La campagne de recensement 2026 commence demain
Par Franck Lemarc
Cela fait plus de 20 ans maintenant que l’Insee a profondément bouleversé ses méthodes de recensement, en passant d’un recensement général tous les 6 à 9 ans à un recensement annuel, dit « tournant », portant sur une partie de la population : l’ensemble des communes de moins de 10 000 habitants ont été réparties en cinq groupes, qui sont intégralement recensées une fois tous les cinq ans ; quant aux communes de plus de 10 000 habitants, elles voient 8 % de leur population – des logements tirés au sort – recensés chaque année.
Plus de 20 000 agents recenseurs, dont des facteurs
Toutes les communes de plus de 10 000 habitants (soit environ un millier) sont donc concernées par le recensement, et précisément 6 786 communes de moins de 10 000 habitants, celles du groupe 3. Les dates précises de la campagne de recensement sont indiquées sur le site de l’Insee : pour les communes de moins de 10 000 habitants, la campagne se déroulera du 15 janvier au 14 février en métropole, aux Antilles et en Guyane, et du 29 janvier au 28 février à La Réunion ; pour les villes de10 000 habitants ou plus, du 15 janvier au 21 février (29 janvier-7 mars à La Réunion). Rappelons qu’à Mayotte, une campagne de recensement intégral a eu lieu l’an dernier, à partir du 27 novembre, et qu’elle s’est achevée le 10 janvier. La campagne 2026 concernera environ 9 millions d’habitants, qui peuvent répondre ou bien en ligne ou bien sur papier.
Comme chaque année, le recensement est réalisé par les communes (ou les EPCI en cas de transfert de la compétence) en partenariat avec l’Insee. Ils emploient pour chaque campagne plus de 20 000 agents recenseurs – agents de la commune ou de l'EPCI ou contractuels recrutés pour l’occasion. Rappelons que depuis un décret du 4 décembre 2024, toutes les communes et EPCI compétents sont autorisés à contractualiser avec des prestataires externes pour assurer les opérations de recensement. Cette évolution permet notamment aux communes de faire appel aux facteurs de La Poste pour effectuer le recensement. La Poste a récemment indiqué que plus de 250 communes ont contractualisé avec elle pour la campagne de 2026.
Nouvelles questions
Cette année, indique l’Insee, le questionnaire adressé aux habitants ne change pas. Il contient toujours, malgré les protestations de certaines organisations dont la Ligue des droits de l’homme, une question sur l’origine des parents. Cette question, bien que « facultative », est jugée dangereuse par ces organisations, dans la mesure où elle leur paraît pouvoir être la base de « statistiques ethniques », qui sont très encadrées en France. La loi informatique et liberté, en effet, dispose qu’il est « interdit de traiter des données à caractère personnel qui révèlent la prétendue origine raciale ou l'origine ethnique », tout comme d’ailleurs les opinions politiques ou religieuses.
L’Insee a introduit cette nouvelle question sur l’origine des parents l’année dernière, en expliquant qu’il s’agit simplement « de rendre compte de la diversité de la population et documenter les questions de mobilités résidentielles entre générations et de ségrégation spatiale », et aussi de « mieux connaître la situation des descendants d’immigrés et mieux analyser les inégalités de situation et les discriminations qui se prolongent au-delà de la première génération ».
Dans un communiqué publié en fin d’année dernière, l’Insee indique qu’environ 20 % des personnes recensées en 2025 n’ont pas répondu à cette question facultative.
Il est à noter que l’an prochain, le questionnaire sera modifié et comprendra de nouvelles questions. Elles porteront sur l’adaptation des logements au changement climatique et à leur accessibilité.
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