Édition du vendredi 9 septembre 2016


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Alstom : le gouvernement impose une négociation sur l'usine de Belfort

Le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, a été convoqué à Bercy hier pour se voir imposer « une phase de négociation » au lendemain de l'annonce de l'arrêt de la production de trains sur son site historique de Belfort d'ici deux ans et le transfert de celle-ci vers le site de Reichshoffen (Bas-Rhin) d’ici 2018. L’entreprise a justifié cette décision en expliquant être confrontée à une pénurie de commandes.
La convocation à grande vitesse du patron d'Alstom témoigne de l'agacement du gouvernement puisqu’Henri Poupart-Lafarge a été sermonné par le ministre de l’Économie, Michel Sapin, et son nouveau secrétaire d’État à l'Industrie, Christophe Sirugue, qui « lui ont fait part de leur incompréhension du caractère soudain et non concerté de cette annonce ».
Pas de fermeture de site, ni de plan social, assure Alstom, qui s'engage à soumettre aux 400 salariés concernés « une proposition de transfert, s'ils le souhaitent » vers ses autres usines dans l'Hexagone. Hors de question pour l'exécutif d'entériner ce scénario à quelques mois de la présidentielle. D'autant plus que l’État siège depuis février au conseil d'administration d'Alstom et qu'il envisage d'acquérir 20% du capital du groupe.
« Les ministres ont demandé à monsieur Poupart-Lafarge, avant toute décision définitive, d'engager une phase de discussion et de négociation avec l'État, les partenaires sociaux, les élus locaux et l'ensemble des parties prenantes », ajoute le ministère. Syndicats et élus locaux seront reçus « dès le début de la semaine prochaine » par Christophe Sirugue, qui « considère que rien à ce stade n'est définitif ».
Treize parlementaires et élus locaux de l’Est de la France (1) ont également fait part de leur inquiétude dans un courrier adressé à François Hollande, daté du 7 septembre, dans lequel ils dénoncent le « non-respect de la parole donnée, la parole de votre ministre, la parole de l’Etat » concernant une commande de 30 rames neuves de Trains intercités (TET), annoncée en février dernier par Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux Transports, et censées être déployées à partir de 2018.
« Plus de six mois après cette annonce, aucune information concernant la commande concrète de ces 30 nouvelles rames n’a pu être vérifiée, écrivent les parlementaires. Or compte tenu du temps de conception et de la réalisation de ces rames, il paraît d’ores et déjà exclu qu’elles soient déployées à partir de 2018 ». Cette commande « n'a toujours pas été notifiée », a confirmé de son côté Daniel Dreger, porte-parole de l'intersyndicale CGT-FO du site alsacien. « D’aucuns commencent à douter de la réalité de cette commande », expliquent dans leur courrier au président de la République les élus qui espèrent que cette annonce n’est pas « un mirage permettant de mieux faire accepter les autres annonces particulièrement pénalisantes pour les sites d’Alstom Transport ».
Alain Vidalies a ainsi dû confirmer « qu'il y aura une nouvelle commande d'au moins 30 rames », hier, lors d'un déplacement dans le Loiret. Cette promesse doit se traduire en actes à l'issue d'une concertation avec les régions sur l'avenir des lignes Intercités, dont le terme est fixé au 15 octobre. Ces commandes concernent « le site de Reichshoffen, potentiellement celui de Valenciennes », mais « elles ne seront malheureusement pas la solution pour l'avenir de Belfort », a-t-il cependant averti.
L’annonce d’Alstom tombe alors que l’Insee annonce, ce matin, que la production industrielle en France a reculé de 0,6 % en juillet après une baisse de 0,7 % en juin. La production de l’ensemble de l’industrie reste, toutefois, quasi-stable (- 0,1 %) depuis un an.
A.W. (avec AFP)

(1) Jean-Marie Bockel, Catherine Troendlé et René Danesi, sénateurs du Haut-Rhin, Fabienne Keller, Guy-Dominique Kennel, André Reichardt et Claude Kern, sénateurs du Bas-Rhin, Frédéric Reiss, député du Bas-Rhin, Jean-François Longeot, sénateur du Doubs, Daniel Meslot, député-maire de Belfort, Cédric Perrin, sénateur du Territoire de Belfort, Michel Raison, sénateur de Haute-Saône, et Jacques Grosperrin, sénateur du Doubs.
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