Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du jeudi 12 mars 2026
Elections municipales

Environ 360 000 électeurs européens inscrits pour les élections municipales, dont 6 400 sont candidats

L'Insee a publié un focus sur le corps électoral qui va se rendre aux urnes dimanche prochain pour élire les conseillers municipaux. Maire info a croisé ces données avec celles des listes de candidats. Décryptage.

Par Franck Lemarc

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Le corps électoral augmente, en France, deux fois plus vite que la population. C’est la première conclusion que l’on peut tirer de l’étude publiée hier par l’Insee sur le corps électoral à la veille des élections municipales.

Inscription d’office

En effet, l’Insee indique qu’il y a aujourd’hui (toutes listes confondues), 50,2 millions d’électeurs inscrits en France, contre 47,1 millions en 2019 – soit une augmentation de plus de 6 %. Or si l’on compare aux chiffres de population sur la même période, on constate que le nombre d’habitants n’a, dans le même temps, augmenté que de 3 %. 95 % des Français en âge de voter sont désormais inscrits, indique l’Insee.

Autrement dit, les citoyens s’inscrivent de plus en plus sur les listes électorales. C’est à la fois le résultat de la réforme, initiée en 1997, permettant l’inscription d’office de tous les jeunes à 18 ans, qui a conduit à ce que 100 % des jeunes de 18 à 24 ans sont inscrits sur une liste électorale. Pour les autres générations, le taux oscille, selon les tranches d’âge, entre 92 et 94 %. Une autre explication à cette augmentation du nombre d’inscrits tient à la mise en place du répertoire électoral unique et à la dématérialisation des procédures, qui a grandement facilité l’inscription. 

Les différentes listes électorales

Dans le détail, il faut noter que les 50,2 millions d’électeurs inscrits ne vont pas tous participer aux élections municipales : le corps électoral pour ce scrutin est un peu inférieur (48,7 millions d’électeurs). En effet, le chiffre de 50,2 millions inclut toutes les listes : listes communales principales, listes communales complémentaires (celle ouvrant le droit à voter aux municipales et celle réservée aux élections européennes), ainsi que les listes consulaires et les listes spéciales de la Nouvelle-Calédonie.

Les quelque 1,7 million de personnes inscrites sur les listes consulaires, par exemple, n’ont pas le droit de voter aux élections municipales.

Depuis les dernières élections (les européennes et législatives de 2024), près de 850 000 électeurs supplémentaires figurent sur les listes. C’est la différence entre les 5,7 millions d’électeurs supplémentaires et les 4,8 millions d’électeurs en moins. Les premiers (électeurs supplémentaires) sont les citoyens ayant atteint l’âge de 18 ans (1,4 million) et les inscriptions volontaires (4,1 millions), ainsi que quelque 85 000 électeurs ayant acquis la nationalité française dans l’intervalle. 

Quant aux électeurs radiés, ils peuvent être décédés (974 000), radiés à l’initiative des communes (400 000), concernés par la perte des droits électoraux. Mais le plus gros contingent est celui des électeurs radiés à la suite d’une nouvelle inscription (3,4 millions). 

Dans ce domaine, la mise en place du répertoire électoral unique et d’un numéro national unique pour chaque électeur a, indéniablement, permis un progrès en faisant fortement diminuer les doubles inscriptions.

L’Insee note enfin que le nombre d’électeurs qui s’inscrivent en ligne est en augmentation constante : 56 % en 2022 et 2024, contre 59 % en 2026. 

Citoyens européens

Le taux d’inscription des citoyens de l’Union européenne reste, en revanche, assez faible, quand on le compare aux 95 % de Français inscrits sur une liste électorale : sur les 1,3 million de citoyens de l’UE établis en France, seuls 374 000 sont inscrits sur au moins une des deux listes complémentaires de leur commune, soit un taux de 28,7 %. 

Mais de façon un peu contre-intuitive, ces résidents s’inscrivent plus naturellement sur la liste complémentaire permettant de voter aux municipales que sur celle permettant de voter aux européennes – ce qui est le signe d’une bonne intégration à la vie communale. Ainsi, 79 500 citoyens européens sont inscrits sur la seule liste complémentaire municipales, contre seulement 15 200 sur la seule liste complémentaire européenne (soit 5 fois moins). Il faut y ajouter presque 280 000 citoyens européens inscrits sur les deux listes. 

Selon l’Insee, ce sont les Portugais qui sont les Européens les plus nombreux à être inscrits pour voter en France, et de très loin : ils sont 119 000 environ, loin devant les Italiens (59 000) et les Belges (57 000). 

6 400 candidats non-Français

Si les citoyens européens sont beaucoup moins inscrits que les citoyens français, il est en revanche frappant que la proportion de citoyens français et étrangers qui ont fait le choix d’être candidats est sensiblement la même. 

Maire info a établi, à partir des fichiers fournis par le ministère de l’Intérieur listant la totalité des candidats, que quelque 6 400 candidats non-Français sont candidats aux élections municipales. Ce qui, rapporté aux 360 000 étrangers électeurs à ce scrutin, représente un taux de 1,8 %. C’est peu ou prou la même proportion que les 904 000 candidats français, rapportés aux 48,7 millions d’électeurs aux municipales (1,86 %). 

Selon les calculs de Maire info (et sous réserve d’un certain nombre d’erreurs de saisie dans les fichiers du ministère), le nombre de candidats européens n’est pas exactement proportionnel au nombre de citoyens inscrits de chaque nationalité. Ce sont les Belges qui sont les plus nombreux à être candidats (environ 1 800), alors qu’ils ne sont que troisièmes au classement des inscrits. Suivent les Portugais (environ 1 400 candidats), pourtant de loin les plus nombreux à être inscrits, et les Allemands (660 candidats). Les Italiens, deuxième nationalité la plus inscrite en France, sont en revanche cinquièmes en nombre de candidats (600 candidats). 

Il est à noter enfin que le nombre de candidats non-Français est en légère hausse par rapport aux élections municipales de 2020 – où il s’établissait à environ 5 900. C’est la preuve, positive, d’une implication croissante des citoyens européens dans la vie de leur commune. Ces chiffres sont en revanche en diminution par rapport à 2014, du fait de la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. Pour mémoire, il y avait en France, au moment du Brexit de 2018, 400 000 électeurs britanniques en France et 400 conseillers municipaux venus d’Outre-Manche.

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