Édition du mardi 21 avril 2020


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Préparation du déconfinement : comment organiser la reprise des écoles ?

 

Pour alimenter les travaux de Jean Castex, chargé par le gouvernement d’élaborer le plan de déconfinement, l’AMF publie aujourd’hui une « contribution » extrêmement intéressante, qui passe en revue les questions que pose le déconfinement sur les différents aspects de la vie communale. 
Les premiers chapitres de cette contribution concernent, en toute logique, les premières étapes du déconfinement : la question de la sécurité sanitaire et la reprise des classes et de l’accueil du jeune enfant. 

Protection sanitaire
Alors que le Premier ministre a affirmé, dimanche, que le déconfinement reposerait sur « le couple préfet-maire », de quels moyens ces derniers vont disposer pour assurer la sécurité de leurs concitoyens après le 11 mai ? C’est la question que pose l’AMF, avec en premier lieu la demande d’une ligne claire sur le port du masque, qui pourrait devenir obligatoire par exemple dans les transports collectifs. L’AMF demande que les maires soient « reconnus comme des acteurs habilités à bénéficier de stocks de masques chirurgicaux et FFP2 » et à en « organiser la distribution ». Elle demande également que les réquisitions organisées par l’État ne se fassent plus « sans concertation préalable ». Pour ce qui concerne les masques grand public, l’AMF demande qu’un volume suffisant soit mis à disposition des communes, aux frais et sous la responsabilité de l’État. 
Quant aux tests de dépistage, l’association souhaite notamment que leur prise en charge ne soit pas « laissée à la charge des communes » et qu’un « maillage territorial » des lieux de dépistage soir mis en place, en s’appuyant en particulier sur les structures communales (type centre municipaux de santé). 

Réouverture des écoles : dans l’attente d’une doctrine claire
L’AMF souligne que la réouverture le 11 mai des écoles et des crèches suscite « des réserves », voire « des refus », y compris chez les maires et les personnels communaux. Le principal enjeu de la réussite est donc, pour l’association, la définition d’un « cadre national précis » (nombre de classes ou d’espaces rouverts, nombre d’enfants par espace, équipement des personnels, etc.). L’AMF propose qu’un « protocole national de réouverture des écoles soit élaboré et disponible dans chaque école », et que soient prévues des « souplesses » au niveau local. L’AMF attend également des précisions sur le matériel à fournir (masques) et les consignes sanitaires. Les personnels atteints de maladie chronique ou fragile doivent pouvoir « rester » chez eux, estime l’association, qui juge également que le retour en classe ou en crèche des enfants doit être « progressif », sans quoi le respect des gestes barrières et de la distanciation sera impossible à tenir dans certains locaux trop contraints. Même en mettant à disposition des salles communales, il pourrait s’avérer « impossible » d’accueillir tous les enfants en même temps. L’association propose donc que l’instruction puisse se faire « sous plusieurs formes » (limitation du temps passé en classe, poursuite pour certains du dispositif « ma classe à la maison ».
L’AMF estime que la priorité absolue doit être donnée aux enfants « déconnectés de l’école depuis le début du confinement » ainsi qu’à ceux dont les parents ne peuvent télétravailler. Elle souhaite aussi que le retour en classe se fasse au volontariat, « sans contrainte ». 
L’étape précédant la réouverture des structures ne doit pas être négligée – et bien des questions se poseront à ce moment : indentification des besoins, conditions d’encadrement, désinfection et nettoyage des locaux avant la « rentrée » du 11 mai. 
Il faudra également, selon l’AMF, que le gouvernement précise ses intentions sur l’accueil péri et extrascolaire, sur les accueils de loisir, les études surveillées. Les normes d’encadrement pourraient ainsi être « assouplies » pour faire face à une carence d’encadrants, pour cause de maladie.
Même demande de clarifications pour la question des repas : comment s’organisera le redémarrage des cantines ? Sera-t-il possible, dans certains cas, de pallier avec des paniers repas ? 

Les financements de la Cnaf
La contribution de l’AMF contient également des demandes très précises sur les financements de la Cnaf. Tout d’abord, la gratuité de l’accueil prioritaire (enfants de soignants, etc.) va-t-elle perdurer après le 11 mai ?
Par ailleurs, « quels que soient les effectifs accueillis dans les accueils périscolaires et extrascolaires et les établissements d’accueil du jeune enfant », l’AMF demande que les communes et intercommunalités puissent toucher l’intégralité des aides habituelles de la Cnaf, pour couvrir le surcoût des dispositions particulières qui devront être prises. Elle souhaite également que la mise en œuvre des conventions territoriales globales (CTG), qui remplacent les contrats enfance-jeunesse, soit reportée.

Franck Lemarc

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