Édition du vendredi 27 septembre 2019


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Classe politique et associations d'élus réagissent à la disparition de Jacques Chirac

 

Jacques Chirac a marqué la vie politique française et la Ve République durant plus de quatre décennies, de la salle du conseil municipal de Sainte-Féréole (Corrèze), sa première terre d’élection en 1965, à l’Élysée en 1995. Dans la classe politique, son décès a suscité d’innombrables réactions. Une minute de silence a été observée à l’Assemblée nationale – où Jacques Chirac a siégé pendant plus de quinze ans – et au Sénat, et l’Élysée a ouvert un registre de condoléances. Un jour de deuil national a été décrété par l’exécutif lundi 30 septembre.

« Une certaine idée de la France »
Dans une allocution télévisée, diffusée hier soir à 20 heures, Emmanuel Macron a rendu hommage à « un homme d’État que nous aimions autant qu’il nous aimait (…), un visage familier ». « Le président Chirac incarna une certaine idée de la France (…) qu’il a protégée contre les extrêmes et la haine (et) qui regarde son histoire en face », a poursuivi le chef de l’État, en référence à la présidentielle de 2002 que Jacques Chirac remporta face à Jean-Marie Le Pen et à son discours du Vel’d’Hiv de 1995. « Jacques Chirac était un destin français », a encore déclaré Emmanuel Macron, se remémorant son parcours politique mais aussi « ses combats », notamment celui pour le climat (« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ») et son refus de suivre les États-Unis de George W. Bush dans la guerre en Irak en 2003.
« Je suis comme tous les Français, très ému et un peu nostalgique. Nous perdons un homme qui a compté dans la vie du pays. Et dans la mienne », a réagi le Premier ministre Édouard Philippe dans Paris-Normandie. « C’est une part de ma vie qui disparaît aujourd’hui », a, pour sa part, écrit Nicolas Sarkozy, son successeur à l’Élysée. Très ému, Alain Juppé, Premier ministre de Jacques Chirac pendant les manifestations contre la réforme des retraites de 1995, a déclaré sur France 2 que l'ancien chef d'État était « un homme politique avec lequel j'ai entretenu pendant 40 ans une relation de confiance, de compréhension, de fidélité réciproque, qui je crois est assez unique dans la vie politique ».

« L’acte II de la décentralisation »
Les maires de France ont rendu hommage, hier, à « l’un des leurs ». Dans un communiqué, l’AMF a décrit l’ancien maire de Paris (« à jamais notre maire », a dit Anne Hidalgo) comme « une grande figure de la vie politique française, profondément ancrée dans la vie des territoires ». « C’est sous sa présidence que le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin avait lancé « l’Acte II de la décentralisation » en 2003 », se souvient l’association d’élus. Son président, François Baroin, maire de Troyes (Aube) et très proche de l’ancien président, a écrit dans un communiqué au ton très personnel qu’il « pleure comme un fils » celui qui lui a confié ses « premières responsabilités ministérielles (porte-parole du gouvernement) ». « La France perd un grand serviteur qui a aimé sincèrement les Français (…) Sa disparition est, pour moi, d’abord une infinie tristesse, un grand chagrin, inconsolable (…) C’est lui, Premier ministre, qui est venu m’annoncer la mort de mon père ».
Par communiqué également, André Laignel, premier vice-président délégué de l’AMF, a salué « son parcours politique d’élu local, de maire résolument attaché aux territoires, (…) celui qui a condamné la France de Vichy et porté la voix de la France dans le concert des Nations ». 
Dominique Bussereau, secrétaire d’État puis ministre sous Jacques Chirac, a insisté, au nom de l’Assemblée des départements de France (ADF), sur « l’amour » que l’ancien conseiller général (1970-1979) portait à la Corrèze. « Jacques Chirac restera dans l’histoire et dans nos cœurs ». 
Du côté des régions, Régions de France rappelle dans un communiqué que c’est sous son mandat qu’a « été reconnu aux régions le statut de collectivité territoriale de plein droit, à l’instar des communes et des départements ». Régions de France annonce qu’elle « saluera la mémoire du président Chirac » lors de son 15e congrès, lundi prochain. Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de France urbaine, a déploré la perte « d’un des personnages politiques les plus importants de ces dernières décennies, (…) qui a toujours voulu ''recoller'' la France fracturée ». 

Le monde agricole « reconnaissant »
François Hollande, corrézien lui aussi, se souvient d’un « combattant » qui pouvait être « tranchant » mais aussi d’un « ami ». Lors de l’une de ces dernières apparitions en public, Jacques Chirac avait affirmé, devant les caméras, qu’il « voterait Hollande » à l’élection présidentielle de 2012. « Il connaissait charnellement notre pays. Il avait foulé tous les terroirs et en avait goûté tous les produits ».
Le cinquième président de la Ve République le démontrait chaque année dans les allées du Salon de l’agriculture à Paris. Dans un communiqué de presse, publié hier, le principal syndicat agricole, la FNSEA, se dit « reconnaissant ». « Entre Jacques Chirac et les paysans ça a toujours été une histoire d’amour partagée et il est bien normal pour la FNSEA de remercier ce président si ancré dans les territoires. »

Deux journées d’hommage dimanche et lundi
Pour rendre un ultime hommage à l’ancien chef de l’État disparu, un jour de deuil national a été décrété, lundi 30 septembre, par Emmanuel Macron et Édouard Philippe. Ce jour-là, les drapeaux des mairies seront en berne et une minute de silence sera respectée. Un service solennel sera organisé à midi en l’église Saint-Sulpice à Paris et à 15 heures, les ministres concernés devront organiser « un moment de recueillement » pour les agents de la fonction publique.
La veille, un hommage populaire à Jacques Chirac sera organisé en début d'après-midi aux Invalides. Les modalités de cet hommage, « souhaité par la famille », « seront fixées dans la journée », a précisé l'Élysée ce matin. L'ancien président sera inhumé au cimetière du Montparnasse auprès de sa fille Laurence, a indiqué la famille à l'AFP. L’inhumation devrait avoir lieu lundi dans un cadre strictement privé, a indiqué le gendre de l'ex-chef d'État, Frédéric Salat-Baroux, époux de Claude Chirac.

Ludovic Galtier

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