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Édition du vendredi 6 mars 2026
Logement

Logements anciens : après plus de deux ans de crise, le marché de l'immobilier montre des signes de reprise

Alors que la baisse était continue depuis le printemps 2022, le nombre de transactions immobilières dans l'ancien a augmenté de 12,5 % en 2025 par rapport à l'année précédente, selon le dernier indice des prix dans l'immobilier ancien publié par l'Insee.

Par A.W.

Des transactions et des prix en hausse. C’est ce que révèle le dernier indice Notaires-Insee de référence des prix dans l’immobilier ancien, publié la semaine dernière. Celui-ci laisse ainsi apparaître des signes de reprise, alors que la brusque remontée des taux d'intérêt en 2022 a bloqué les projets d'achat de nombreux ménages français et provoqué un coup d'arrêt du marché immobilier, neuf comme ancien.

Hausse des transactions de 12,5 %

« Le volume annuel de transactions poursuit sa hausse entamée en octobre 2024, après une baisse continue depuis la fin avril 2022 », soulignent ainsi les auteurs de l’étude. Résultat, le nombre de transactions dans l’ancien réalisées en 2025 a connu une nette progression de 12,5 % par rapport à 2024, pour atteindre 951 000 ventes en décembre 2025, par rapport à l’année précédente. 

Fin septembre, le nombre de ventes réalisées sur les 12 derniers mois était encore estimé à 926 000 et à 907 000 fin juin. Un frémissement du marché immobilier qui permet donc de renouer avec des niveaux de transactions observés en 2017.

En outre, l'Institut qui précise que « les ventes représentent 2,5 % du stock de logements : cette part augmente depuis cinq trimestres, mais reste nettement inférieure à son point haut du troisième trimestre 2021 (3,3 %) ». Elle se rapporche ainsi du niveau des années 2000, avant la crise économique de 2008.

Les appartements devant les maisons

En parallèle, l'Insee confirme un rebond des prix des logements anciens de 1,1% en 2025. Plus précisément, ils ont augmenté de 1,5 % pour les appartements et de 0,8 % pour les maisons.

Dans le détail, les régions non franciliennes ont vu les prix de l'immobilier ancien croître de 1,2 % l'année passée, avec une hausse plus marquée pour les appartements (+ 1,7 %) que pour les maisons (+ 1 %). C’est la Provence-Alpes-Côte-d'Azur qui tire le mieux son épingle du jeu (+ 1,8%), devant les Hauts-de-France (+ 1,6%) et Auvergne-Rhône-Alpes (+ 1,2%).

En Ile-de-France, cette progression est plus mesurée avec des prix des logements anciens qui ont augmenté de 0,7 %, en particulier ceux des appartements qui ont crû de 1,2 %, tandis que la valeur des maisons vendues a, quant à elle, diminué de 0,4 %.

Phase de « normalisation » 

Bien qu’en hausse de 13 % en un an, l'activité reste cependant « historiquement basse »  en Ile-de-France, rappellent les notaires du Grand Paris, dans un bilan paru le même jour que la note de l’Insee. Ils considèrent ainsi que cette reprise est « mesurée »  dans « un marché en voie de normalisation ». « Avec près de 125 000 transactions réalisées en 2025, le marché francilien des logements anciens s’inscrit dans une dynamique de reprise progressive », expliquent-ils, jugeant que « 2026 devrait s’inscrire dans la continuité de 2025 ».

« Le marché entre dans une phase d’atterrissage et de normalisation marquée par une adaptation progressive des vendeurs, des acquéreurs et des professionnels aux nouvelles conditions économiques et financières », constatent-ils.

Pour les notaires franciliens, « l’année 2025 semble marquée par le retour des primo-accédants, notamment ceux disposant d’un apport personnel ou d’une aide familiale, qui sont aujourd’hui en capacité d’accéder à la propriété ». En parallèle, « la reprise des prêts relais en fin d’année a également encouragé les secundo-accédants », mais les investisseurs particuliers sont, eux, « restés en retrait ».

Alors que le gouvernement a décidé de mettre en place un « statut du bailleur privé »  d'incitation à l'investissement locatif, on voit que le logement est devenu un thème incontournable des élections municipales. D’autant que plus de 70 % des électeurs assurent qu'ils tiendront compte, dans leur vote aux municipales, des propositions des candidats en la matière. Une étude récente a d’ailleurs montré que l'adage qui veut qu'un maire bâtisseur soit forcément battu aux élections est loin d'être aussi vrai qu'on le pensait. 

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