Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux
Édition du mercredi 15 juillet 2020
Déconfinement

Commerce : les ménages prêts à consommer mais des perspectives d'emploi pessimistes

Alors que les soldes d’été ont débuté aujourd’hui, avec plusieurs semaines de retard, une étude de l’Insee estime que la consommation française se redresse, mais confirme, sans surprise, l’inquiétude et les incertitudes des commerçants dans un contexte sanitaire et économique où les ventes ont fortement plongé durant le confinement, après avoir rebondi en 2019. 

Commerces de détail non alimentaires : une chute de 45 % des ventes en avril
On le savait déjà : le confinement de la population et la fermeture administrative des commerces dits « non-essentiels »  entre mi-mars et début mai, ont eu de « fortes conséquences »  sur le volume des ventes des entreprises commerciales. Et si une hausse « sans précédent »  du chiffre d’affaires des supermarchés a été constatée durant le printemps, certains secteurs non alimentaires ont vu, pour leur part, leurs activités s’arrêter totalement durant cette période. 
Le volume des ventes du commerce alimentaire a ainsi augmenté au mois de mars (+ 5,7 % en mars 2020 par rapport à mars 2019), avant de baisser au mois d’avril (– 4,2 %) avec des évolutions contrastées selon les secteurs. Alors que les supermarchés et les magasins bio ont été les grands gagnants, d’autres ont souffert à l’instar des commerces alimentaires spécialisés et les artisans (les poissonneries, boulangeries, charcuteries ou encore les cavistes).
Du côté du commerce non alimentaire, les fermetures administratives ont particulièrement impacté les secteurs concernés. Selon l’Institut, le volume des ventes a ainsi baissé de 45 % dans le commerce de détail non-alimentaire entre avril 2019 et avril 2020, constituant un manque à gagner important, la baisse allant même jusqu’à 75 % dans le commerce et réparation d'automobiles et de motocycles.

« Les perspectives d’emploi ne sont pas bien orientées » 
Les conséquences sur l’emploi ont été immédiates : au premier trimestre 2020, l’ensemble du commerce a perdu 22 000 salariés. « Cette baisse équivaut à la moitié des gains d’emplois réalisés en 2019, année de forte croissance de l’emploi (+ 1,2 % par rapport à 2018, un rythme qu’il n’avait pas atteint depuis 2007) », explique l’Insee qui note que le recours au dispositif d’activité partielle a été « massif », puisque « 68 % des salariés du commerce sont concernés par un dépôt de demande d'autorisation préalable d’activité partielle pour motif de coronavirus au 22 juin ». Un ratio qui atteint les 100 % dans le commerce et la réparation d’automobiles.
Cependant, observent les auteurs de l’étude, les effectifs n’ont « pas été réduits massivement »  puisque « seuls 16 % des salariés appartiennent à des entreprises dont l'effectif a diminué fin avril et 10 % appartiennent à des entreprises dont l’effectif a même progressé ». Des effets positifs à court terme sur l’emploi sont même à attendre pour les secteurs de la vente à distance et le commerce alimentaire, en particulier les supermarchés. Bien loin de la situation annoncée du côté du commerce de détail non alimentaire en magasin, du commerce et de la réparation d’automobiles ainsi que du commerce de gros.
Au final, « les perspectives d’emploi ne sont pas bien orientées », selon l’Insee qui note que dans le commerce de détail spécialisé, les perspectives d’emploi « restent éloignées de leur moyenne de long terme »  alors que dans le commerce de détail généraliste, les entrepreneurs étaient déjà « pessimistes depuis mi-janvier 2019 »  bien que la situation actuelle n’ait que « légèrement aggravé la situation ».

Les ménages enclins à consommer dans les 12 prochains mois
Le confinement n'a pas bouleversé les habitudes de consommation. « En volume, en 2020, la consommation des ménages en biens a baissé de 17 % au mois de mars et de 34 % au mois d'avril par rapport aux mêmes mois de l'année précédente, avant de se redresser en mai où elle n'était plus inférieure que de 8 % par rapport à un an auparavant », souligne l'Insee.
Interrogés en juin, les ménages se sont, toutefois, déclarés « relativement enclins à effectuer des achats importants dans les 12 prochains mois », notamment des achats différés lors du confinement. « Par ailleurs, leurs inquiétudes quant à leur situation financière personnelle se sont dissipées en juin après avoir été importantes en avril et mai. Cependant, ils craignent toujours pour le niveau de vie futur en France », indique l’Institut.

A.W.

Consulter l’étude.

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