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Édition du mercredi 28 janvier 2026
Logement

Logement : les locataires « moins bien lotis » que les propriétaires, selon une enquête de l'Insee

Près d'un locataire sur cinq vit dans un logement surpeuplé, contre moins de 3 % des propriétaires, selon l'Institut. Les couples avec trois enfants ou plus, les familles monoparentales et les jeunes sont les plus touchés par ce phénomène qui touche essentiellement les grands centres urbains.

Par A.W.

Des locataires qui vivent dans des logements plus petits que les propriétaires, plus souvent surpeuplés, avec davantage de défauts. C’est ce que constate, sans grande surprise, l’Insee dans sa dernière enquête « logement ».

Publiée la semaine passée et réalisée sur 26 500 ménages entre 2023 et 2024, cette nouvelle étude recense 57 % des ménages qui étaient propriétaires de leur résidence principale et 40 % locataires en 2024 (les ménages restants étant logés gratuitement, le plus souvent par un membre de leur famille). Parmi l’ensemble des ménages, 23 % d’entre eux étaient locataires dans le parc privé et 17 % dans le parc social. Des proportions restées « globalement stables »  sur les dix dernières années.

Les couples plus souvent propriétaires

Outre le fait que la part de propriétaires augmente progressivement avec l’âge (jusqu’à atteindre 76 % des 75 ans ou plus), les auteurs de l’étude observent que les personnes vivant en couple sont « nettement plus souvent propriétaires »  (71 % des couples ayant un ou deux enfants sont ainsi propriétaires, contre 56 % pour ceux ayant trois enfants ou plus) par rapport aux autres types de ménages. 

À l’inverse, les familles monoparentales – qui ont en moyenne des revenus plus faibles – ne sont que 37 % à être propriétaires et sont plus souvent locataires du parc social (36 %, contre 17 % de l’ensemble des ménages). Les personnes seules sont celles dont la part de propriétaires reste la plus faible (33 %), celles-ci étant plus souvent locataires dans le parc privé (42 %, contre 23 % de l’ensemble des ménages).

Globalement, l’Insee constate, là aussi sans grande surprise, que les propriétaires ont des logements en moyenne plus grands que les locataires, qu’ils vivent dans une maison ou dans un appartement (avec une surface moyenne de 92,5 m² en 2024, en hausse de 2 m² par rapport à 2013).  

Un logement surpeuplé pour 9 % des ménages

Reste que les auteurs de l’enquête relèvent que 9 % des ménages vivent toujours dans un logement surpeuplé, c’est-à-dire que leur logement comporte moins de pièces que le nombre de pièces qui leur serait théoriquement nécessaire (par exemple, 3 pièces pour un couple avec deux enfants de moins de 7 ans) ou qu’ils disposent de moins de 18 m² par personne. 

Ce sont les locataires (17,8 %), les couples avec trois enfants ou plus (43 %), les familles monoparentales (19 %) et les jeunes qui vivent « le plus souvent »  dans des logements surpeuplés, contre seulement 2,9 % des propriétaires. Un phénomène qui touche essentiellement les grands centres urbains.

Par ailleurs, les locataires, qu’ils soient du parc privé ou du parc social, déclarent plus souvent des défauts dans leur logement que les propriétaires. Plus de 40 % des locataires déclarent ainsi rencontrer des difficultés à chauffer leur logement (ou qu’il est trop coûteux à chauffer), bien que 26 % des propriétaires éprouvent également ce type de difficultés. De la même manière, 37 % des locataires rencontrent des difficultés à le rafraîchir l’été, contre 19 % des propriétaires. 

Des propositions pour lutter contre la crise

Alors que la crise du logement frappe le pays, le groupe de réflexion Terra Nova vient de publier une note dans laquelle il propose une série de mesures pour tenter de remédier à cette situation.

Il pointe notamment la part des ménages pauvres et modestes dans les projets d’accession qui est « en baisse depuis plusieurs années ». Pour ces ménages, le cercle de réflexion propose de créer « un régime social d’accession partielle à la propriété, selon l’exemple britannique »  qui serait « nettement ciblé en termes de revenu ». Celui-ci serait « calqué sur le modèle du shared-ownership, avec fractionnement de la propriété (sur le modèle du BRS, le bail réel solidaire), nettement moins coûteux en aides publiques que les BRS et les PSLA », le Prêt social location-accession. « Il permettrait aux bénéficiaires d’augmenter à leur rythme leur part de propriété et pourrait être réversible », explique l’étude.

Terra Nova sugère aussi de développer des coopératives de logement afin de « développer une offre de logements abordables », recommande de supprimer la réduction de loyer de solidarité (RLS) pour les bailleurs sociaux et préconise l'instauration d'un statut fiscal du bailleur privé, mesure qui a été retenue par le gouvernement dans sa copie finale.

Le gouvernement vient d’annoncer, de son côté, la création de « zones à bâtir d'urgence »  pour permettre aux maires de construire plus vite, dans le cadre du lancement d'un plan « Relance logement »  visant à la construction de 2 millions de logements en quatre ans. 

Un objectif calqué sur celui fixé par les sénateurs dans leur proposition de loi « Choc »  qu’ils viennent de valider et avec laquelle ils comptent assouplir la loi SRU et accorder un droit d'opposition motivé aux maires dans les attributions de logements sociaux.
 

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