Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du lundi 9 novembre 2020
Ecole

États généraux du numérique pour l'éducation : les élus veulent avoir leur mot à dire

L’accès au numérique est marqué par des inégalités sociales aussi bien que territoriales. Le constat n’a rien de nouveau, mais l’expérience du confinement a montré que « l’Éducation nationale doit mieux anticiper les événements », comme cela a été réaffirmé lors des États généraux du numérique pour l’éducation qui se sont terminés jeudi après-midi.
Le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer l’a souligné : « La crise sanitaire de la covid-19, en accélérant les usages numériques, en aura révélé fortement tout à la fois les atouts et les limites. Il nous faut maintenant comprendre, échanger et apprendre collectivement de cette période ».
Ces EGN, organisés du 3 au 5 novembre, à distance plutôt qu’à Poitiers comme c’était prévu initialement, épidémie oblige, se sont terminés sur une quarantaine de recommandations, assez consensuelles et peu novatrices. Dont celle de « garantir un socle numérique minimal pour les écoles ». « Il ne s’agit pas de figer des réponses », prévient le ministère. Ce qui n’est surtout pas ce que demandent les élus locaux, précise Virginie Lanlo, adjointe au maire de Meudon, qui représentait l’AMF à ces états généraux.

Une gouvernance à partager
Pour les maires, l’enjeu de ces EGN était surtout de faire passer leur message sur la gouvernance, explique l’élue à Maire info. « Nous avons plus que notre part à prendre dans cette gouvernance »  insiste-t-elle, démonstration à l’appui : « L’enseignement en primaire c’est 864 heures, le périscolaire c’est plus de 2 000 heures, en comptant l’accueil avant et après la classe, le temps de midi, les mercredis. »  Dans ces conditions, les collectivités ne veulent plus être simplement des payeurs.
Ce message a été également relayé par le vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine, en charge de l’éducation et des lycées, Jean-Louis Nembrini : « On ne peut pas demander aux collectivités d’investir et d’être ensuite exclusivement au service d’un donneur d’ordre ». Il est également en partie partagé par l’Association des petites villes de France (APVF) qui, tout en se disant « très attachée au caractère régalien de l’éducation républicaine », demande la mise en place « d’instances de concertation »  aussi bien au niveau national que local. 

… et à organiser

Alors que se dessine la notion de territoire numérique, Virginie Lanlo a plaidé « pour une gouvernance plus locale, à l’échelle des circonscriptions plutôt que des seules académies ou départements ». « Car il y a autant de communes que de politiques éducatives, et, qui sont aussi fonction de la typologie, de la sociologie, de l’organisation des communes, etc. Ce n’est pas juste une question d’équipement. Cela dépend des ressources disponibles, de l’engagement des enseignants, mais aussi cela suppose que l’on construise cela en pensant au-delà de l’école, pour que cela concerne de l’enfant aux parents en passant par les jeunes en insertion professionnelle ». Pour l’élue, il s’agit aussi de passer du numérique pour l’éducation, à l’éducation au numérique et au digital. De penser « parcours »  et « usages »  du numérique.
En matière d’équipement, d’un point de vue matériel, les communes sont aujourd’hui loin d’être à égalité. « Toutes les communes n’ont pas la fibre, ni les mêmes connexions à internet. Elles n’ont bien sûr pas toutes les mêmes possibilités d’investissement. C’est aussi pourquoi il faut réfléchir à l’échelle – pourquoi pas ? – de plusieurs communes pour mutualiser ces achats », estime l’élue. Mais il faut aussi que les équipements soient partagés : « On ne peut pas avoir deux salles à équiper, l’une pour le scolaire et l’autre pour le périscolaire ».
La suite de ces EGN, ce sont de nouveaux groupes de travail (au nombre de douze), animés par des laboratoires universitaires, en partenariat avec les académies, sur la période 2020-2022. L’un intéressera plus particulièrement les communes : celui sur « numérique et éducation : pour une prise en compte des disparités sociales et territoriales ». Côté collectivités locales, on suivra avec plus d’attention une expérimentation de territoires numériques et éducatifs en cours dans l’Aisne et dans le Val-d’Oise.
À suivre donc.

E.S.

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