Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 24 octobre 2022
Santé publique

Le gouvernement annonce un plan d'actions pour les urgences pédiatriques

Après un cri d'alerte lancé vendredi dernier par les soignants, le gouvernement a annoncé hier le lancement d'un « plan d'action immédiat » de 150 millions d'euros pour aider les urgences pédiatriques.

Par Lucile Bonnin

« Après 2 semaines seulement d’épidémies hivernales, habituelles et prévisibles, les services de réanimations pédiatriques partout en France sont saturés, les services d’hospitalisation débordent, les soins dits non urgents sont reportés et plus de 15 enfants parisiens ont été transférés hors région, à Reims, Rouen, Amiens, Orléans, alors que leur situation médicale était critique. »  Voilà ce qu’ont dénoncé plus de 4 000 professionnels de la pédiatrie dans une lettre adressée à Emmanuel Macron. 

Alors que l'épidémie de bronchiolite commence plus tôt que les années précédentes, les soignants témoignent d’une « dégradation criante des soins apportés aux enfants qui les met quotidiennement en danger. » 

Face à cette situation inquiétante, le ministre de la Santé François Braun a annoncé la mise en place d’un plan d’actions en deux temps. D’abord, une enveloppe de 150 millions d’euros a été débloquée pour les « services en tension de l'hôpital »  et des Assises de la pédiatrie auront lieu au printemps prochain. 

Plan blanc et aide financière 

Hier, le porte-parole du gouvernement Olivier Véran interrogé sur Cnews a dans un premier temps déclaré le déclenchement « là où c’est nécessaire, [des] fameux ''plans blancs" pour rappeler du personnel supplémentaire et pour avoir une meilleure coopération dans les territoires ». 

Pour rappel, le Plan blanc est un « plan spécifique d’urgence sanitaire et de crise pour planifier la mise en œuvre rapide et rationnelle des moyens indispensables en cas d’afflux de victimes dans un établissement hospitalier. »  Il peut être déclenché par le directeur de l’établissement de santé ou à la demande du préfet du département. 

Une enveloppe de 15 millions d’euros a été débloquée en marge de ces Plans blancs pour répondre à la saturation des services pédiatriques. « Nous allons avoir une analyse beaucoup plus fine au niveau régional de ce qu’il se passe, donner les moyens à la région, discuter avec les professionnels pour voir où les moyens seront les plus efficaces » , a expliqué François Braun sur BFMTV. 

« J’appelle aussi les pédiatres libéraux à venir aider s’ils ont la possibilité à l’hôpital [pour] prendre des gardes, venir travailler la journée, prendre des enfants en consultation » , a ajouté le ministre qui s’est également adressé aux parents en leur conseillant de ne pas aller « systématiquement aux urgences »  mais d’appeler avant le 15 où un médecin « va vous donner la marche à suivre. » 

Ces mesures visent à pallier une situation d’urgence liée notamment à l’épidémie de bronchiolite actuelle mais elles ne répondent pas entièrement à la demande des soignants qui souhaitent la révision du système de santé et la revalorisation de leurs métiers. 

« D’autres lits fermeront dans l’indifférence » 

Les réponses du gouvernement ne calment pas les inquiétudes des soignants. Si François Braun a clairement déclaré vouloir « recruter massivement des soignants et redonner de l’attractivité au métier » , dans les faits les actions restent encore trop faibles pour les professionnels de la pédiatrie. 

Pour « rendre de l’attractivité au métier du soin »  et lui « redonner sa vraie consistance » , une concertation a été annoncée entre le gouvernement et les professionnels de santé dans le cadre des Assises de la pédiatrie au printemps prochain. 

Mais ce calendrier relativement lointain ne répond pas entièrement à l’urgence de la situation. Comme l’ont écrit les soignants au président de la République, « certains d’entre nous partiront, encore, les internes désabusés quitteront l’hôpital dès leur formation terminée, les jeunes infirmier-es changeront de métier, découragés. D’autres lits fermeront dans l’indifférence, la santé des enfants continuera à se dégrader, insidieusement. » 

Interrogé au micro de Franceinfo, Jean-Louis Chabernaud, vice-président du syndicat national des pédiatres en établissements hospitaliers, et pédiatre à Paris a déclaré que si le gouvernement voulait « donner des sous, tant mieux mais ce qu'il faudrait c'est une création d'urgence de lits pour une période jusqu'à un peu près fin décembre. Et il faut augmenter les personnels, tout bonnement ! » 

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