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Édition du lundi 12 avril 2021
Coronavirus

Le premier confinement a dégradé la situation financière d'un quart des ménages

Un quart des personnes de plus de 15 ans estime que la situation financière de leur ménage s'est dégradée pendant le premier confinement. Mais la situation est très contrastée d'un territoire à l'autre, relève l'Insee dans une enquête publiée ces derniers jours. 

Par F.L.

L’enquête de l’Insee ne concerne que le premier confinement, c’est-à-dire la période du 17 mars au 11 mai 2020. Il y a hélas fort à parier que depuis, la situation a continué de se dégrader – l’Insee mettra d’ailleurs à jour ces données régulièrement.

Les plus précaires davantage touchés

La part des personnes estimant que leur situation financière s’est dégradée varie fortement d’un département à l’autre : elle va de plus d’un tiers (34 %) en Seine-Saint-Denis à moins d’un cinquième dans l’Aveyron, les Deux-Sèvres, le Finistère ou l’Orne (entre 17 et 18 %). Cette part s’élève à 25 % ou plus en Haute-Corse, Guadeloupe, Seine-et-Marne, Val-de-Marne, Alpes-Maritimes et Bouches-du-Rhône.
Les résultats varient aussi en fonction de l’âge : les retraités sont, de loin, les moins touchés économiquement par la crise, puisque seuls 6 % d’entre eux déclarent que leur situation financière s’est dégradée. Ce sont donc les départements où il y a le moins de retraités qui ont été les plus durement touchés. 
Ce sont les plus pauvres qui ont été les plus impactés : « La situation financière se dégrade d'autant plus que le niveau de vie était faible avant le confinement », constate l’Insee. Parmi les 10 % les plus pauvres du pays, 35 % déclarent une situation financière dégradée, contre 17 % chez les 10 % les plus aisés. 

Chômage partiel et télétravail

Le chômage partiel, même s’il a constitué un filet de sécurité qui a permis à des millions de salariés de ne pas sombrer dans la misère, a tout de même représenté une baisse de revenus, parce que le chômage partiel ne correspond que rarement à 100 % du salaire normal. La baisse de niveau de vie constatée pendant le confinement est donc corrélée aux départements où le taux de recours au chômage partiel a été le plus fort. C’est le cas par exemple de l’Aisne, des Ardennes ou de la Seine-Saint-Denis. 
Dans les départements non ruraux mais moins industriels – comme Paris ou les Hauts-de-Seine par exemple – l’Insee constate que la situation financière des actifs s’est moins dégradée qu’ailleurs, grâce à un recours plus fréquent au télétravail : à Paris, au moment où l’enquête a eu lieu, 65 % des personnes interrogées travaillaient en télétravail intégral, et 60 % dans les Hauts-de-Seine – à comparer à l’Orne, par exemple, où ce chiffre était de 8 %. 

Régions touristiques plus touchées

Enfin, l’Insee constate que logiquement, les départements très touristiques ont pris la crise de plein fouet : la dégradation de la situation financière des ménages y est systématiquement au-dessus de la moyenne nationale. Dans les Alpes-Maritime ou le Var, le recours au chômage partiel frôle les 20 % des actifs. En Savoie et en Haute-Savoie, où les stations de ski ont été fermées, c’est un tiers des actifs qui déclare avoir vu sa situation financière se dégrader. 
Cette enquête – qui n’est donc qu’une première vague – a été effectuée sur un échantillon considérable de quelque 135 000 personnes, dans le cadre de l’enquête ÉpiCov (épidémiologie et conditions de vie) diligentée par la Drees, l’Inserm, Santé publique France et l’Insee. 

Télécharger la synthèse de l’enquête.

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