Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 1er octobre 2018
Sécurité

Sapeurs-pompiers : un plan d'action pour favoriser le recrutement

En clôture du 125e congrès des sapeurs-pompiers, qui s’est tenu à Bourg-en-Bresse la semaine dernière, le ministre de l’Intérieur est venu présenter samedi son « plan d’action pour le volontariat », issu du rapport qui lui a été remis en mai dernier sur ce sujet. 37 mesures, dont 19 devraient être mises en œuvre dès le premier semestre 2019, ont été dévoilées.
« Les sapeurs-pompiers volontaires constituent la clef de voûte de notre modèle de sécurité civile », a affirmé Gérard Collomb en préambule de son intervention. Objectif : « stabiliser et pérenniser », puis faire repartir à la hausse le recrutement des sapeurs-pompiers volontaires, qui sont un peu moins de 195 000 aujourd’hui, soit 5 000 de moins qu’il y a dix ans. Ils représentent 79% des effectifs des sapeurs- pompiers de France.
Parmi les principaux objectifs fixés par le ministre, figure celui de féminiser les effectifs des sapeurs-pompiers volontaires (SPV) – les femmes ne représentent que 17 % des effectifs aujourd’hui, et à peine 3 % des postes d’encadrement. Parmi les mesures proposées pour une mise en œuvre dès l’an prochain, on trouve donc « l’adaptation des locaux, des équipements et de l'habillement »  pour faciliter l’engagement des femmes. Un autre objectif prioritaire sera le recrutement dans les quartiers QPV, notamment en « sensibilisant les jeunes de ces quartiers au volontariat »  à travers les conseils citoyens et les médias locaux.
Le ministre souhaite également élargir le recrutement en ne faisant plus de la lutte contre l’incendie « un postulat pour le recrutement » : la formation incendie ne serait plus obligatoire, avec la création d’un « engagement différencié », donnant la possibilité à certains sapeurs- pompiers volontaires de se spécialiser dans la lutte contre l’incendie et d’autres au SUAP (secours d’urgence aux personnes).
Il est également prévu « d’améliorer »  la protection sociale des SPV, avec la « prise en charge financière améliorée des prestations non ou mal remboursées par la Sécurité sociale »  et le fait de « permettre aux Sdis de prendre en charge la couverture sociale des SPV fonctionnaires en cas d’accident de service ». Très attendue par la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, une « initiative »  a été annoncée par Gérard Collomb à l’échelle européenne pour exempter le volontariat de toute application de la directive sur le temps de travail. Il s'agit de « pérenniser et sécuriser juridiquement les principes à la base de l’organisation nationale du volontariat », afin de garantir que les volontaires « puissent continuer à concilier librement leur engagement et leur activité professionnelle ».
L’engagement en tant que SPV va également, dès l’an prochain, devenir « un critère d’accès prioritaire au logement social ».

Réactions mitigées
Ces mesures ont été relativement bien accueillies par les élus départementaux – les départements assument globalement 58% du budget des SDIS (5 milliards d’euros en tout). Olivier Richefou, président du Conseil départemental de la Mayenne et de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours, s’est « réjoui »  dans un communiqué de voir que « l’essentiel des mesures présentées dans le cadre de la mission relative à l’avenir du volontariat »  ont été retenues. Il s’est également félicité « de la prise de position ferme du ministre pour faire évoluer la directive européenne sur le temps de travail afin de faire reconnaitre le modèle français de sécurité civile », et restera « attentif »  quant à la mise en œuvre de ces mesures.
Dominique Busssereau, président de l’Assemblée des départements de France (ADF), était quant à lui intervenu jeudi dans le cadre du congrès. Il a rappelé que la situation financière des départements n’est, à ce jour, « plus tenable ». « Si nous voulons conserver nos capacités de répondre aux demandes de secours, des réformes doivent être engagées », a martelé Dominique Bussereau. Il a également demandé que l’État « poursuive »  son engagement budgétaire dans les Sdis (10 millions d’euros l’an dernier), afin que ceux-ci « retrouvent des marges d’investissement ».
F.L.
Télécharger les mesures du « plan d’action 2019-2021 ».

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