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Édition du jeudi 7 septembre 2023
Social

Le Secours populaire constate une augmentation particulièrement alarmante de la pauvreté

Une enquête réalisée par l'institut Ipsos et le Secours populaire montre une aggravation très préoccupante de la pauvreté, liée à la crise inflationniste, qui conduit le Secours populaire à parler « d'alerte rouge ». 

Par Franck Lemarc

« La situation des Français continue d’empirer en 2023 après une année 2022 déjà marquée par une forte dégradation », écrit le Secours populaire. L’enquête Ipsos, réalisée en juin dernier auprès d’un millier de personnes, montre les conséquences de « la hausse violente des prix »  sur le quotidien des Français. 

Alimentation et énergie

Cette situation se traduit d’abord par « des privations » : presque un sondé sur deux (46 %) se dit dans « l’incapacité totale ou partielle de payer certains actes médicaux », et donc dans l’obligation d’y renoncer. Le nombre de personnes qui renoncent totalement ou partiellement à acheter des fruits ou des légumes frais augmente de six points par rapport à l’enquête de l’an dernier, et 32 % des sondés se disent « dans l’incapacité de se procurer une alimentation saine en quantité suffisante pour manger trois repas par jour ». Le Secours populaire rappelle que les prix alimentaires ont augmenté de 21 % en deux ans, et que les achats alimentaires des Français, selon l’Insee, ont reculé de 11,4 % entre 2021 et le deuxième trimestre 2023. 

L’énergie est évidemment le deuxième « énorme point noir » : alors qu’en 2020, 25 % des ménages sondés avaient des difficultés à payer leurs factures d’énergie, ce chiffre a bondi à 45 % cette année. 

Seuil de pauvreté subjectif

L’enquête fait un focus sur les 12 % de ménages dont les revenus sont inférieurs à 1 200 euros net par mois. Pour eux, les privations atteignent un niveau particulièrement préoccupant : 63 % d’entre eux ont du mal à payer les actes médicaux, par exemple. 

L’enquête annuelle permet d’interroger les Français sur ce que le Secours populaire appelle « le seuil de pauvreté subjectif ». Il est demandé aux sondés de dire à partir de quel seuil ils estiment qu’une personne n’est plus en mesure d’assumer « ses dépenses nécessaires pour participer à la vie sociale ». Les réponses donnent cette année, en moyenne, la somme de 1 377 euros net par mois. C’est 114 euros de plus que l’année dernière, « soit la plus forte hausse de cet indicateur depuis la création du baromètre ». Ce chiffre de 1 377 euros se situe à 6 euros seulement sous la valeur du smic net. Autrement dit, les sondés considèrent aujourd’hui qu’une personne au smic se situe à peine au-dessus du seuil de pauvreté. 

Solidarité

Au moment où les associations caritatives (Restos du cœur et Croix-Rouge notamment) font état de difficultés budgétaires vitales, face à l’afflux inédit de personnes ayant besoin d’être aidées, le Secours populaire note que les Français, y compris les plus modestes, font toujours preuve de « solidarité ». « Loin des appels au repli sur soi qui résonnent dans le débat public, écrit le Secours populaire, plus des deux tiers des personnes interrogées (67 %) se disent prêtes à s’impliquer personnellement pour aider les personnes en situation de précarité, un chiffre en hausse de 2 points en un an. » 

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