Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mercredi 11 février 2026
Elections municipales

Élections municipales : comment les électeurs perçoivent-ils la gestion financière de leurs communes ?

La deuxième vague du baromètre de la campagne des municipales 2026 OpinionWay-SFIL pour Les Échos et Radio Classique vient d'être publiée. Les résultats soulignent encore et toujours un grand intérêt pour ce rendez-vous démocratique, avec des attentes parfois contradictoires notamment au niveau financier.

Par Lucile Bonnin

À quelques semaines des élections municipales, les sondages se multiplient. En début de semaine par exemple, les résultats d’une enquête menée par le Sens du service public, la Casden et la Fondation Jean-Jaurès ont été dévoilés. Ils montraient notamment que le retour de la taxe d’habitation est souhaité par quatre Français sur dix dans le but d’améliorer les services publics locaux (lire Maire info d’hier).

Hier, une nouvelle enquête a été dévoilée par Les Échos et Radio Classique. Elle a été menée à la fin du mois de janvier auprès d’un échantillon de 3 460 personnes inscrites sur les listes électorales.

Les résultats démontrent une fois encore un intérêt important pour la campagne des élections municipales avec des citoyens beaucoup plus sensibles aux enjeux de leur commune qu’aux enjeux nationaux. Surtout, la majorité des sondés se déclarent satisfaits de la gestion financière de leur commune et porteront une attention particulière aux impôts locaux dans leurs choix de vote en mars prochain.

Une situation nationale qui pèse mais des intérêts locaux qui dominent 

Dévoilée en juillet 2025, une enquête du Cevipof pour l'AMF a montré que malgré les turbulences politiques qui ont touché le pays ces dernières années, 69 % des Français continuent d’accorder leur confiance aux maires, un élu en première ligne qui ne cesse d’apparaître comme une balise dans un océan de défiance (lire Maire info du 2 juillet)

Cette confiance qu’accordent les citoyens au maire se retrouve dans les résultats de ce nouveau sondage.
63 % des électeurs déclarent que la situation nationale aura un poids – autrement dit, une influence sur leur vote – lors des élections municipales. Ce poids a un impact sur « les enjeux qui compteront le plus »  dans les votes citoyens. Ces enjeux sont à 57 % la sécurité, 49 % le cadre de vie et l’environnement, à 43 % les impôts locaux et à 42 % la propreté.

Mais un résultat apparaît très clair lorsque l’on s’intéresse à l’arbitrage entre les enjeux nationaux et locaux dans le vote lors des élections municipales. Les citoyens seront 74 % à voter en fonction des enjeux de la commune plutôt qu’en fonction des enjeux nationaux. C’est surtout le cas dans les petites communes de moins de 20 000 habitants. Ainsi les électeurs semblent vouloir voter avant tout pour un programme (52 %), puis à partir d’un bilan (22 %), puis en fonction de la personnalité du maire candidat (14 %) et enfin en fonction d’une étiquette politique (11 %). 

Impôts locaux et dépenses des communes 

Une partie de l’enquête porte sur la gestion financière des communes. Parmi les sondés, 70 % considèrent que la gestion financière de la commune a été bien réalisée au cours du dernier mandat. À l’inverse, 21 % des sondés dénoncent un « plutôt mauvais travail »  et 8 % un « très mauvais travail ». 

Rappelons que la période 2020-2026 n’a pas été de tout repos pour les équipes municipales élues pendant le premier confinement en France lié au covid-19. Financièrement, la situation a été aggravée par l’inflation, les guerres, la crise énergétique, l’instabilité politique nationale et un déficit public national qui n’a cessé d’augmenter. Ce satisfecit de la part des citoyens est d’autant plus remarquable.

Cependant, l’enquête montre aussi un autre pan de l’opinion publique. Pour 65 % des électeurs, les communes doivent réduire leurs dépenses « pour participer à la réduction du déficit public de la France » . Il faut souligner que cette opinion est davantage partagée dans les grandes villes mais qu’elle est transpartisane. 

Pourtant, du côté de l’Association des maires de France on dénonce « un budget sans cohérence ni visibilité pour les collectivités locales »  qui sont une nouvelle fois « appelées à continuer de contribuer au « redressement des comptes publics », ce qu'elles font depuis plus de 15 ans, via des prélèvements forcés ou des privations de recettes, sans que pour autant aucun redressement des comptes publics ne soit constaté ». Les moyens des communes pour agir se sont réduit progressivement « comme peau de chagrin », comme le rappelle depuis plusieurs années André Laignel, vice-président de l’AMF.

Surtout que, de l’autre côté, les citoyens vont, selon le résultat de l’étude, voter en partie en fonction des impôts locaux proposés par les équipes candidates (taxe d’ordures ménagères, taxe foncière, taxe d'habitation sur les résidences secondaires…). Dans les communes de moins de 2 000 habitants et dans celles de moins de 20 000 habitants, 46 % des électeurs estiment que les impôts locaux sont déterminants pour accorder leurs voix. Face à des citoyens de plus en plus exigeants et intéressés par la vie politique locale, le défi à relever pour les nouvelles équipes issues des élections municipales de mars prochain sera de taille et alors que la fonction de maire ressemble de plus en plus à celle d’un équilibriste.

Consulter l'enquête en entier. 

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