Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du vendredi 22 mai 2026
Politique de la ville

Ville et Banlieue prépare une année charnière pour la politique de la ville

Après avoir renouvelé ses instances ce mercredi, l'association de maires Ville et Banlieue a posé les bases de sa feuille de route pour cette année, avec la perspective de l'élection présidentielle de 2027. Ses élus partagent une même résolution, déterminée à ce que la politique de la ville ne soit ni négligée, ni caricaturée ni instrumentalisée. 

Par Emmanuelle Stroesser

Les figures de proue de l’association Ville et Banlieue restent les mêmes : Gilles Leproust, maire d’Allonnes, à la présidence, Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, première vice-présidente, et au secrétariat général Damien Allouch, maire d’Épinay-sous-Sénart. Après avoir renouvelé ses instances, mercredi, l'association a posé les bases de sa feuille de route pour l'année 2026.

Instances réinstallées

Reste que le Conseil d’administration fait place à huit nouveaux élus parmi les 20 élus y siégeant. Parmi lesquels des nouveaux maires : la maire de Schiltigheim (67) (adjointe sortante à la politique de la ville), Nathalie Jampoc-Bertrand, les maires de Sarcelles (95), Bassi Konaté, et de Lormont (33), Philippe Quertinmont. Également des maires réélus : Raphaël Adam, de Nanterre (92), la maire (depuis 2023) de Villiers-le-Bel, Djida Djallali-Techtach, celui de Clichy-sous-Bois (93) - et ancien ministre de la Ville - Olivier Klein. Ainsi que la nouvelle conseillère municipale de Marseille, Anne-Sophie Sidani et le nouvel adjoint à la ville de Paris, Karim Ziady. 

Certains postes restent libres pour laisser le temps à certaines collectivités d’installer leurs nouvelles instances. « Des communes nous ont indiqué leur souhait de continuer à siéger au conseil d’administration malgré le changement de majorité municipale, c’est une preuve de reconnaissance du travail réalisé par notre association », indique Gilles Leproust.

De même, la dizaine des commissions ont été renouvelées, sur la rénovation urbaine, la sécurité, l’image des quartiers ou encore la cohésion des territoires, animée par Driss Ettazoui, vice-président, adjoint au maire d’Evreux, vice-président d’Évreux Portes de Normandie (27). « On doit travailler à la cohésion des territoires entre les bourgs, les cités, les villages et les quartiers pour lutter contre les oppositions et les représentations fantasmées. Et aussi parce que nous rencontrons les mêmes difficultés d’accès aux services, d’enclavement, etc. Cela va donc rester un axe fort, dans la suite du manifeste cosigné avec l’association des maires ruraux de France il y a un an », explique l’élu.

Craintes

Toutes ces commissions vont se réunir d’ici à cet été pour commencer à travailler à un document de propositions à l’intention de l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle. 

Si Gilles Leproust se dit volontiers « optimiste »  quant à la vitalité de l’association, il l’est beaucoup moins sur l’avenir de la politique de la ville. « On a bien besoin de jouer groupé face à la période instable qui s’annonce, avec en ligne de mire la présidentielle de 2027 », ajoute-t-il. Avec une menace directe, clairement pointée par l’association : celle que la politique de la ville ne disparaisse si le Rassemblement national devait l’emporter. 

L’autre cheval de bataille c’est aussi le maintien des financements de la politique de la ville, dans la prochaine loi de finances, a minima. « Ce qui n’est déjà pas lourd », défend Gilles Leproust, qui s’en est inquiété auprès du ministre de la Politique de la ville.

Que ce soit l’Anru 2 ou le futur Anru 3 (que l'exécutif a qualifié d'« Anru 360 »  pour renouvellement urbain à 360°), la suppression des colo-apprenantes, la réduction des budgets Quartiers d’été ou bien encore la mobilisation du droit commun qui fait toujours défaut... Tous ces sujets ont été remis sur la table. 

« Bien sûr qu’on est content de l’annonce d’une suite annoncée du programme de rénovation urbaine, puisqu’on la réclamait, mais il manque encore les moyens de l’Etat pour aller au bout des projets engagés dans l’Anru 2. Nous sommes par ailleurs inquiets d’une dilution d’une Anru 3 si comme il est envisagé elle ne devait plus se concentrer sur les seuls quartiers de la politique de la ville. Bref, nous avons encore beaucoup d’inconnus sur le périmètre, le financement etc. Et nous serons vigilants », conclut-il. 

L’assemblée générale a également été marquée par un moment plus intime, pour marquer le départ de celle qui en a été la déléguée générale ces 17 dernières années, Sylvie Thomas. 

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