Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mardi 6 octobre 2015
Délinquance

Le gouvernement lance un nouvel outil statistique de la délinquance

Le gouvernement lance aujourd’hui un nouvel outil statistique de la délinquance, promis en 2012 par Manuel Valls dans le but affiché de faire taire les polémiques récurrentes en renforçant la « fiabilité »  des chiffres et en évitant les manipulations. Il en a confié les rênes à un inspecteur général de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), François Clanché, qui a présenté hier à la presse sa méthodologie. Les premiers chiffres tirés de ce nouvel outil sont consultables sur le site InterStats.
Les statisticiens du ministère de l'Intérieur ont décidé de ne retenir, a dit François Clanché, que les données leur paraissant « significatives »  dans la délinquance. Il a retenu « neuf domaines », parmi lesquelles les homicides, les vols (avec armes, violents sans armes, sans violence contre des personnes, de véhicules, dans des véhicules ou d'accessoires de véhicules), les coups et blessures volontaires. S'ajoutent les cambriolages dans les logements qui ont connu ces dernières années une envolée et contre lesquels le gouvernement a lancé un plan qui a fait baisser, selon lui, leur nombre.
En septembre 2014, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a installé place Beauvau le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) promis en 2012 par son prédécesseur Manuel Valls. Il s'agissait selon eux de mettre fin à la « politique du chiffre »  qu'ils imputaient au précédent gouvernement et aux « manipulations »  des données de la délinquance.
Le gouvernement socialiste, régulièrement attaqué sur son bilan par la droite à l'occasion de la publication officielle des chiffres, avait promis de « moderniser »  la publication des chiffres toujours basée sur l'état 4001, l'outil statistique très ancien classifiant les infractions en zones police et gendarmerie, sur plus d'une centaine d'agrégats, à partir des plaintes reçues.
Bernard Cazeneuve avait décidé, pour la première fois, d'intégrer les chiffres « dans le champ labellisé de la statistique publique ». Le SSMSI a pour mission de « garantir la sincérité »  et la « fiabilité de la production des données statistiques »  de son ministère comme ce qui est fait couramment pour celles de la dette publique de la France ou du chômage. La comparaison se fera mois après mois, et aussi année après année, a détaillé François Clanché, et seront analysées les tendances de ces phénomènes qui sont « saisonniers ».
Interrogé sur le fait que les viols par exemple n'ont pas été retenus dans cet outil et que de nombreux agrégats ont disparu, le statisticien a relevé que seules 5% des victimes portent réellement plainte pour les premiers. « On ne cache rien du tout », a-t-il assuré par avance en réponse à d'éventuelles critiques. (Afp)

Accéder au site Interstats.

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