Maire-info
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Édition du mardi 3 février 2026
Elections municipales

Elections municipales : quelle place pour l'écologie dans le débat municipal ?

Une nouvelle étude de l'Institut Terram s'intéresse aux attentes exprimées par les citoyens en matière d'écologie et notamment au regard qu'ils portent concernant les actions menées par leurs municipalités. Un éclairage important à quelques semaines des élections municipales.

Par Lucile Bonnin

L’Institut Terram, à travers une nouvelle enquête dévoilée aujourd’hui, montre que, six ans après les élections municipales de 2020, l’écologie locale est « solidement ancrée dans les attentes citoyennes » . Les élections de mars prochain ne seront donc vraisemblablement pas marquées par un désintérêt pour la question de l’environnement mais l’étude met en évidence « une exigence accrue »  de la part des citoyens « de résultats concrets, adaptés aux réalités territoriales et compatibles avec les contraintes économiques et budgétaires ». 

L’écologie : un sujet qui ne perd pas en popularité 

Premièrement, selon l’enquête, « l’action environnementale des municipalités sortantes bénéficie d’un niveau élevé de satisfaction. »  71 % des Français se déclarent satisfaits de l’action de leur maire en matière d’écologie. « Ce jugement positif traverse largement les clivages politiques, générationnels et sociaux, confirmant la commune comme un échelon d’action publique jugé concret et efficace », précise Antoine Bristielle, docteur en sciences politiques et auteur de l’étude.

Mais cette satisfaction va de pair avec une exigence grandissante. Aujourd’hui seulement un tiers des Français estiment que leur commune est aujourd’hui en avance en matière de protection de l’environnement. 

Les préoccupations environnementales ne sont pas les mêmes dans les communes rurales ou dans les grandes villes. Par exemple, à l’échelle nationale, les principales préoccupations des citoyens relèvent d’abord des pollutions : gestion des déchets (43 %), pollution de l’air (38 %) et pollution sonore (32 %). À l’échelle des communes rurales, la qualité de l’eau arrive en tête des préoccupations (43 %), loin devant la pollution de l’air (28 %) ou la pollution sonore (20 %). « À l’inverse, dans les grandes agglomérations, les inquiétudes se concentrent sur la pollution de l’air (44 %), la pollution sonore (35 %), l’urbanisation excessive (35 %) et la chaleur excessive (29 %). »  Si cet aspect peut paraître logique, il montre cependant que « l’écologie municipale ne peut être pensée de manière uniforme ».

« Déterminant électoral transversal » 

Mais alors combien pèse l’écologie dans le vote citoyen ? S’il est impossible de répondre précisément à cette question, l’étude estime que « près de trois quarts (74 %) des Français déclarant vouloir participer aux municipales affirment que les propositions environnementales des candidats auront une place importante dans leur choix de vote ». 76 % des 18-24 ans y feront attention et 67 % des seniors également (65 ans et plus). 

Il est intéressant de noter que selon le sondage mené par l’Institut Terram, l’écologie touche tous les milieux sociaux. « Les catégories socioprofessionnelles modestes se montrent même légèrement plus attentives aux enjeux environnementaux (78 %) que les catégories favorisées (76 %) » , pointe l’auteur. L'écologie semble même dépasser les étiquettes politiques : « à droite comme à gauche, l’écologie s’impose comme un enjeu structurant du débat municipal » , ajoute Antoine Bristielle. Certains sujets continuent cependant de nourrir les clivages comme l’installation de nouvelles éoliennes sur le territoire communal par exemple.

Ce qui change réellement, selon l’étude, c’est la manière dont l’écologie est désormais perçue par les citoyens. Ce n’est plus une politique publique à part des autres mesures présentées dans un programme municipal. « Près de sept Français sur dix (69 %) estiment que la politique environnementale doit être pensée comme une politique transversale, intégrée à l’ensemble des décisions publiques locales, et non comme un secteur autonome ». 

De nombreuses études ont montré que dans le contexte des prochaines élections municipales « la sécurité s’impose comme la première priorité assignée à l’action municipale » . Plus de quatre Français sur dix (41 %) citent la sécurité parmi les enjeux prioritaires du prochain mandat. Mais la sécurité regroupe plusieurs dimensions. « La sécurité liée à la délinquance et aux incivilités reste une préoccupation dominante (64 %) »  mais elle coexiste avec d’autres préoccupations comme la sécurité routière (54 %), la sécurité économique et sociale (50 %) « et, fait notable, sécurité environnementale et sanitaire (45 %). » 

Ainsi les enjeux écologiques peuvent être inclus « dans un registre de protection du quotidien, articulant prévention des risques climatiques, qualité de l’environnement, santé publique et continuité des services essentiels ». « Loin d’entrer en concurrence avec la sécurité, l’écologie en devient l’un des ressorts centraux », résume Antoine Bristielle.

Consulter l'étude. 

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