Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mercredi 24 juin 2015
Emploi

Première cartographie des missions locales

La Dares a publié la semaine dernière un document intéressant, le premier Atlas des missions locales. On mesure l'ampleur de la tâche en parcourant les 23 fiches régionales de ce document qui permettent d'entrer, région par région, plus finement dans les « zones de couvertures »  de ces missions locales (siège, antennes et autres permanences d’accueil). La zone de couverture correspond au regroupement des communes qui apportent un financement à une mission locale.
Chaque fiche régionale donne des indications sur la part des jeunes fréquentant les missions locales, l'emploi par secteurs d'activité, l'activité et l'emploi des jeunes, l'organisation territoriale, les effectifs et l'activité des missions locales (notamment le nombre de jeunes reçus en entretien individuel, leur niveau de formation).
Cet Atlas « permet ainsi d’apprécier toute la variété des situations locales dans chaque région et entre les régions, commente la DARES. Le nombre, la taille et la forme des zones de couvertures des missions locales varient selon les régions, la présence ou non de grandes métropoles, leur caractère plutôt rural ou urbain et selon leur relief ». En moyenne, en métropole, les régions comptent « entre 10 et 30 missions locales », à l'exception de l'Ile-de-France et de Rhône-Alpes (76 et 47 missions). A l'inverse, la Corse et le Limousin, les deux régions les moins peuplées, en comptent seulement 4 et 6.
On apprend, par ailleurs, qu'en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où le taux de chômage des jeunes - 26%, voire 30% à Marseille - est nettement supérieur à la moyenne nationale, les jeunes suivis par les missions locales sont « un peu plus souvent des mineurs ou des résidents de zones urbaines sensibles qu’à l’échelle métropolitaine ». Fin 2013, environ 11 500 jeunes y étaient suivis dans le cadre d’un contrat d’insertion dans la vie sociale (Civis). En Rhône Alpes, où, à l'inverse, le taux de chômage des jeunes (20,4 %) est le deuxième plus faible en métropole (après celui des Pays de la Loire), le réseau des missions locales se démarque pour être le deuxième réseau « le plus dense »  de métropole (après celui de l’Ile-de-France). Dans des régions d’outre-mer, comme en Guadeloupe et en Martinique, les jeunes qui fréquentent les missions sont moins souvent mineurs et plus souvent diplômés qu'en métropole.
En 2013, les missions locales ont reçu en entretien individuel 1 200 000 jeunes « pour les orienter et les aider dans leurs démarches de recherche d’emploi mais aussi leurs démarches sociales ». En avril, près de 805 700 jeunes de moins de 25 ans étaient au chômage.
En 1981, le rapport Schwarz « préconisait la création d'un réseau de structures locales pour l'accompagnement des jeunes face à l'augmentation du chômage des jeunes non diplômés », et donnait naissance au réseau des PAIO (permanences d'accueil, d'information et d'orientation) et missions locales. Depuis, celui-ci a fortement évolué. Déjà pour s'implanter, progressivement mailler tout le territoire, puis se restructurer avec, dans les années 2000, le regroupement des PAIO (centrées sur l'orientation vers la formation pour les 16/18 ans) en missions locales (dont l'action s'étend à l'insertion sociale et professionnelle des 18/25 ans). Aujourd'hui, il n'existe plus qu'une PAIO et près de 446 missions locales. « La quasi totalité des communes sont couvertes », autrement dit, « participent à leur financement ». Comme le rappelle le document, « la présidence des missions locales leur revient de droit et elles doivent assurer au moins 50 % du financement des structures ».
E.S.

Télécharger l’atlas.





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