Maire-info
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Édition du lundi 14 septembre 2026
Ecole

Éducation à la sexualité et prévention des violences : un plan de formation des personnels des écoles jusqu'en 2029

Formation obligatoire des personnels, généralisation des trois séances annuelles, mobilisation des agences régionales de santé : une circulaire de l'Éducation nationale, complétée par une instruction du ministère de la Santé, précise le nouveau cadre de l'éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité.

Par Lucile Bonnin

Alors que les violences sexuelles « ont lieu à plus de 80 % dans le cercle familial et concernent en moyenne environ trois enfants par classe », l’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR), dans le premier degré, et l’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité (EVARS), dans le second degré, sont indispensables. 

Une circulaire publiée à la fin du mois d’août au Bulletin officiel de l’Éducation nationale vise à consolider le déploiement des séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité tout en donnant un nouvel élan au dispositif avec un volet formation des personnels, dont le déploiement doit s'achever en 2029.

Généralisation de l’EVAR-S 

La circulaire rappelle que l'objectif – déjà fixé par les textes antérieurs, notamment la circulaire du 4 février 2025 – est que 100 % des élèves bénéficient chaque année de trois séances d'éducation à la vie affective et relationnelle.

Pour rappel, la programmation annuelle de ces trois séances d’EVAR-S est présentée en « conseil d’école dans le premier degré et en comité d’éducation à la santé, à la citoyenneté et à l’environnement (CESCE) dans le second degré ». Le conseil d’école est l’instance qui réunit le directeur, les enseignants, les représentants des parents d'élèves, l'inspecteur de circonscription, et deux élus (le maire ou son représentant, et un conseiller municipal). La mise en œuvre de l’EVAR-S « inscrite dans le projet d’école »  – adopté par le conseil d’école – « fait l’objet d’un temps de travail annuel ». « Cette remontée est complétée en fin d’année scolaire par une enquête nationale », est-il précisé dans la circulaire.

En ce qui concerne le contenu pédagogique, des livrets ont été publiés sur le site Eduscol pour accompagner le déploiement de ces programmes à chaque niveau : avant 4 ans, au CP, CE1, CE2, CM2, au collège et au lycée. Une foire aux questions (FAQ) apporte des réponses et des éléments de réflexion sur la mise en œuvre du programme et un annuaire des équipes académiques de pilotage de l’éducation à la sexualité est à disposition.

Formation des personnels et rôle des ARS 

La circulaire introduit surtout un « dispositif national de formation exceptionnel »  qui « est déployé dès la rentrée 2026 ». L’école joue en effet « un rôle de premier plan »  dans « la prévention, le repérage et l'alerte »  ce qui suppose que les personnels soient formés. Rappelons qu’en 2025, l’Éducation nationale a émis 88 000 informations préoccupantes ou signalements pour violences sexuelles ou défaillances parentales.

Ce plan de formation « concernera progressivement l'ensemble des personnels, dans le prolongement des actions déployées les années précédentes »  et se décline en quatre modules. « Un premier module déployé à la rentrée 2026 s'adresse aux responsables académiques dans le cadre du programme national de formation (PNF) pour piloter le déploiement territorial du dispositif. » 

Le deuxième module est une « formation à distance de trois heures, obligatoire pour tous les personnels » : ce sont d’abord les inspecteurs de l'éducation nationale, les conseillers pédagogiques de circonscription et les directrices et les directeurs d'école qui seront formé avant fin 2026.  « À compter de janvier 2027, cette formation sera progressivement étendue à l'ensemble des personnels, qui auront tous été formés d'ici la fin de l'année 2029. » 

Concernant spécifiquement les professeurs des écoles, la circulaire précise le cadre horaire mobilisé : ils « seront formés dans le cadre des 24 heures consacrées aux thématiques autres que le français et les mathématiques, comme prévu dans la circulaire du 29 juillet 2026 relative aux orientations pédagogiques pour la formation continue des professeurs du premier degré. » 

« Un troisième module, dans le cadre du PNF, s'adressera fin 2026 aux formateurs académiques afin de les accompagner dans la conception et l'animation des formations territorialisées du quatrième module, et de leur fournir des ressources nationales ». Le dernier module qui est lui facultatif est « une formation de proximité à l'échelle de l'établissement ou de la circonscription ».

Pour finir, notons qu’une instruction du ministère de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des personnes handicapées précise le « rôle des agences régionales de santé (ARS) dans l’accompagnement à la mise en œuvre du programme scolaire d’éducation à la sexualité ».

L'instruction précise notamment que les ARS « sont encouragées à soutenir les associations agréées par l'Éducation nationale sur le champ de l'EVAR-EVARS et à faciliter la mobilisation du service sanitaire des étudiants en santé (SSES) le cas échéant, notamment auprès des populations les plus vulnérables ».

Il a aussi été demandé aux ARS d’« orienter prioritairement leur soutien aux actions d'EVAR-EVARS menées au sein des établissements scolaires de l'éducation prioritaire, notamment dans les territoires spécifiques comme les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), les territoires ruraux et ultramarins ».

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