Édition du mercredi 22 avril 2020


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École : une rentrée étalée sur trois semaines, et encore beaucoup de points à régler

 

Le retour à l'école se fera de façon progressive à partir du 11 mai, a confirmé le ministre de l'Éducation nationale, mardi 21 avril, quelques jours après l'annonce du Premier ministre sur le prochain déconfinement des élèves. Jean-Michel Blanquer s'en est expliqué devant les députés de la commission de la culture et de l'éducation de l'Assemblée nationale, réunis par visioconférence.
Enjeux sociaux, physique et sociétaux 
Ce retour à l'école s'impose particulièrement pour récupérer les « 4 % d'élèves » qui, depuis le début du confinement, ont été « perdus » par l'Éducation nationale. Ce chiffre était de 8 % les premières semaines, il a donc baissé mais il reste à un niveau en-deçà duquel il semble impossible d'aller. « Chaque mois d’école perdu est un énorme problème social et chacun doit y être sensible » a argumenté Jean-Michel Blanquer face aux critiques sur un retour précipité. « Il n'y a pas que le covid-19 qui tue », a même lâché le ministre, évoquant la sous-alimentation d'enfants et les violences familiales.

Scénario et hypothèses à confirmer
Sur les conditions et les modalités de ce retour, le ministre a livré deux impératifs d'ores et déjà posés comme bases de travail : les classes travailleront par petits groupes, a priori de 15 élèves (voire moins en maternelle). Le respect des consignes sanitaires conditionnera l'ouverture des écoles et des services annexes, comme les cantines. Ce qui signifie qu' « il y aura un protocole sanitaire, incontournable, qui, s’il ne pourra être respecté, entrainera la non-réouverture de l’école, du collège ou du lycée ».
Cette seconde rentrée de l'année s'étalerait sur trois semaines. « L'idée » est de commencer, dans la semaine du 11 mai (après la rentrée des professeurs), et de faire revenir d'abord les élèves de grande section, de CP et CM2. Dans la semaine 21 (18 mai), les élèves de 6e, 3e et lycée rentreraient. Suivraient l'ensemble des classes la semaine suivante (du 25 au 29 mai). 
Donc, « soit les élèves seront en demi-groupe en présence, soit à distance, soit à l’étude, soit en activités sportives à côté de l'établissement », a résumé le ministre, évoquant cette « proposition d'activités à voir commune par commune » mêlant sport, santé, civisme et culture. Cela s'ajoute aux travaux entre le ministre et les associations d'élus « au long des semaines qui viennent ». L'échéance fixée est la fin du mois – date à laquelle le Premier ministre annoncera le plan adopté.   
Promesses de souplesse
Le ministère a promis « de la souplesse » pour appréhender les « différences entre les territoires ». Par exemple, « nous laisserons des marges de souplesse localement pour décider la manière de faire ces demi-groupes ». Sachant qu'il y a « déjà des classes de moins de 15 élèves », comme celles de CP et CE1 de REP et REP +, ou des classes primaires en milieu rural, qui n'auraient donc pas d'obstacle matériel a priori à reprendre à partir du 11 mai. Cela dépendra donc du « protocole sanitaire » qui devra être respecté. « Nous allons travailler avec les collectivités sur les enjeux de savon, de gel hydroalcoolique, etc. », a indiqué le ministre. La « doctrine des masques » reste aussi à préciser. De même que devront être résolues les questions ayant trait aux transports, à la restauration scolaire, ou encore aux récréations, où il faudra garantir la distanciation sociale, les gestes barrières... Dans les cas où les conditions ne permettraient pas de sortir du confinement, l'enseignement à distance continuera. 
Le ministre se veut « optimiste et confiant » sur la réouverture des écoles, « c'est surtout par le dialogue que nous travaillerons pour permettre aux maires de se mettre en situation de conformité avec le protocole sanitaire que nous établissons ».

L'AMF a elle, déjà rendue sa contribution à Jean Castex, chargé par le gouvernement d’élaborer le plan de déconfinement (lire Maire info d’hier). Elle demande, en particulier, que le retour dans classes se fasse « au volontariat » et « sans contraintes » – tout en respectant naturellement l’obligation de l’instruction. 
Autant de sujets donc sur la table. Sachant qu'à cette période du 11 mai au 4 juillet succèdera celle des vacances scolaires. Là encore, des nouveautés sont à l'étude, notamment la relance des colonies de vacances ainsi que le dispositif « écoles ouvertes » avec des activités ludiques, sportives et culturelles, évoqué par le ministre hier mais sans concertation préalable avec l’AMF, ce que l'association « regrette » ce matin.

Emmanuelle Stroesser

Télécharger la contribution de l’AMF.

Suivez Maire info sur twitter : @Maireinfo2

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