Maire-info
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Édition du lundi 2 février 2026
Economie

Investissements étrangers : les petites communes ont attiré près de la moitié des projets

Les communes de moins de 20 000 habitants ont capté plus de 28 000 emplois liés à l'investissement international en 2025, selon un bilan dévoilé par Business France. Malgré l'instabilité politique et les fortes tensions commerciales et géopolitiques, la France a encore attiré les investisseurs étrangers l'an passé avec près de 1 900 projets. 

Par A.W.

Malgré les turbulences politiques internes au pays et un contexte international instable, « l’attractivité de la France auprès des investisseurs étrangers n’a pas faibli en 2025 ». Avec 1 878 nouveaux projets d’investissement et la création (ou le maintien) de 47 734 emplois, le nombre de projets étrangers annoncés dans l'Hexagone a même légèrement augmenté l'an passé, selon le bilan dévoilé la semaine dernière par Business France. 

Des chiffres pas forcément comparables aux années précédentes puisque les ouvertures de commerces ont notamment été bien mieux recensées, à l'échelle communale. Reste que, hors points de vente, le nombre de projets a connu une hausse de 2 % par rapport à 2024, alors que les entreprises étrangères emploient quelque « 2,3 millions de personnes, salariées et non salariées »  en France, l’industrie et le commerce représentant 58 % de ces emplois. 

Emplois industriels : deux-tiers dans les petites communes

Parmi les principaux secteurs d’activité qui ont investi, on peut retenir que celui du commerce et de la distribution est à l’origine de 484 projets (pour 5 717 emplois) devant celui de l’automobile et ses 123 projets (pour 4 734 emplois). Et à l’échelle locale, les entreprises étrangères se sont avérées des « actrices majeures de l’emploi et du dynamisme des territoires », indique Business France, celles-ci contribuant à « la cohésion des territoires ». 

Les communes de moins de 20 000 habitants seraient ainsi « les premières destinatrices des projets d’investissement étrangers ». En 2025, elles ont attiré près de la moitié des décisions d’investissement (48 %), représentant ainsi quelque 900 projets et plus de 28 000 emplois. Soit près de 60 % des postes. Dans le même temps, les villes de 20 000 à 100 000 habitants ont, elles, accueilli à peine un quart des projets (23 %) et un cinquième des emplois (19 %), quand celles de plus de 500 000 habitants ont capté 18 % des projets et 12 % des emplois. 

Dans le détail, l'organisme public chargé de l'internationalisation de l'économie française note que les entreprises industrielles ont « une présence significative »  dans les communes de moins de 20 000 habitants avec 59 % des projets et 64 % des emplois industriels qui se dirigent vers ces territoires.

Ces derniers ont accueilli en premier lieu des projets de production ainsi que des points de vente. « En 2025, 38 % des projets destinés aux petites communes sont des projets de production et 27 % des projets de points de vente. En termes d’emplois, les communes de moins de 20 000 habitants sont principalement destinatrices d’emplois de production (29 % des emplois projetés) et d’emplois de logistique (16 %), des activités consommatrices de place qui viennent renforcer les activités économiques des territoires », détaillent ainsi les auteurs du bilan.

Dynamique « contrastée »  selon les secteurs

En parallèle, Business France confirme que les activités de commerce et de distribution ont occupé « une place structurante »  l’an passé. « En termes d’activités ciblées par [les] investissements [étrangers], les points de vente passent en tête en 2025 - en partie du fait d’une comptabilisation plus exhaustive à l’échelle communale - », devant les activités de production (472 projets) et les centres de décision (299 projets).

Ce sont ainsi « 522 ouvertures de points de vente sous contrôle étranger »  qui ont été recensées l’année dernière, « notamment dans les communes de moins de 20 000 habitants ». « Les entreprises étrangères du retail contribuent de façon active à la vitalité commerciale des territoires », estiment les auteurs du bilan, ceux-ci ayant observé que « 46 % des ouvertures de points de vente ont eu lieu dans des communes de moins de 20 000 habitants et 30 % dans des communes de 20 000 à 100 000 habitants ». 

L’accompagnement de leurs implantations s’est notamment fait en lien avec les programmes nationaux « Action Cœur de Ville »  et « Petites Villes de demain ». Ce qui représente « un enjeu majeur pour la cohésion sociale, l’attractivité économique et la résilience des territoires », selon Business France.

Une dynamique qui reste cependant « contrastée »  selon les secteurs, note l'organisme public. « Certains affichent une forte attractivité – agro-alimentaire, énergie-recyclage, santé – tandis que d’autres, engagés dans des transformations structurelles (métallurgie, papier-carton), adoptent une stratégie d’attente », expliquent-ils, en soulignant que, « dans ces filières en transition, préserver les investissements existants devient aussi essentiel qu’en attirer de nouveaux ». 

Le rôle de « levier »  de France 2030

Sans surprise, « l’Europe fait toujours la course en tête »  avec 72 % des décisions d’investissement et plus de la moitié des emplois. Viennent ensuite l’Amérique du Nord et l’Asie.

Au passage, Business France rappelle que « les entreprises sous contrôle étranger sont indispensables au maintien de ces activités en France ». « Dans les secteurs de la métallurgie, de la fabrication de machines, de l’industrie du papier et du carton, ou encore dans l’industrie automobile, plus de la moitié des emplois dépendent d’entreprises sous contrôle étranger », détaille l'organisme public. Des entreprises qui emploient 775 000 personnes dans l’industrie, ce qui représente 21 % de l’emploi industriel en France.

En 2025, près de 600 entreprises industrielles étrangères ont généré ainsi 833 projets et plus de 20 000 emplois. « Le secteur industriel le plus plébiscité est l’automobile (15 % des projets industriels et 24 % des emplois), porté par l’implantation de nouveaux établissements spécialisés dans les services liés à cette industrie », explique Business France, alors qu’une nouvelle vague de suppression de postes et de fermetures de sites déferle dans le secteur en ce début d’année 2026. Plus de 1 200 postes sont ainsi en cours de suppression. 

À noter, enfin, que les auteurs du bilan se félicitent du rôle de « levier »  qu’a joué le plan de soutien à l’innovation France 2030 en occupant « une place centrale »  dans les dynamiques d’investissement international. Un quart des projets (et 46 % des emplois projetés) ont ainsi répondu aux priorités stratégiques directement ciblées par ce plan, telles que l’intelligence artificielle, la santé, les mobilités décarbonées ou les énergies renouvelables. Pour rappel, le gouvernement a décidé d’amputer de 1,1 milliard d’euros les crédits de France 2030 dans le cadre du projet de budget pour 2026.
 

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