principaux futurs défis pour les infrastructures. « Sur le quart des équipements chauffés en France, plus de la moitié est chauffé au gaz, a ajouté Alain Tourdjman. Depuis 2005, seulement 5 % sont chauffés à l’énergie solaire. »  Vincent Saulnier, secrétaire général de l’Andes, également présent lors de cette conférence de presse, a rappelé que l’association milite sur ce sujet « pour une loi de programmation à destination de la rénovation énergétique du patrimoine sportif. » 

Une enveloppe de 150 millions pour les collectivités 

Cette réunion a aussi été l’occasion pour les Banques populaires, les Caisses d’épargne et le Crédit coopératif d’annoncer la création d’une nouvelle enveloppe -créée avec le concours de la Banque européenne d’investissement (BEI)- de crédits bonifiés de 150 millions d’euros pour les infrastructures sportives des collectivités locales.

« 40 % des infrastructures françaises ont en moyenne au moins 36 ans, rappelle Sophie Debon, directrice "produits et solutions" du groupe BPCE. Cette enveloppe vise donc à proposer aux collectivités locales et établissements publics des financements à taux bonifiés pour des projets compris entre 40 000 euros et 25 millions d’euros » , relatifs à la rénovation ou à l’extension d’infrastructures sportives.

« Au moins un quart des financements de cette nouvelle enveloppe de crédits sera consacré à des projets répondant à un objectif d’action climatique : rénovation énergétique des bâtiments existants, production d’énergie renouvelable liée aux bâtiments ou développement d’infrastructures de transport bas-carbone » , est-il précisé sur le site du groupe. 

Télécharger la présentation de l’étude.
 

 

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