Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mercredi 20 janvier 2021
Démographie

L'épidémie de covid-19 fait nettement reculer l'espérance de vie

Bouleversant le cours du monde, l'épidémie de covid-19 a marqué l'histoire de son empreinte à plus d'un titre. Son impact sur la mortalité en 2020 est « fort », considère l'Insee, qui constate par ailleurs un recul marqué de l'espérance de vie pour les femmes comme pour les hommes.

Arrêtées fin novembre, les statistiques restent encore à consolider. Mais elles démontrent bien que l’épidémie de covid-19 a provoqué une « forte hausse du nombre de décès »  en France. Sur les onze premiers mois de l’année 2020, 658 000 personnes sont décédées, ce qui représente 45 000 de plus qu’en 2019 (+ 7,3 %).

25 000 à 30 000 morts lors de la première vague

Une évolution impressionnante ! En dépit du confinement et des restrictions de déplacement imposés par le gouvernement au printemps, 25 000 à 30 000 personnes sont décédées des suites du covid-19 rien qu’au cours de la première vague (mars-mai 2020). « En comparaison, analyse l’Insee, la grippe de l’hiver 2019-2020 a entraîné environ 4 000 décès, après 10 000 décès pour la grippe de l’hiver précédent ». Le pic des décès a été atteint la semaine du 30 mars en France, qui enregistre en mars-avril un excédent de surmortalité supérieur de 28 % par rapport à la moyenne 2016-2019. Ce même taux s’élève à + 70 % en Espagne mais seulement + 4 % en Allemagne.
L’automne 2020 a, lui aussi, été plus meurtrier que la moyenne puisque le surplus de décès, constaté au cours de la deuxième vague entre début octobre et la troisième semaine de novembre, est de 22 % en France (+ 42 % en Belgique, + 26 % en Espagne, + 5 % seulement en Allemagne).

Une augmentation du nombre de décès « sans commune mesure » 

Si le nombre de décès « a tendance à augmenter ces dernières années du fait de l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom à des âges de forte mortalité »  (+ 0,7 % par an en moyenne entre 2004 et 2014, puis + 1,9 % entre 2014 et 2019), l’augmentation de 2020 est « sans commune mesure », insiste l’Insee. Cette surmortalité a particulièrement frappé les personnes de 65 ans et plus. Le nombre de décès pour cette catégorie d’âge qui représente 20,7 % de la population au 1er janvier 2021, est en hausse de 8,3 % sur un an (+ 43 000 décès).

Ainsi, la pandémie a fait perdre, en un an seulement, 0,4 an d’espérance de vie aux femmes (85,2 ans) et 0,5 an aux hommes (79,2 ans). « Cette baisse est deux fois plus marquée qu’en 2015 (respectivement - 0,3 an et – 0,2 an), où la grippe hivernale avait été très meurtrière », se souvient l’Insee. De la même façon, les espérances de vie à 60 ans baissent, par rapport à 2019, de la même durée que les espérances de vie à la naissance : - 0,4 an pour les femmes, passant de 27,8 ans à 27,4 ans (à 60 ans) ; et - 0,5 an pour les hommes, passant de 23,4 ans à 22,9 ans.

Six années consécutives de baisse des naissances

En parallèle et en dépit du fait que la France reste, en 2018, le pays le plus fécond d’Europe (1,84 enfant par femme), le nombre de naissances poursuit sa chute. En 2020, 740 000 bébés sont nés en France, soit 13 000 naissances de moins qu’en 2019 (- 1,8 %) et 79 000 de moins qu’en 2014, date à laquelle cet indicateur avait commencé à décroître. 
Résultat, le solde naturel, c’est-à-dire la différence entre le nombre de naissances et le nombre de décès enregistrés, s’effondre en 2020. Il s’établit seulement à + 82 000 quand il dépassait 140 000 en 2019. Cet indicateur avait atteint « son niveau le plus bas depuis la fin de la Seconde guerre mondiale »  en 2016, à + 189 800, rappelle l’Insee. 
L’Insee retient, enfin, que le nombre de mariages, dont la célébration a été strictement interdite puis limitée à une poignée d'invités, est historiquement bas en 2020 : - 34,1 % par rapport à 2019. « Il n’y a eu presque aucun mariage en avril-mai, et nettement moins que les années précédentes en juin-juillet ».

Ludovic Galtier

Accéder à l’enquête de l’Insee.

Suivez Maire info sur Twitter : @Maireinfo2

S'ABONNER GRATUITEMENT NOUS ÉCRIRE
PARTAGER
IMPRIMER


Sur le même sujet

De plus en plus de départements ont une population en baisse (05/01/2021)

Démographie : les communautés de communes nettement moins dynamiques que les métropoles (17/01/2019)

Exclusif : L'évolution de la population, commune par commune, de 2016 à 2017 (08/01/2020)

Les communes nouvelles permettent avant tout « le développement de nouveaux services à la population » (03/10/2019)


Retrouver une édition

Sur le site de l'AMF
Accéder au site