Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 5 février 2007
Responsabilités

Drame du Pourtalès: la ville de Strasbourg jugée pour sa responsabilité

La ville de Strasbourg est jugée à partir de lundi à Strasbourg pour sa responsabilité dans le drame du parc de Pourtalès qui avait fait 13 morts et une centaine de blessés écrasés par un arbre abattu par des vents violents, le 6 juillet 2001 lors d'un concert. Attendu depuis plus de cinq ans par les victimes, le procès se déroule jusqu'au 23 février dans une annexe du tribunal spécialement aménagée. Une centaine de parties civiles défendues par 16 avocats ont annoncé leur présence ainsi que l'Association «Solidarité Pourtalès» qui regroupe quelque 120 membres. La ville de Strasbourg, mise en examen en décembre 2002, comparaîtra en tant que personne morale pour «homicides et blessures involontaires». Elle doit répondre de ses manquements notamment à l'obligation de sécurité qui lui incombait, en tant qu'organisatrice du spectacle. Le soir du 6 juillet 2001, un violent orage accompagné de fortes rafales de vent avait éclaté dans le parc du château de Pourtalès, dans le quartier strasbourgeois de la Robertsau, où quelque 120 personnes étaient venues assister à un concert en plein air. Tandis que le spectacle était interrompu par la pluie, les spectateurs quittaient les gradins pour se réfugier sous une tente où était installée une buvette. Quelques minutes plus tard, vers 22 heures, un platane centenaire d'une quarantaine de mètres de haut et pesant 70 tonnes s'abattait sur la tente, faisant de nombreuses victimes. Le «plan rouge» est déclenché. Arrivés sur place, les secours sont obligés de tronçonner l'arbre déraciné pour dégager certaines victimes prises au piège. Défendue par Me Gérard Alexandre, la Ville rejette le rôle d'organisatrice sur la compagnie de spectacle. Le procès tentera de préciser le rôle des différents services de la ville - notamment la direction des services, la prévention sécurité et les espaces verts - dans la procédure d'information qui aurait dû conduire à l'annulation de la manifestation et permis d'éviter le drame. Plusieurs bulletins d'alerte météorologiques avaient en effet annoncé la veille et le jour même l'arrivée d'un épisode «très orageux» accompagné de fortes rafales de vent, mais ils étaient restés sans suite. Deux expertises ont par ailleurs souligné que l'assise du platane avait certes été fragilisée mais que le parc avait été soigneusement entretenu après la tempête du 26 décembre 1999. L'ancien directeur des espaces verts, Jean-Pierre Triolet, l'ancien chargé de mission auprès de la sécurité civile, Jean-Paul Gillmann, et l'ancien directeur général des services, Alain de Bouteiller, seront tous les trois entendus comme simples témoins. «Pour nous, le seul enjeu de ce procès, c'est de savoir clairement et officiellement pourquoi on n'a pas pensé à nous mettre à l'abri», a déclaré à l'AFP Daniel Rauch, porte-parole de «Solidarité Pourtalès». L'indemnisation des victimes ne sera pas évoquée lors de ce procès. Elle sera réglée ultérieurement par le tribunal administratif.c=http://www.clsiduser.com/

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