Édition du Vendredi 3 mai 2019


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Les collectivités appelées à s’engager dans des Cités éducatives

Les ministres de l’Éducation nationale et de la Ville et du Logement ont dévoilé, jeudi 2 mai, la liste des 80 territoires éligibles au label « Cité éducative ». Ceux-ci ont en commun d’être « des quartiers d’habitat social (…) de plus de 5000 habitants », avec des « dysfonctionnements urbains importants » et « des enjeux de mixité scolaire ».
« Il a par ailleurs été tenu compte des enjeux d’aménagement du territoire et du volontarisme des élus locaux », précise le dossier de presse. Car les collectivités seront au cœur de ce dispositif. Un juste retour des choses puisque ce sont elles, et plus directement les élus de la politique de la ville, qui ont imaginé ce concept, comme l’association des maires Ville et Banlieue n’a pas manqué de le rappeler hier, dans un communiqué. Rappelant que cela figurait dans les propositions du « fameux » rapport Borloo, en mai 2018, elle se réjouit que le ministre ait « extrait de la corbeille quelques pistes utiles » parmi lesquelles ces Cités éducatives. Le communiqué des ministres étant, lui, plus discret sur ce point.
Le Réseau français des villes éducatrices est quant à lui critique sur le nombre de territoires concernés, jugeant la liste « incomplète (…) tant les territoires nécessitant ces nouveaux moyens sont nombreux ». Mais il voit cependant là « un premier pas qui en appellera d’autres ».

Un modèle à (mieux) construire
Les ministres prennent la précaution de préciser « qu’il ne s’agit pas d’être un dispositif de plus mais l’occasion de mieux coordonner et renforcer les dispositifs existants ». Concrètement, il s’agit « d’intensifier les prises en charges éducatives des enfants à partir de 3 ans et des jeunes jusqu’à 25 ans, avant, pendant, autour et après le cadre scolaire ».
Le « renforcement du programme de réussite éducative » est cité en exemple pour « favoriser la persévérance scolaire et la lutte contre le décrochage », afin de « promouvoir la continuité éducative ». Autre action possible : la « (création) de nouvelles places de crèches » pour « favoriser la socialisation précoce des enfants » et là encore soutenir « cette continuité éducative ». On retrouve également les « petits-déjeuners gratuits en lien avec la stratégie pauvreté », etc. La collectivité a le rôle de cheffe de file. Le collège est désigné comme le « noyau » de la Cité. Ce modèle s’inspire donc aussi des réseaux d’éducation prioritaire.

Fonds de la Cité éducative
C’est maintenant aux collectivités « de s’engager dans cette démarche ». Car sans une collectivité cheffe de file, pas de label ni de subvention.
Côté encouragement justement, l’État annonce « près de 100 millions d’euros » d’ici 2022, soit 34 millions par an, sur trois ans (en 2020, 2021 et 2022). Cette enveloppe sera répartie entre les territoires retenus. Cet argent pourra abonder des actions qui existent déjà. Comme les programmes de réussite éducative développés dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Cela permettra aussi de financer des actions nouvelles. Les ministres citent en exemple le recrutement d’Atsem en toute petite section de maternelle.
Les territoires pourront aussi bénéficier, chacun, d’un « fonds de la cité éducative », doté de 30 000 euros : 15 000 euros du ministère de la Ville et une dotation annuelle exceptionnelle de 15 000 euros du ministère de l’Éducation nationale faite au Fonds social du collège. Ce fonds sera donc aux mains du principal du collège. Là encore, cela permettra de financer des actions « en privilégiant celles qui impliquent plusieurs établissements et des partenaires extérieurs ».
Les collectivités ont jusqu’au 30 juin pour déposer leur avant-projet, en s’appuyant sur un référentiel (voir sur le site du CGET). Les labels seront attribués cet été (en juillet) pour une première rentrée des cités dès septembre. Sachant que les ministres laissent aux acteurs de terrain jusqu’à la fin 2019 pour programmer et organiser toutes leurs actions.
Les Cités éducatives labellisées constitueront les piliers du volet éducatif des contrats de ville rénovés dans le cadre fixé par la circulaire du Premier ministre du 22 janvier 2019.
E.S.
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