Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du lundi 25 juin 2001

Les collectivités et les élus doivent être partie prenante car il "est urgent que la collectivité s'interroge sur ce qu'elle veut vraiment en matière d'intégration des plus fragiles, qu'ils soient immigrés ou non", estime Michel Delebarre

Le monde du logement social doit évoluer, s'adapter aux enjeux actuels de la société et dans un nouveau "contrat social" avec l'ensemble des acteurs (Etat, collectivités...) pour assurer sa survie, a indiqué, dimanche, Michel Delebarre, président de l'Union HLM, lors de la clôture du 62e Congrès annuel de l'organisation. "Le logement social est à un tournant de son histoire", a estimé Michel Delebarre. Il doit profiter des grands débats actuels sur la politique de la ville, et des projets d'urbanisme, pour s'engager dans de nouveaux défis et démontrer qu'il est incontournable, a souhaité Michel Delebarre devant les 3 000 congressistes réunis depuis jeudi à Toulouse. Depuis deux ans et demi à la tête du mouvement HLM, qui gère 3,7 millions de logements sociaux abritant 13 millions de personnes, Michel Delebarre a tenu un discours incisif, un brin accusateur envers les organismes qui refusent de s'adapter. "Si les organismes ne bougent pas, alors nous pourrions avoir un doute sur la durabilité de l'Union", a-t-il averti. Pour Michel Delebarre, le mouvement du logement social doit s'engager plus fortement dans les opérations de démolition-reconstruction, enjeu majeur de la politique de la ville. Il doit également développer l'accession sociale à la propriété, participer plus efficacement aux grandes politiques urbaines de l'habitat et répondre davantage aux enjeux de solidarité et de cohésion sociale. Tous ces thèmes doivent faire l'objet d'un nouveau contrat social qui sera présenté prochainement au gouvernement, a-t-il indiqué. Le renouvellement urbain, avec son corollaire démolition-reconstruction, a fait l'objet d'une attention toute particulière de l'ensemble des intervenants du congrès. Marie-Noëlle Lienemann, secrétaire d'Etat au Logement, a promis 500 millions de francs aux HLM pour s'engager en profondeur dans ces opérations et "casser les ghettos". Réussir ces programmes qui vont améliorer la ville - un tiers du parc de l'habitat social, soit environ 1,3 million de logements, est considéré comme obsolète - est un élément clé du contrat social, a souligné Michel Delebarre. Selon lui, le climat est propice avant les prochaines élections présidentielles, dont un des mots d'ordre sera le cadre de vie des Français. Pour autant, le président de l'Union est resté réaliste, prévenant les organismes qu'"il faudra mettre la main à la poche". Ces opérations sont en effet extrêmement coûteuses et le monde HLM demande plus de fonds pour les démolitions qui entraînent des pertes sèches dans leur compte. L'accueil envers les plus démunis est un autre grand thème à intégrer dans le nouveau contrat social, a ajouté Michel Delebarre. Les collectivités et les élus doivent être partie prenante car il "est urgent que la collectivité s'interroge sur ce qu'elle veut vraiment en matière d'intégration des plus fragiles, qu'ils soient immigrés ou non". Pour atteindre ces objectifs, Michel Delebarre, ardent défenseur de la décentralisation, a rappelé que la réussite de l'évolution des HLM dépendra certes de leur propre capacité à s'adapter, mais également de la capacité de l'Etat à mettre en œuvre des politiques de logement très décentralisées. "L'Etat doit fixer le cadre national de la politique du logement mais, grâce aux nouvelles lois sur les territoires, des décisions peuvent être désormais prises de manière décentralisée", a-t-il dit. c

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