Ce qu'il faut retenir de la circulaire sur l'organisation du scrutin municipal, diffusée hier
Par Franck Lemarc

C’est la dernière brique des publications liées à l’organisation des élections municipales – et sans doute la plus attendue des maires : après les Mémentos des candidats, en décembre, puis la circulaire sur l’affichage électoral, la semaine dernière, c’est la circulaire sur « l’organisation matérielle et le déroulement des élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2026 » qui a été diffusée hier. Elle est accompagnée de deux annexes uniquement consacrées aux bulletins de vote et à leur validité.
La fin du panachage
Si la plupart des règles reste inchangée par rapport aux précédents scrutins, un certain nombre de nouveautés – certaines particulièrement importantes – apparaissent cette année, notamment du fait de l’entrée en vigueur de la loi du 21 mai 2025, qui a généralisé à toutes les communes le scrutin proportionnel de liste paritaire à l’ensemble des communes. C’est le point essentiel que doivent absolument connaître et retenir les plus de 24 000 maires de communes de moins de 1 000 habitants : le « panachage » est désormais absolument interdit, il n’est donc plus possible d’ajouter ou de supprimer un nom sur un bulletin de vote ni d’inverser l’ordre de présentation des candidats, sous peine de nullité du bulletin.
De ce point de vue, l’annexe à la circulaire consacrée à la validité des bulletins de vote dans les communes de moins de 1 000 habitants est très instructive, et il ne sera pas inutile d’en conserver une version imprimée dans le bureau de vote le jour du scrutin.
Campagne électorale
Pour le reste, les règles ne changent guère. Rappelons que la campagne électorale sera ouverte le lundi 2 mars à zéro heure – et que les panneaux d’affichage officiel devront impérativement avoir été installés à cette date, et qu’elle s’achèvera le vendredi 13 mars à minuit. À partir de ce moment – soit pendant toute la journée du samedi 14 mars – les activités de campagne (diffusion de tracts, réunions électorales, démarchage, etc.) sont strictement interdites.
En revanche, les candidats peuvent parfaitement tenir des réunions électorales avant l’ouverture officielle de la campagne. Le ministère rappelle que les communes n’ont pas l’obligation de mettre des salles de réunion à disposition des candidats, mais que si elles le font, elles doivent respecter une « stricte égalité » entre les listes. Autrement dit, la commune loue ou prête des salles à tout le monde ou à personne, et dans les mêmes conditions tarifaires.
Rappelons également qu’avant ou pendant la campagne, il est interdit « à tout agent de l’autorité publique ou municipale de distribuer des bulletins de vote, professions de foi et circulaires ».
Établissement des listes électorales
Pour mémoire, la date limite d’inscription des électeurs sur les listes électorales pour pouvoir participer à ce scrutin a été fixée au vendredi 6 février en mairie, et au mercredi 4 février en ligne. Les commissions de contrôle des listes électorales devront se tenir entre le jeudi 19 février et le dimanche 22 février, avec affichage dès le lendemain de la réunion du tableau des inscriptions et des radiations. Enfin, le 10 mars est la date limite pour la publication des inscriptions dérogatoires (fonctionnaires mutés, militaires, jeunes majeurs, etc.) et des radiations.
Une nouveauté cependant : est désormais recevable, lors d’une demande d’inscription sur les listes électorales, le justificatif électronique d’identité « France identité ». Il est expliqué dans la circulaire (page 10) comment le service peut vérifier l’authenticité de ce document. Mais attention : c’est seulement pour l’inscription sur les listes électorales que ce justificatif est recevable, et pas au moment du vote. Les textes ne prévoient pas, pour l’instant, qu’un électeur puisse justifier de son identité lors du scrutin en présentant ce document.
Aucune refonte générale des cartes électorales n’est prévue en 2026. Les maires n’ont donc à rééditer les cartes électorales que dans le cas où le périmètre de rattachement des bureaux de vote change, et pour les seuls électeurs concernés.
Attestations d’inscription
Lors du dépôt des listes en préfecture, tous les candidats doivent remettre aux services de la préfecture une attestation d’inscription sur les listes électorales. Ce document peut être édité en ligne par les candidats, mais il peut aussi être délivré par les services de la mairie. Il est interdit de refuser de délivrer ce document à un candidat qui en fait la demande, y compris au motif qu’il est téléchargeable sur internet. L’attestation doit être signée du maire ou « d’une personne ayant délégation » et comporter les noms, prénoms, date de naissance et lieu de vote de l’intéressé. Attention, pour être recevable en préfecture, ce document doit avoir été établi au maximum trente jours avant le dépôt.
Matériel électoral
Comme d’habitude, les bulletins de vote seront remis directement à la mairie par les candidats dans les communes de moins de 2 500 habitants. Dans les plus grandes communes, les bulletins de vote sont remis par la commission de propagande. S’ils ne sont pas arrivés le vendredi 13 mars, les maires devront contacter d’urgence la préfecture. Il est toutefois loisible aux candidats de remettre eux-mêmes leurs bulletins de vote, mais les maires ou les présidents de bureau de vote peuvent refuser de réceptionner des bulletins qui ne seraient pas conformes aux prescriptions légales (format paysage, A5 pour les bulletins comprenant jusqu’à 31 noms et A4 pour les autres).
Bureaux de vote et assesseurs
Rappelons, comme à chaque élection, que les fonctions de président de bureau de vote sont dévolues par la loi à tous les conseillers municipaux (même s’ils sont candidats). Un conseiller municipal (et a fortiori un adjoint) ne peut donc refuser de présider un bureau de vote ou d’être assesseur « sans excuse valable », sous peine de risquer d’être démis d’office par le tribunal administratif. Pour mémoire, les « excuses valables » peuvent être par exemple des raisons de santé (avec production d’un arrêt de travail) ou « des manifestations familiales exceptionnelles », comme un mariage, mais pas des charges de famille.
Les règles complètes en matière de constitution des bureaux de vote sont détaillées dans la circulaire du 16 janvier 2020.
Déroulement du scrutin
Le scrutin sera ouvert, comme traditionnellement, de 8 h à 18 h, sauf arrêté préfectoral retardant la fermeture du bureau de vote jusqu’à 20 h maximum. Dans ce cas, cet arrêté devra être affiché en mairie au plus tard le mardi 10 mars. Rappelons que toute personne s’étant présentée sur le lieu de vote avant l’heure de clôture doit pouvoir voter, même si une file d’attente l’oblige à voter après l’heure de clôture : « Le scrutin est considéré comme clos une fois que la dernière personne placée dans la file d'attente avant l'heure de clôture aura voté. »
Concernant le contrôle de l’identité des votants, obligatoire dans les communes de plus de 1 000 habitants, rappelons que peuvent notamment être valablement présentés : la carte d’identité, le passeport, la carte Vitale (si elle comprend une photo), le permis de chasser avec photographie et le permis de conduire. Il est encore possible (jusqu’en 2033) de présenter le permis « rose » en carton. Les ressortissants de l’Union européenne peuvent en outre présenter un titre de séjour.
Le ministère appelle les présidents de bureau de vote à faire preuve de « discernement » notamment eu égard à l’entrée en vigueur de la loi du 1er juillet 2022 qui permet à n’importe quel citoyen de changer de nom sur simple demande en mairie, par exemple en substituant à son nom celui de son autre parent. Ces personnes sont susceptibles de se présenter un document d’identité « en décalage avec ce qui est reporté sur la liste d’émargement ».
Lors du dépouillement enfin, l’attention des maires des communes de moins de 1 000 habitants est attirée sur le fait que désormais, les bulletins portant la moindre mention manuscrite doivent être considérés comme nuls. On ne saurait trop conseiller à ces maires de communiquer, très en amont, vis-à-vis des leurs habitants, car cette nouvelle pratique contrevient aux habitudes d’électeurs habitués, depuis toujours, à ajouter ou supprimer des noms sur les bulletins de vote.
Signalons pour finir que les frais d’assemblée électorale, cette année encore, ne sont pas revalorisés, et restent fixés à la somme dérisoire de 44,73 euros par bureau de vote et 10 centimes par électeur inscrit. Cette subvention n’a pas été réévaluée depuis près de 20 ans, comme si les élections se déroulaient dans un monde imaginaire où l’inflation n’existe pas.
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