Une augmentation de 17 % des infractions pour outrage sexiste et sexuel constatée en 2025
Par Lucile Bonnin
Sur la seule année 2025, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré 3 900 infractions pour outrage sexiste ou sexuel. C’est ce que pointe la dernière publication du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), dont les auteurs rappellent au passage que ces chiffres sous-estiment largement la réalité, car les faits sont rarement signalés.
Insultes, propos déplacés, gestes obscènes, harcèlement de rue, contacts physiques non consentis : les victimes sont en grande majorité des femmes (90 %). « Les contraventions concernent principalement les 18-29 ans représentant 41 % des victimes, suivis des 30-44 ans (30 %). À l’inverse, les délits touchent davantage les plus jeunes : les moins de 18 ans concentrent 36 % des victimes, devant les 18-29 ans (35 %). Les moins de 15 ans, dont l’âge constitue une circonstance aggravante, représentent 16 % des victimes de délits ».
Si le nombre d’infractions de ce type avait baissé en 2024 – supposément à cause de l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) qui a « pu contribuer à limiter l’action des forces de sécurité intérieure » en la matière – elles ont augmenté de 17 % en 2025. « Au total, sur la période 2019-2025, elles ont progressé de 27 % en moyenne par an » , peut-on lire dans le rapport.
Répartition géographique hétérogène et transports en commun
Les outrages sexistes et sexuels sont majoritairement constatés dans les grandes agglomérations. L’agglomération parisienne atteint par exemple 8,5 infractions pour 100 000 habitants, contre environ 3,2 en zone rurale.
Des écarts existent également entre régions : par exemple 10 infractions pour 100 000 habitants ont été enregistrées dans le Centre-Val de Loire et 8 pour 100 000 habitants en Île-de-France. La moyenne nationale se situe autour de 6 infractions pour 100 000 habitants.
À l’échelle départementale, les taux sont aussi hétérogènes avec des départements où les taux enregistrés sont élevés comme « le Loiret avec 29 infractions pour 100 000 habitants en 2025 et Paris avec 23 infractions ». À l’inverse, plusieurs territoires, notamment en Corse ou outre-mer, présentent des taux faibles, parfois inférieurs à 3.
Les services de sécurité précisent que « ces niveaux ne traduisent pas nécessairement un phénomène plus marqué sur ces territoires » mais peuvent « refléter une volonté locale dans le cadre de la lutte contre ces comportements, portée à la fois par les forces de sécurité intérieure et par les parquets. » « Dans le cadre du Loiret, cela passe par la mobilisation en complément d’autres qualifications pénales de l’infraction d’outrage sexiste et sexuel (« infraction connexe » ). »
On retrouve cependant un dénominateur commun à ces infractions sexistes et sexuelles. En effet, sur le périmètre restreint de la police nationale, « 14 % des outrages sexistes et sexuels enregistrés en 2025 ont été commis dans les transports en commun (métro, bus, tramway, train, autocar), soit environ 200 infractions ».
Rappelons qu’en dehors des infractions pour outrage, en 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été recensées. Alors que l’on incite les citoyens à emprunter plus systématiquement les transports en commun lorsque c’est possible, « les transports doivent rester des espaces où règnent la confiance et la liberté de se déplacer en toute sécurité » , estime l’Union des transports publics, qui a mis à jour un guide pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports (lire Maire info du 16 mars). Pour ce faire, « tous les acteurs doivent être réunis : les opérateurs de transport, les autorités organisatrices de la mobilité, les associations, les pouvoirs publics ».
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