Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du mardi 3 juin 2008

Mal logés: seules deux des seize mesures nécessaires répertoriées par un collectif d'associations ont été mises en œuvre par le gouvernement

Un collectif d’associations de défense des mal logés - dont Emmaüs - a publié la première édition d’un «baromètre» évaluant la mise en œuvre du plan d’action du gouvernement en faveur des mal-logés. Pour suivre la mise en place de ce «chantier national prioritaire», le collectif des associations unies a élaboré un tableau de bord de 100 mesures, qui paraîtra tous les trimestres, portant sur quatre domaines: la gouvernance du chantier, les actions de prévention, l’humanisation et la création de nouvelles places d’hébergement, et la mobilisation du parc de logements publics et privés. En janvier dernier, le Premier ministre, recevant les présidents d’associations pour annoncer les engagements du gouvernement en faveur des sans-abri et des personnes mal logées, s’était engagé à prendre des mesures immédiates dans le cadre d’un plan d’actions pluriannuel 2008-2012. Selon le collectif, seules deux des seize mesures répertoriées par le collectif pour améliorer la gouvernance de la politique du logement et de l’hébergement ont été mises en œuvre par le gouvernement dès le début de l’année 2008. Il a fallu, note les associations, cinq mois pour nommer le haut fonctionnaire en charge de piloter ce programme pourtant décrété comme prioritaire et il n’a pas été possible d’attribuer les 250 millions d’euros de crédits débloqués en urgence pour l’année 2008. Alors que les associations proposent une garantie mutuelle et universelle, le rapport remis le 9 avril aux ministres du Logement et de l’Economie défend, selon elles, un système à double vitesse en limitant la garantie des risques locatifs (GRL) aux populations les plus fragiles. «Pour être efficace économiquement et juste socialement, le collectif préconise que la GRL doit s’appliquer à tous les bailleurs et à tous les publics», notent-elles. Pour tenter de répondre à l’urgence, le gouvernement s’était engagé à mener sans attendre des opérations «coup de poing» pour mobiliser immédiatement du foncier public et construire des places d’hébergement manquantes. Dans le même temps, des diagnostics départementaux devaient être conduits sous l’autorité des préfets. Sur le premier point, aucun moyen n’aurait été mobilisé pour mener ces opérations avant l’hiver prochain et sur le deuxième, il semble que des réunions de consultation aient été organisées. Enfin, relèvent encore les associations, 730 communes soumises à l’obligation de construire 20% de logements sociaux n’ont pas atteint les objectifs qui leur ont été fixés par la loi et, parmi elles, une sur dix n’a pas financé un seul logement social. Elles soulignent que le gouvernement s’est engagé à publier tous les constats de carence dressés systématiquement dans toutes les communes concernées. Pour télécharger le baromètre et le «tableau de bord des 100 mesures», voir lien ci-dessous.

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