À l'international et en France, les communes peuvent agir pour le bien-être des enfants
Par Lucile Bonnin
« La vie des enfants continue d’être bouleversée par les vagues de chaleur, les feux incontrôlés, les sécheresses et les inondations », explique Catherine Russell, directrice générale de l’Unicef, à l’occasion de la publication d'un nouveau rapport consacré aux risques climatiques pour les enfants. « Désormais, la moitié des enfants de la planète font face à au moins trois menaces climatiques conjuguées ayant des répercussions directes sur leur quotidien. »
Les droits de l'enfant sont aujourd'hui menacés par une convergence de crises. À l’échelle mondiale, le réchauffement climatique est une menace directe pour eux. À l’échelle nationale, les droits des enfants à la santé, à l’éducation et surtout à la protection peinent encore parfois à être respectés. Face à ces différentes menaces, les communes peuvent agir à leur niveau.
Coopération décentralisée
Le rapport publié par l’Unicef traitant des aléas climatiques met en évidence plusieurs enjeux qui ouvrent un champ d’action pertinent pour les communes et leurs partenariats de coopération décentralisée (jumelages, fonds de solidarité internationale, appuis techniques entre communes).
L’Unicef appelle bien évidemment les pouvoirs publics à renforcer la résilience climatique des pays mais les auteurs identifient aussi un lien entre vulnérabilité des enfants et solidité des services publics locaux. C’est là que la coopération décentralisée peut entrer en jeu.
Le rapport montre que la vulnérabilité des enfants dépend fortement de la solidité des services publics locaux essentiels. Dans le cadre de partenariats entre collectivités, les communes peuvent contribuer à l'amélioration de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement, par exemple, ou au renforcement des infrastructures scolaires.
« Les pouvoirs publics et les partenaires doivent notamment renforcer la résilience climatique des secteurs clés qui façonnent le quotidien des enfants » , peut-on lire dans le rapport. Concrètement, celui-ci souligne l'importance d'analyses territorialisées des risques afin d'orienter les interventions là où les besoins sont les plus importants.
L’Unicef met aussi en évidence la situation particulièrement difficile de certains pays comme « les petits États insulaires en développement et les pays en développement sans littoral » et ceux où la population d’enfants et de jeunes est très élevée, comme au Bangladesh, en Inde, au Nigéria ou au Pakistan.
Surtout, le rapport insiste sur l’importance de donner « la priorité à l’intérêt supérieur de l’enfant » dans la construction de politiques publiques de résilience climatique. Les partenariats de coopération décentralisée peuvent ainsi aisément intégrer ce conseil. L’Unicef recommande enfin de « donner aux enfants et aux jeunes les moyens d’agir et de participer de manière pertinente à l’action climatique ».
Baromètre des droits de l’enfant
Justement, ce jour, Unicef France a annoncé le lancement de la première édition du « Baromètre des droits de l’enfant ». « Les récentes affaires de violences et d’abus commis contre des enfants, à l’école, dans le périscolaire ou dans d’autres sphères de leur quotidien rappellent l’urgence de mieux recueillir et écouter leur parole », peut-on lire dans le communiqué de presse.
C’est une enquête qu’Unicef France entend mener à travers de Baromètre qui vise avant tout à « recueillir la parole des enfants et des adolescents sur la façon dont ils vivent leurs droits au quotidien ». Concrètement, ce Baromètre des droits de l’enfant propose un questionnaire accessible en ligne à tous les enfants et adolescents âgés de 6 à 18 ans ouvert à partir d’aujourd’hui et accessible jusqu’au 31 mars 2027. Les résultats seront publiés en novembre 2027.
« En ce début de nouvelle mandature municipale, la mise en œuvre du Baromètre des droits de l’enfant constitue un outil précieux de diagnostic initial, permettant de recueillir le ressenti des enfants sur l’application de leurs droits sur leur territoire. Les collectivités engagées dans la démarche Ville amie des enfants (VAE) ou signataires de la Charte Territoires d’enfance pourront également disposer de leurs résultats locaux, afin d’éclairer leurs politiques publiques et orienter leurs actions au plus près des besoins exprimés par les enfants. »
L’Unicef invite les parents et les professionnels de l’enfance « à relayer largement cette enquête et à encourager la participation des enfants ». Les communes et intercommunalités, structures locales, associations et établissements scolaires peuvent devenir des partenaires de ce Baromètre. Pour cela, il suffit de remplir un formulaire d’inscription pour s’engager dans la démarche.
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